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Les tout derniers développements de la science économique se trouvent entières dans l’œuvre de Bastiat : il a été précurseur de l’école du « public choice » (Buchanan), de l’analyse des institutions (Hayek), de la théorie des droits de propriété (Alchian, Demsetz).

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Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 11 Février 2008 01:00
 La rupture tranquille

Le rapport ATTALI ne concerne pas les taxis : A-taxi ! Vous me pardonnerez ce mauvais jeu de mots, il n’y a pourtant pas de quoi s’amuser de ce qui s’est passé mercredi dernier avec les taxis, qui s’analyse comme un triple refus : refus de la réforme, refus de la rupture, refus de la démocratie.

Refus de la réforme : le rapport ATTALI entend mettre fin au corporatisme qui permet à certaines professions de s’affranchir de la concurrence et des lois du marché. En cela il est l’écho fidèle du rapport Rueff Armand qui en 1958 dénombrait plus de 1.000 métiers ou emplois bénéficiant d’un « statut ». Depuis lors d’autres sont venus s’ajouter au décompte. 

Dans une société de libertés, il est impensable de soumettre l’entrée dans une  profession ou l’accès à un emploi à une autorisation administrative, et de réglementer l’exercice de cette activité. La concurrence est un impératif absolu, car seule elle met l’esprit d’entreprise au service de la communauté entière, et seule elle stimule l’innovation réductrice de coûts, offrant le plus de satisfaction possible au plus grand nombre de personnes. Le seul monopole acceptable est celui de la contrainte, et il est confié à l’Etat pour protéger les droits individuels à la vie, à la liberté et à la propriété – mais ce monopole livre aussi les citoyens à la redoutable « violence de l’Etat ».

La situation de la corporation des taxis est particulièrement attentatoire à la concurrence. D’une part il y a limitation du nombre de licences accordées par les autorités administratives (à Paris, le préfet de police), et cette limitation est délirante : le nombre de taxis parisiens avait été fixé par une loi de 1937 à 14.000, et 70 ans plus tard, en dépit de l’explosion de la demande, on en est seulement à quelque 16.000. Il est vrai que l’administration réglemente les tarifs et les conditions de transport, et les taxis se plaignent beaucoup de la précarité de leurs profits, notamment à cause du prix des carburants. Mais le gouvernement détaxe partiellement les carburants. Pourquoi donc ne pas offrir cette détaxe à tous les automobilistes ? En tous cas la réglementation actuelle convient bien à la profession, puisque le slogan des manifestants était « non à la déréglementation » ! 

Pour légitimer le statu quo, les artisans taxis font valoir qu’ils ont dû payer une licence pour entrer dans le métier, et qu’ils risquent de perdre d’un seul coup la valeur de leur investissement. Mais d’une part les bénéfices réalisés pendant la durée du privilège représentent un substantiel retour sur investissement, et d’autre part on peut observer que dans les villes du monde entier où la concurrence est en place, l’activité est profitable. Les taxis y sont non seulement plus disponibles pour les habitants, mais aussi moins chers, parce que le nombre de courses est plus élevé, et que les entrepreneurs ont des systèmes d’appel et de gestion du parc bien plus performants. Les taxis feraient mieux d’aller chercher dans la voie de l’innovation, et de manifester contre les impôts et charges sociales qui limitent leurs marges et bloquent la création d’emplois. 

Pour l’instant, les taxis ne roulent pas pour la réforme, ils seront sans doute imités par de nombreuses autres professions aujourd’hui fermées. Les pharmaciens avaient été plus vigilants encore, et avant même les taxis ils avaient réussi à échapper aux foudres du rapport ATTALI. 

Refus de la rupture : je ne vois réellement pas en quoi ce président et son gouvernement ont amorcé quelque rupture avec ce qui se faisait du temps de Jacques CHIRAC, en compagnie de VILLEPIN, de RAFFARIN, ou de JOSPIN. La sympathie nourrie pour les écologistes alter mondialistes et anti-capitalistes s’est confirmée avec les accords de Grenelle et le refus de revenir sur le principe de précaution. La manie de faire passer toute modification du droit de travail par une impossible concertation avec les « partenaires sociaux » a abouti à maintenir les 35 heures, et à transformer les régimes spéciaux en nouvelles aubaines pour les catégories concernées. L’oreille complaisante pour les étudiants et syndicats gauchistes a permis de saboter une nouvelle fois l’Université. Le nombre de fonctionnaires n’a pas été diminué. Le déficit budgétaire est plus élevé que dans le passé et la dette publique s’est encore gonflée. L’assurance-maladie a été le prétexte au renforcement de la police médicale. On s’est donc comporté vis-à-vis des taxis comme dans bien d’autres domaines, et comme toujours : démagogie, effets d’annonce, hantise des sondages, peur des manifestations. Ceux qui attendaient une évolution tranquille en sont pour leurs frais. On se contente de danser la Carmagnole. Bruits, rires et chants, klaxons et slogans : spectacle permanent. 

Refus de la démocratie : c’est à mon sens le refus le plus grave, car il signifie que la rue a toujours raison, que la violence des factions et des bandes  ridiculise les droits des Français. Il atteste aussi de ce que les gouvernants n’ont cure des désirs et des doléances de ceux qui les ont élus. La mascarade de la ratification à Versailles du « petit traité européen » devrait révolter tout citoyen, quelle que soit son opinion. Comment revenir sur une décision prise par le peuple à sa majorité dans un referendum qui date de moins de deux ans ? Que représente donc ce pouvoir qui se moque visiblement du suffrage universel, si ce n’est pour piper des voix à la veille des élections, mais qui s’incline devant la violence des corporations et des syndicats ?

Ironie sémantique : traitant de l’ordre social dans « Droit Législation et Liberté » HAYEK opposait deux manières de concevoir les règles sociales qui permettent à une communauté de vivre en harmonie : kosmos, l’émergence spontanée de règles nées de la pratique et de l’expérience sociales, et venant ainsi « du bas »,  par opposition à « taxis » la création par le pouvoir de règles ainsi imposées « d’en haut » et totalement arbitraires. En France on semble préférer « taxis ».

 

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Au sommaire du n°1333 du 12 septembre 2017


Editorial : Pourquoi les Français n’aiment pas les réformes

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