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Ce livret destiné à des militants libéraux avait deux objectifs : d’une part, rappeler le contenu du contrat que des candidats libéraux devraient passer avec les électeurs, d’autre part, imaginer deux scénarios de l’alternance : la gauche reconduite en 2002 et en 2007, mais devenue libérale, ou la droite au pouvoir en 2002 et pour longtemps. En fait, la droite a gagné en 2002, mais le scénario « Thatcher » n’a jamais fonctionné, et la gauche reprend le pouvoir en 2012 !

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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REFLEXIONS SUR LE KOSOVO PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 25 Février 2008 01:00
 Un contrat social P

Si l’on s’en tient à l’actualité, il est difficile de se prononcer sur l’indépendance du Kosovo. Si l’on interroge l’histoire, elle nous trouble. Si l’on se réfère à l’économie constitutionnelle, on peut tout comprendre, mais aussi tout remettre en cause.

L’actualité, c’est la lutte sans merci que se livrent Serbes et Kosovars. Les personnages qui animent la scène sont peu sympathiques. Du côté de Belgrade les plus enragés sont d’anciens hiérarques du communisme soviétique, soutenus par Poutine qui veut faire main basse sur la Serbie et semble y réussir pour l’instant. De l’autre d’anciens terroristes albanais, qui envisagent sérieusement de se fédérer avec leurs frères de Tirana. Des deux côtés un passif de crimes, de haines, sous l’œil impuissant de l’Europe et en dernier ressort l’intervention de l’OTAN.

L’actualité, c’est aussi le débat juridique autour des résolutions de l’ONU et la constitution de 1974 : pourquoi refuser aux Kosovars ce que l’on a accordé aux Croates, Bosniaques, Slovènes ? L’actualité c’est encore le bras de fer diplomatique entre d’une part Américains et Union Européenne (elle-même assez partagée) et d’autre part Russes et Chinois. L’actualité, c’est enfin  la lecture du conflit comme une guerre de religion entre « bons » chrétiens (au demeurant orthodoxes et plus proches de Moscou que de Rome) et « mauvais » musulmans (créant une tête de pont de l’islamisme radical en Europe).

Il m’est difficile de démêler l’écheveau, et comme d’autres je me tourne vers l’histoire pour trouver la clé de l’énigme. Il y a une première certitude : les habitants actuels de la région, descendants des Illyriens, étaient là des siècles avant la venue des Serbes. Une autre certitude : les Balkans ont toujours été une zone et une occasion de conflits. Le démantèlement de la Yougoslavie a été sanglant, la première guerre mondiale a été déclanchée par l’attentat de Sarajevo et la déclaration de guerre de l’Autriche à la Serbie ; au XIX° siècle « la question des Balkans » et l’explosion de l’empire ottoman ont été la poudrière de l’Europe et en remontant plus loin on n’observe que luttes, invasions et changements de pouvoir sur la région. Globalement je me range à l’opinion d’Alain DUCELLIER (1987) : « L'histoire nous apprend que les Serbes sont, à l'égard du Kosovo, des envahisseurs très tard venus ».

Le même historien remarque opportunément : « On ne répétera jamais assez que le nationalisme est une invention moderne, heureusement inconnue des peuples médiévaux qui n'étaient pas aussi sensibles que nous au caractère "étranger" de ceux qui pouvaient les dominer temporairement ». Une voie pour comprendre ce qui se passe au Kosovo aujourd’hui, ce qui s’est passé hier, consiste à s’interroger en effet sur le concept de nation, son origine et sa déviation. Cette interrogation est au cœur de ce que l’on appelle l’économie politique constitutionnelle, qui analyse la logique du contrat social.

Une opinion largement répandue veut que la nation soit l’antidote de l’Etat. La nation serait la charpente de la société civile, tandis que l’Etat unirait la société politique. Et, depuis la Révolution française au moins, l’Etat aurait annexé la nation : pas de nation sans un pouvoir politique l’organisant et la protégeant. La démocratie est appelée au secours de la thèse : la légitimité du pouvoir politique ne tiendrait-elle pas à la « souveraineté nationale » ? En réalité comme cela a été souligné par le célèbre lord ACTON, la nation a été le prétexte pour les rois et seigneurs d’étendre leur pouvoir et de soumettre de nouveaux peuples.

Ce qui existait avant l’Etat, ou avant la République « une et indivisible », c’était des fédérations, des groupes de familles et de communautés décidées à vivre suivant des règles communes, constituant ainsi un contrat social implicite. James BUCHANAN et les économistes du « Public Choice » ont démontré qu’il ne pouvait exister de contrat social « à la Rousseau », c'est-à-dire des gens créant de toutes pièces un ensemble institutionnel appelé « nation ». Le contrat social naît d’un ordre spontané (HAYEK) établi entre individus et groupes qui progressivement trouvent les règles, à commencer par la définition des droits individuels, qui leur permettent de vivre en harmonie.

Voici donc la clé de l’énigme : l’affaire actuelle du Kosovo révèle que nous nous sommes égarés en associant une nation et un Etat, mais plus encore en niant la vraie nature d’une société, qui n’est pas celle d’une nation mais d’une association, d’une fédération. Tant que nous n’aurons pas admis la supériorité des organisations fédérées sur les Etats centralisés, nous n’aurons que des Kosovo : en Espagne, en Belgique, en Angleterre, en France, etc. La Suisse nous donne l’exemple de ce qui devrait se faire : non pas un Etat régissant la « nation helvétique », mais un contrat constitutionnel entre cantons, eux-mêmes librement issus de communautés locales. Bâtir un ensemble politique indispensable (mais limité au minimum requis : la protection des droits individuels) à partir de libres « contrats sociaux » appelés constitutions est la seule logique de la liberté et de la concorde entre les peuples. Hélas, notre époque n’en prend pas le chemin, et les Européens se sont à nouveau fourvoyés en choisissant le contrat social de Jean Jacques Rousseau qui, avec le mythe de la souveraineté nationale, débouche sur l’Etat centralisé, puis totalitaire.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1361 du 25 avril 2018

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La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Pierre Bentata, Les désillusions de la liberté


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