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Les études d’ingénieur de Léon Walras l’ont conduit à rêver d’une science économique qui serait plus rigoureuse, parce qu’elle utiliserait un langage mathématique. Comme Jevons, Walras utilise le principe du « calcul à la marge » pour expliquer la logique des choix individuels.

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MAIRE PARTISAN OU MAIRE EDILE ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 18 Février 2008 01:00
 Centralisme démocratique

Allons-nous voter en fonction de l’appartenance politique et partisane des candidats, ou des qualités de gestion et de service d’une personne et de son équipe ?

Pour beaucoup d’électeurs, la question ne se posera pas, puisque leur maire a une double casquette : dignitaire local d’un parti majoritaire dans cette ville, il est aussi majoritairement apprécié en tant que premier magistrat, y compris par ceux qui ne sont pas « de son bord ». 

Sont également sans problème des électeurs de petites communes où la politique partisane n’a pas droit de cité et où seule compte la personnalité des candidats. Dans certains endroits le maire en sera à sa deuxième voire troisième réélection. 

Ailleurs, les choses sont plus incertaines, et les médias s’emploieront à donner à certains duels une signification politique et nationale à ce qui devrait rester une consultation civique et locale.

Faut-il l’admettre ? Faut-il se résigner à la politisation des municipales et des cantonales ?

Cette politisation n’est pas pour surprendre dans une nation où l’Etat tient les municipalités et les départements sous son emprise. Une emprise financière d’abord : dans son excellente analyse, Gérard BRAMOULLE démontre que l’organisation des finances locales est la marque et le résultat de la perte progressive des libertés locales. Les élus locaux n’ont réellement aucune autonomie dans la gestion de leur budget, c’est l’Etat qui détient les cordons de la bourse, c’est le législateur qui organise la fiscalité. L’intercommunalité systématisée par la loi CHEVENEMENT laisse encore moins de pouvoir entre les mains des maires et de leurs conseils. A l’emprise financière s’ajoute le jacobinisme partisan : un « comité d’investiture » existe dans chacune des grandes formations, et détermine qui défendra les couleurs du parti. Peu importent les préférences des citadins et provinciaux : c’est à Paris que les investitures se donnent. Ce qui s’est passé à Neuilly est instructif : le choix personnel du Président a valu à son porte-parole l’investiture de l’UMP, mais les réactions des militants du crû ont été tellement vives que l’UMP a retiré son investiture pour la donner à quelqu’un de plus proche des militants, et ce nouveau candidat est à son tour contesté par quelqu’un qui revendique son enracinement local et son passé de gestionnaire… aux cotés du Président.  

Pourtant le Président et l’UMP ont fait connaître leur choix en faveur de la politisation. Ca n’a pas été sans réticence, Jean Pierre RAFFARIN y a été hostile. Aujourd’hui, compte tenu des sondages, nombreux sont ceux qui se demandent si donner aux élections locales une dimension nationale n’est pas une erreur. Les leçons du passé sont ambiguës : en 2003 le raz-de-marée de la gauche a été une réaction contre les premières mesures (ou non-mesures) du quinquennat CHIRAC. Est-on sûr qu’il n’en sera pas de même en 2008 ?

De son côté, la gauche n’a pas renoué pour l’instant les alliances avec les communistes et les Verts qui lui avaient valu ses succès locaux récents, parce qu’à l’intérieur du PS on hésite toujours entre les tendances centristes et extrémistes, entre réformateurs et révolutionnaires. La dynamique des gauchistes extrêmes est une autre gêne pour l’organisation de « bonnes listes de coalition ». Cependant, une victoire de « la gauche » aux prochaines élections laisserait penser que l’opposition a quelque alternative à proposer, alors qu’elle n’est qu’un habit d’Arlequin sans vrai programme autre que la prise du plus grand nombre possible de mairies et conseils généraux.  

Il y a donc pour l’instant un trouble profond dans les rangs des candidats politiciens, et sans doute une grande perplexité (allant jusqu’au désintérêt) dans l’esprit des électeurs. Ce serait peut-être le moment d’en revenir à des choses simples. 

1° Il faut rejeter la politisation, parce que la dose de politique politicienne a dépassé le seuil tolérable par les Français qui en ont assez de voir toutes questions soumises au jeu du pouvoir.

2° Les diktats et oukases des états-majors des partis, aussi bien que les discours gouvernementaux, devraient être oubliés, négligés, parce que la nation française a le droit d’exister en dehors des prescriptions jacobines, parce que les communes devraient secouer le joug de l’Etat. 

3° Plutôt qu’à l’arbitraire des investitures, c’est à la lumière des résultats obtenus que les candidats sortants doivent être jugés, pour les reconduire ou les destituer. Parmi les résultats, on ne manquera pas de privilégier l’évolution des impôts locaux, l’importance et les dépenses des fonctionnaires municipaux, la qualité des services municipaux – y compris les services de police, la liberté offerte aux entrepreneurs et commerçants, la tenue des écoles primaires. Symétriquement on pénalisera les candidats sortants non méritants et on appréciera les projets des autres.  

Non au pouvoir, non au pouvoir centralisé, non au pouvoir arbitraire. Nous avons besoin de bons édiles, bons gestionnaires et bons magistrats, et non pas de politiciens carriéristes et inféodés à un parti, fût-il celui du Président – et à plus forte raison celui de l’opposition, s’il existe.  

 

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