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La propriété c’est le vol

« Il ne se dit pas en un siècle une formule aussi éblouissante. Je la tiens pour un trésor plus grand que toute la fortune des Rothschild ».

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LES CIGALES SONT DE RETOUR PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 14 Janvier 2008 01:00
 Cigale ou fourmi ?

Même en Provence les cigales n’attendront pas l’été. Elles chantent dès maintenant, et elles n’ont d’ailleurs jamais cessé de chanter depuis plusieurs années. Les fourmis sont condamnées à se taire ou à disparaître.

On a souvent dit de l’inflation que c’est la victoire de la cigale sur la fourmi, de l’insouciance sur la gestion, de la dépense sur l’épargne, de l’immédiat, du futile et du spectaculaire sur le durable, le solide et le sérieux. Nous y voilà.

Les prévisionnistes se décident enfin à dire la vérité mais ils ne disent pas toute la vérité. La vérité c’est que l’inflation menace et la France, et l’Europe, et les pays riches, et les pays émergents. La vérité complète c’est que le retour actuel et visible de l’inflation, ce qui se voit, n’est que la face visible d’un mal qui traîne dans l’air depuis le début du XXIème siècle, ce qui ne se voit pas c’est le relâchement monétaire, c’est le tournant politique, c’est la démission morale.

Des dérives qui s’articulent et se renforcent, des poupées russes du déclin.

Le relâchement monétaire est la dimension technique du retour de l’inflation. Nous n’avons cessé, dans cette lettre, de nous étonner de la politique menée par les grandes banques centrales, Federal Reserve en tête, depuis quelques années. On avait rarement observé dans l’histoire monétaire des taux d’intérêt réels aussi faibles, le produit monétaire aussi bon marché sur une période aussi longue. Les banques centrales ont directement ou indirectement soutenu les crédits à l’économie sans grand souci de rentabilité, donc sans sélection des emprunteurs. Le pic a été atteint avec les subprimes, mais depuis longtemps le dollar a perdu de sa valeur à cause des risques que le Trésor Américain et ses déficits font courir à leur monnaie, et depuis longtemps les banques centrales sont sensibles aux pressions des boursiers qui veulent payer moins cher les liquidités dont ils ont besoin pour mener des spéculations audacieuses. Toutes les banques ont maintenu artificiellement le taux d’intérêt à un niveau inférieur à ce qu’il aurait dû être compte tenu de la croissance réelle des économies. On a laissé filé la masse monétaire, et on a fabriqué de la monnaie à tout va. Nous citions il y a quelques semaines le chiffre de 12%, marquant l’augmentation de la masse monétaire émise par la Banque Centrale Européenne. « Plan d’irrigation en période de déluge », disait Jacques RUEFF. Précisément nous voilà revenus à l’époque où Jacques RUEFF, Milton FRIEDMAN et Friedrich HAYEK luttaient contre le laxisme monétaire, auquel ils imputaient à juste titre la stagnation et le chômage croissant vertigineusement, avec l’inflation, avec la masse monétaire. Au début des années 1980 les gouvernants de tous les pays atteints par l’inflation se sont rendus à la raison. On a contrôlé enfin la masse monétaire, et l’inflation a miraculeusement disparu, et la croissance est repartie – juste l’inverse de ce que voulaient les keynésiens. Pour quelles raisons maintenant s’est-on à nouveau plongé dans la facilité monétaire ?


C’est qu’un tournant politique a été pris. Reportons-nous seulement quelques années en arrière, par exemple au moment du traité de Maastricht et des règles de Lisbonne. L’Europe en construction se donnait pour objectifs de politique économique d’assurer la stabilité monétaire bien sûr, mais aussi l’équilibre budgétaire et le remboursement ou la modération de la dette publique. Peu à peu, les pays de l’Euroland se sont affranchis de ces disciplines. Les dépenses publiques et les déficits budgétaires se sont multipliés, la dette publique a gonflé, et finalement le laxisme monétaire est revenu,

la BCE se révélant chaque jour un peu plus attaquée, suspectée de vouloir un « euro fort ». Les gouvernements français ont été à l’avant-garde de ce retournement politique, et mis en garde par leurs partenaires de l’Union, ils sont allés de promesses en moratoires, et de déficits en dettes. Alors qu’il y a quelques années on semblait s’orienter vers un recul du secteur public et une libéralisation de l’activité économique, voici revenu le temps de la démagogie, des contraintes et de l’écrasement fiscal. Cette évolution a épargné certains pays européens, comme l’Angleterre, les Pays Bas ou l’Espagne, mais l’Etat Providence est en train de prendre une revanche éclatante sur ses détracteurs. Le Léviathan renaît de ses cendres.


Ces revirements politiques sont à leur tour le symptôme d’une démission morale. Les efforts imposés par la privatisation, la mondialisation, la concurrence ont paru trop lourds à certains, trop dangereux à ceux qui s’étaient installés dans les privilèges, les protections et les transferts sociaux. L’esprit de « précaution » l’a emporté sur l’esprit d’entreprise et d’innovation. La sécurité illusoire l’a emporté sur la liberté salvatrice. Pour fuir les sacrifices actuels et préparer un avenir meilleur, on s’est réfugié dans les peurs collectives. Le développement durable est un slogan surprenant pour des gens à l’horizon borné. Conscients des menaces sur la planète dans deux cent mille ans, nos prophètes ont incité le peuple à se désintéresser de ce qui va se passer dans moins de cinq ans. « Carpe diem » : un mélange de jouissance, d’étourdissement, et de mépris pour le futur. Le nihilisme règne en maître : plus de repère, plus de valeurs, tout est possible, tout est permis, et finalement plus d’espoir.


Il est incontestable que l’inflation, fruit d’une maladie sociale, contractée au voisinage du pouvoir politique, est destructrice des fondements éthiques d’une société. Car l’inflation entraîne le mensonge, l’irresponsabilité, la perte de confiance, la tension sociale. « Pour détruire une société, disait Lénine, il suffit de détruire sa monnaie ». C’était un expert en destruction. Au-delà de
la France, l’Europe, l’Occident et les nations civilisées sont-ils en destruction ?

Je ne voudrais pas à mon tour sombrer dans le nihilisme, je préfère m’en tenir à ce que j’ai toujours professé : la force de l’espérance et de la vérité. L’inflation n’est pas une fatalité, mais une dérive. Les valeurs perdues peuvent se retrouver. La mondialisation nous offre une occasion de renouveau, on peut la saisir. L’important, c’est précisément de ne pas se laisser impressionner par le chant des cigales, au demeurant peu mélodieux, et d’admirer, de rappeler et de pratiquer les vertus de la fourmi, qui sont celles de l’économie : respect pour le travail, pour le futur, pour la vérité. Il faut se mobiliser contre l’inflation, ce qu’elle exprime, ce qu’elle annonce.

 

Flashes du jour

Mise en examen de Pénélope Fillon

Fort heureusement, la mise en examen de Pénélope Fillon, à la suite d’une instruction « à charge » et d’une « célérité inhabituelle » (Me Cornut-Gentil) a eu peu d’écho puisque les médias ont été occupés à commenter : le choix de Valls, la lettre de divorce des Anglais avec l’UE, la défaite de la France face à l’Espagne.

 

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Manuel Valls votera Macron

(Bourdin, 8 :30) : ce n’est pas un ralliement (dont visiblement Macron déclare n’avoir rien à faire, il reste le « maître de l’horloge »), mais un devoir national pour barrer la route à Marine Le Pen.

 

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L’île de la Guyane

Macron a évoqué « l’île de Guyane » : ignorance ou lapsus ? A trop parler on finit par dire n’importe quoi. Voilà de quoi inspirer confiance !

 

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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1312 du 14 mars 2017


Editorial : L’illusionniste

Conjoncture : Le CAC à 5000 : reprise ou bulle ?

Actualité  :Angela Merkel ne sa laisse pas impressionner - Ecosse, Irlande : les dégâts collatéraux du Brexit - Quelles leçons des élections aux Pays-Bas ?

Spécial présidentielles  : La campagne serait-elle enfin commencée

Actualité libérale  : Davantage présents dans la campagne

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