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Si le libéralisme n’est pas assez attractif dans notre pays, c’est qu’il n’est pas connu. Pas enseigné, pas pratiqué, le libéralisme est caricaturé.
Ce livret rétablit la vérité : non le libéralisme n’est pas la loi du plus fort, non la propriété n’est pas le vol, non l’intérêt personnel n’est pas l’égoïsme, non l’inégalité n’est pas l’injustice, etc. Au contraire, le libéralisme a une dimension éthique : c’est une doctrine de la dignité de la personne humaine et de l’harmonie sociale.

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La propriété c’est le vol

« Il ne se dit pas en un siècle une formule aussi éblouissante. Je la tiens pour un trésor plus grand que toute la fortune des Rothschild ».

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SUR LES TRACES DE ROBESPIERRE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 03 Mars 2008 01:00
 Les abus de la grande distribution

En ce Thermidor de l’an II, dans la charrette qui le menait à l’échafaud, Maximilien de ROBESPIERRE entendait les huées de la foule et le cri « Foutu maximum ! ». C’est en effet la loi sur le maximum, c'est-à-dire sur le contrôle des prix, la répression des fraudeurs, agioteurs et spéculateurs, qui a causé la chute du tyran et la fin de la Terreur.

Je suis frappé par la terreur médiatique entretenue aujourd’hui autour de la hausse des prix, et je crains qu’on aille chercher la même solution que celle de ROBESPIERRE : contrôles, délations, accusations, haines et révoltes. La France n’a jamais rompu avec l’étatisme, elle dérive peut-être vers le dirigisme et la planification, en attendant pire encore.

Les prix de la salade, du jambon, du lait, de l’eau de Javel et des produits de beauté ont augmenté. Soit. Et après ? Est-ce une affaire d’Etat ?

Je me crois transporté quarante ans en arrière, lorsque la CGT et quelques autres critiquaient l’indice des prix à la consommation – au point de bâtir à leur tour des indices plus « crédibles ». Je me souviens de cette phrase, marquée du sceau de la stupidité : « Tant que les statistiques ne reflèteront pas les sentiments des Français, elles ne seront pas crédibles » ! En d’autres termes, la hausse de prix ne saurait être « mesurée », elle ne peut être que « ressentie ». Aujourd’hui il ne manque pas de mesureurs, de remesureurs, qui alignent les chiffres pour s’attirer le consensus des braves ménagères interviewés à la télévision et soulever la population française contre les « responsables » de cette hausse.  

Première victime désignée : le gouvernement, l’opposition en fait ses choux gras. Il faut dire qu’en proclamant à tous propos qu’ils allaient améliorer le pouvoir d’achat, le Président et les ministres se sont inutilement exposés à la critique. Ils auraient mieux fait d’aller aux sources du fléau : les charges sociales qui amputent les salaires, les rigidités du droit du travail qui jouent contre la qualification et la flexibilité. 

Mais le gouvernement a vite refilé la patate chaude, il s’est mis à hurler avec les loups et à désigner des victimes toutes trouvées : les distributeurs. Les voilà ces pelés, ces galeux d’où venaient tous les maux : ces infâmes exploiteurs du peuple, comparables aux affameurs de 1792, qui se remplissent les poches avec des marges immorales expliquées par de grossiers mensonges comme la hausse des céréales ou du pétrole. Bref, des capitalistes n’obéissant qu’à la loi du profit. On va donc les inspecter, les contrôler, les rançonner et peut-être un jour les guillotiner après une rapide et juste condamnation par les accusateurs public : associations de consommateurs, apôtres du commerce équitable, planteurs de salades et  marchands de salades, syndicalistes, élus, candidats, journalistes, etc…

Si on laissait de côté le côté partisan, passionnel, romantique et corporatiste de ces approches, on pourrait se rendre à quelques évidences. 

1° Le budget alimentation représente en moyenne 13% de la dépense d’un ménage français. Si les Français ont le sentiment de s’appauvrir, ils pourraient peut-être chercher ailleurs.

2° Un indice des prix est une moyenne pondérée, il est conçu à partir de relevés effectués dans plus de 100.000 points de vente, et portant sur des produits dont la liste est variable en fonction de la consommation observée au cours des années précédentes. Aucune association de consommateurs n’est capable de faire un tel travail.  

3° Si le prix de certains produits alimentaires augmente, d’autres diminuent. Le consommateur n’en est pas conscient parce que les achats alimentaires sont quasi quotidiens, tandis que d’autres dépenses sont moins fréquentes : on est sensible au plein d’essence, mais pas à l’achat d’un fer à repasser, d’un tee-shirt, d’un billet de train ou d’une voiture. 

4° Dans un marché libre, la hausse des prix excite la concurrence et réoriente les choix des clients : de nouveaux fournisseurs font leur entrée sur le marché, et les clients vont acheter ce qui est moins cher. Il est vrai que lorsque les deux conjoints travaillent il n’y a guère de temps pour « faire son marché » et bénéficier des bonnes affaires, mais il y a aussi deux salaires qui rentrent… Fréquenter le commerce de détail de proximité est souvent plus avantageux, mais paradoxalement on préfère aller dans les grandes  surfaces. 

5° Contrairement à ce qu’on peut penser, le marché sur lequel opèrent les grands distributeurs n’est pas libre. Les distributeurs se plaignent des pressions que les cartels de fournisseurs leur font subir, et demandent l’abrogation d’une législation qui d’une part leur interdit de négocier les prix d’achat (un même produit doit être vendu partout au même prix) et d’autre part leur défend de faire profiter leurs clients des « marges arrière » qu’ils obtiennent des fournisseurs (et qui ne bénéficieront pas au consommateur). A quand la suppression des lois Royer, Raffarin, Galland, etc ?  

6° Dans une économie de liberté, les prix sont les seuls guides de la production. Des prix en hausse décèlent des besoins insatisfaits, en baisse ils traduisent des excédents. Le niveau des prix et la concurrence influent sur les coûts de production, et orientent les efforts productifs organisés par les entreprises vers les produits souhaités par la clientèle. Contrôlez les prix, fixez des prix artificiellement bas ou haut, et tout le système d’information du marché se boruillera. Quand donc nos énarques et politiciens apprendront-ils le ba ba du marché et réfléchiront-ils  aux  dramatiques échecs du dirigisme et de la planification ?

 

7° Revenir au contrôle et à la manipulation des prix, c’est promettre à l’économie française encore plus de pénuries et de gaspillages, c’est livrer notre marché aux fournisseurs et commerçants étrangers, en même temps que c’est encourager la tricherie, la corruption, et l’argent sale vite gagné. La chasse aux spéculateurs permettra d’installer des guillotines.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


Editorial : La Reconquête

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