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Le fondateur de l’école autrichienne

Carl Menger est souvent associé à Stanley Jevons et Léon Walras comme l’un des piliers de la « révolution marginaliste » qui a fait rupture avec le classicisme anglais de Ricardo et Mill. Il est vrai qu’il cherche, comme ses contemporains, à rendre compte de la rationalité des choix individuels.

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TURGOT ÉTAIT AU RENDEZ-VOUS PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 28 Janvier 2008 01:00
 Jacques Attali

Jacques ATTALI a ouvert le discours de présentation de son rapport par la lecture d’une lettre de Turgot au roi Louis XVI, datée de 1774, insistant sur l’urgence et la profondeur des réformes à engager pour sauver le pays d’une crise financière et économique.

Turgot, c’est évidemment un grand penseur libéral, dont certains disent qu’il a inspiré à Adam Smith les principes de la Richesse des Nations (1776).

Par un raccourci audacieux certains n’ont pas hésité à voir dans le rapport ATTALI une pièce maîtresse de l’ultra-libéralisme contemporain. Il est vrai que la tonalité générale rappelle celle du rapport RUEFF ARMAND : la France s’empêtre dans ses réglementations, ses privilèges, il faut plus de concurrence, plus de mobilité, et moins de dépenses publiques. Dans sa réponse au discours du rapporteur Nicolas SARKOZY a repris le couplet du décalage de notre pays par rapport à nos concurrents et la nécessité de nous mettre à l’heure de la mondialisation.

Jusque là je n’ai pas lieu de me plaindre, et je trouve rassurant que les plus beaux esprits de gauche, naguère partisans des nationalisations et du protectionnisme, se soient enfin rendus à la réalité : « Même ATTALI l’a dit », a commenté Alain MADELIN.

Pour autant, y a-t-il de quoi conclure à une révolution copernicienne, et les « décisions » de la Commission sont-elles de la même veine que les recommandations authentiquement libérales, telles qu’on les trouve dans le « guide du candidat » ?

Ce qui peut passer pour révolutionnaire, c’est que Jacques ATTALI semble tourner le dos à l’analyse keynésienne qui a prévalu jusqu’à présent dans le monde politique français – y compris pendant la dernière campagne électorale. La croissance n’est plus « tirée » par la dépense, qu’elle soit dépense de consommation et d’investissement privé, ou dépense publique – parée habituellement de toutes les vertus. La « politique du pouvoir d’achat » destinée à stimuler la reprise et résorber le chômage n’a pas eu les faveurs de la Commission. On a enfin compris que la croissance était une question de capacité et d’adaptation des entreprises. La capacité productive appelle un supplément de travail et d’investissement (alors que le droit social pousse à l’inactivité et que le droit fiscal détruit l’initiative et l’épargne). L’adaptation exige que saute le « corset » réglementaire (dixit le Président), et que tout le monde accepte de se soumettre à la loi du marché concurrentiel. Pour faire court, disons que l’on a abandonné les illusions de « l’économie de la demande » pour accepter la réalité de « l’économie de l’offre ». En cela, le rapport ATTALI s’inscrit bien dans la veine du rapport RUEFF ARMAND.

Les traces de ce choix décisif se trouvent dans quelques-unes des mesures préconisées : la libération des prix dans la grande distribution (abrogation des lois Royer, Raffarin et Galland), la liberté d’exercice des professions libérales et artisanales (avec une exception notable, celle des pharmaciens, un « lobby efficace » a souligné Jacques ATTALI avec humour), le contrat d’évolution (un premier pas vers la liberté du contrat de travail et vers la réinsertion des chômeurs), la préférence donnée aux immigrés formés (alors qu’aujourd’hui la moitié d’entre eux n’ont aucune formation mais un bon accès à nos avantages sociaux), la possibilité de prolonger son activité au-delà de l’âge de la retraite, la suppression de la carte scolaire et (peut-être) les chèques éducation, etc.

En revanche, le rapport est bien pâle, et souvent critiquable, sur d’autres points. Je relèverai notamment :

- la dette publique et la dette sociale ne semblent pas inquiéter Jacques ATTALI. Par quels miracles les ramener à « 50 % du PIB » en 2012 ? Certes, il est question de diminuer les dépenses publiques de 1% par an, mais l’objectif est insuffisant, et très en dessous de ce qu’ont fait nos voisins (Espagnols ou Italiens par exemple).

- l’avenir de la Sécurité Sociale n’est pas non plus très clair. Certes, il est proposé de fiscaliser les cotisations : charges patronales et salariales (dont on reconnaît implicitement qu’elles sont toutes deux un impôt sur les salariés) seraient remplacés par un point et demi de TVA, donc revoilà la TVA sociale, et par une augmentation de la CSG et de la CRDS. Le principe de la répartition ne semble pas remis en cause, ni celui de la progressivité. Tout au contraire les prestations familiales seraient fonction du revenu : les riches peuvent se payer des enfants !

- de façon plus générale, pas question de remettre en cause les principes de la fiscalité française, qui découragent l’initiative et l’esprit d’entreprise, pénalisent la réussite et la bonne gestion patrimoniale, et présentent injustices et complexités (même si on annonce une disparition des « niches »).

Je laisse de côté bien d’autres chapitres, réservant à la prochaine Lettre une analyse plus systématique, mais je voudrais conclure sur le point fondamental : quel va être le destin de ce rapport ? Nicolas SARKOZY a déjà écarté deux mesures majeures : la suppression du principe de précaution (qui est pourtant un monument d’imbécillité et nous vaudra mille textes nouveaux), et la disparition progressive des départements (le lobby des élus et fonctionnaires locaux est aussi puissant que celui des pharmaciens). Il se dit décidé à pousser les 313 autres mesures, mais il lui faudra l’aval des parlementaires et des corporations concernées – ce qui est loin  d’être acquis.

Lorsque Turgot a fait prendre par le roi une série d’édits en 1774, de nature à briser les privilèges et les protections et à créer un grand marché national lui-même ouvert sur les échanges extérieurs, il s’est heurté à une telle opposition qu’après « l’édit sur les grains » (1776) le roi a dû le renvoyer. Le clan Necker accédant au pouvoir a continué dans la voie de la facilité, la dette publique s’est enflée, les impôts se sont alourdis : la crise et la Révolution guettaient. Deux siècles plus tard, le clan Necker est toujours au pouvoir. Nous avons même Madame Royale !

 

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Fort heureusement, la mise en examen de Pénélope Fillon, à la suite d’une instruction « à charge » et d’une « célérité inhabituelle » (Me Cornut-Gentil) a eu peu d’écho puisque les médias ont été occupés à commenter : le choix de Valls, la lettre de divorce des Anglais avec l’UE, la défaite de la France face à l’Espagne.

 

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(Bourdin, 8 :30) : ce n’est pas un ralliement (dont visiblement Macron déclare n’avoir rien à faire, il reste le « maître de l’horloge »), mais un devoir national pour barrer la route à Marine Le Pen.

 

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L’île de la Guyane

Macron a évoqué « l’île de Guyane » : ignorance ou lapsus ? A trop parler on finit par dire n’importe quoi. Voilà de quoi inspirer confiance !

 

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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1312 du 14 mars 2017


Editorial : L’illusionniste

Conjoncture : Le CAC à 5000 : reprise ou bulle ?

Actualité  :Angela Merkel ne sa laisse pas impressionner - Ecosse, Irlande : les dégâts collatéraux du Brexit - Quelles leçons des élections aux Pays-Bas ?

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