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D’Aristote à René Girard, ils ont abordé les thèmes de l’éternel humain : la nature de l’homme, son destin, sa conscience, la liberté, le pouvoir, la religion, la vie, la vérité, etc. Dans une société où le paraître l’emporte largement sur l’être, se rapprocher des philosophes nous aide à retrouver ce qui importe à long terme, ce qui est le fond de notre humanité et ce qui donne valeur à notre liberté.

64 pages, 30 portraits, 5€

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L’intérêt général, fruit des intérêts personnels

Turgot partage sans doute avec Adam Smith la paternité de la science économique ; contemporains, les deux hommes n’ont cessé de correspondre et de s’influencer mutuellement. Puisque l’économie se ramène au jeu de l’échange, les divers acteurs de la production y recherchent leur intérêt personnel. Les conflits d’intérêts sont naturels, mais ils se règlent harmonieusement par le contrat. Par contraste vouloir établir d’en haut un intérêt général et recourir à la puissance publique pour l’imposer ne fait que contrarier les intérêts des uns pour mieux servir les intérêts des autres. C’est en cela que les procédures marchandes sont supérieures aux administrations politiques.

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ENTREZ DANS L’ESPÉRANCE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 17 Décembre 2007 01:00
 Ils croient au Père Noël

Certes il y a de quoi s’étonner, se révolter ou se désespérer.

Cette Lettre vous apporte chaque semaine d’excellentes raisons de vous demander, entre autres : quand va-t-on enfin accepter la réalité et la vérité, quand nos hommes politiques renonceront-ils à leur harcèlement fiscal, réglementaire, quand les assassins, les terroristes et les voyous cesseront-ils de faire la loi, quand les droits fondamentaux à la vie, à la liberté et à la propriété seront-ils enfin respectés et protégés ?

A lire les écrits libéraux, vous pouvez avoir l’impression que le bureau des pleurs est tenu par des nostalgiques d’un passé révolu ou des utopistes d’un futur impossible. Oui : de quoi désespérer !

Je voudrais dissiper cette impression, et en ce temps de Noël, fête de l’espoir, je voudrais vous persuader que la liberté est une dynamique, qu’elle est une foi, qu’elle est une espérance.

La liberté est une dynamique. On dit à juste titre d’un libéral qu’il est un pessimiste à court terme et un optimiste à long terme. Un pays, une société, n’entre pas en liberté de façon abrupte, l’histoire n’est pas rupture, mais évolution. De même la liberté n’est-elle jamais acquise une fois pour toutes. J’ai cru, avec Francis FUKUYAMA, que la chute du mur de Berlin marquait « la fin de l’histoire » et que l’humanité allait enfin entrer dans une ère de paix et de développement. Aujourd’hui la Russie nous offre le spectacle désolant et inquiétant d’un régime dictatorial et impérialiste. Autre histoire vécue : au fil des temps, les libéraux français on été soumis à la douche écossaise ; pleins d’espoir en 1974, en 1986, en 1993, en 2002 et aujourd’hui même, ils se sont résignés à attendre les réformes qui ne viennent pas, à accepter les atteintes croissantes aux droits individuels, à payer toujours plus d’impôts et de cotisations pour retarder l’explosion de l’Etat et de la Sécurité  Sociale. Voilà bien de quoi nourrir le pessimisme au quotidien. Mais, en même temps, nous voyons la mondialisation effacer les frontières, entamer la souveraineté des États, contester et réduire l’Etat Providence. Nous voyons des pays naguère planifiés accepter le marché, des bastions du socialisme s’ouvrir au libre échange et à la libre entreprise. Devons-nous douter que, tôt ou tard, la France en vienne à son tour au rejet du collectivisme et à l’état de droit ? Le libéralisme n’est pas une nostalgie (où serait d’ailleurs notre passé libéral ?), il est une promesse : faisons de la prospective libérale. Comme le disaient les Polonais qui luttaient contre le communisme : « La vérité vaincra ». 

La liberté est précisément cette foi qui a mobilisé les peuples, les individus, depuis des siècles. C’est la foi dans la nature de la personne humaine, qui a été créée libre pour accéder à sa pleine dignité, par des actes volontaires qui signent sa personnalité, son individualité. Voilà pourquoi la liberté, vérité de l’homme, vaincra. Car l’homme ne peut être contraint dans sa nature, et les régimes les plus inhumains ont finalement cédé devant cette réalité incontournable. La philosophie libérale repose sur une anthropologie : elle considère l’homme comme un être imparfait mais perfectible, toujours tendu vers le progrès. Imparfait, l’homme commet des erreurs, et peut même s’abaisser au niveau d’un simple animal, tout juste supérieur au loup, quand il voit dans la société une lutte pour la vie, où le plus fort et le plus violent imposent leur loi. Imparfaite est aussi la société qui consacre le règne d’un homme ou d’une minorité qui bâtit sa réussite en condamnant les autres à la servitude. Faut-il pour autant se désespérer de l’homme et de l’humanité ? Certainement pas, car l’être humain porte aussi en lui les germes de son propre progrès et cet animal est social : il conçoit très vite les règles qui lui permettent de vivre en harmonie avec les autres, et il va préférer le contrat à la contrainte, l’échange au pillage, la confiance à la puissance. Ainsi les sociétés de confiance vont-elles prospérer dans tous les domaines, tandis que les sociétés de puissance se rapprocheront de la barbarie. 

On se demande bien pourquoi, dans ces conditions, nous n’en sommes pas encore venus universellement et intemporellement à la liberté, et à nouveau le doute nous envahit.

Mais c’est peut-être que la liberté n’est ni un système, ni une fatalité. Elle n’est pas une fin en soi mais une tension vers l’espérance. Les hommes en quête de progrès peuvent chercher leur chemin là où il n’est pas : c’est aussi leur liberté que de s’égarer. Trop souvent, ils imaginent que leur raison est suffisante pour les guider. Ils dessinent les contours d’un monde idéal né de leurs calculs, de leurs plans et de leurs mises en ordre. Présomption fatale, disait HAYEK : tous les malheurs de l’humanité en ont découlé ; les bâtisseurs de cités radieuses, de phalanstères et de paradis terrestres ont précipité les peuples dans le totalitarisme, la terreur et la barbarie. C’est que la raison humaine a ses limites, que la vie et les hommes ont leurs mystères. La route de notre destinée n’est donc pas connue d’avance, elle se découvre progressivement, par une succession d’essais et d’erreurs. Ici la raison a sa place, pour éclairer notre jugement. Mais il nous faut autre chose que la raison et la liberté pour nous guider. Il nous faut aussi garder en vue la dignité de la personne humaine. C’est ce que j’appelle, après tant d’autres, l’espérance. Elle donne un sens à notre liberté. Liberté des actes, dignité des personnes. La civilisation de la raison veut nous imposer une société qui condamne l’homme à la perfection totale et définitive. La civilisation de l’espérance est celle où les hommes poursuivent chaque jour leur longue marche vers plus de compréhension, plus de confiance, plus de dévouement.

Dans sa récente encyclique, Spe Salvi (sauvés par l’espoir) Benoît XVI nous invite à ne pas chercher notre destinée dans le seul mieux-être matériel, ni dans les paradis artificiels – c’est pourtant la tentation d’un si grand nombre. Il nous invite à mettre notre espérance dans l’amour de notre prochain, que les Chrétiens ne séparent pas de l’amour de Dieu. Comme naguère Jean Paul II, il nous dit : Entrez dans l’Espérance. Le monde nous désespère souvent, mais n’oublions pas Noël, promesse de renouveau et de paix. C’est l’espérance de la liberté. Joyeux Noël.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


Editorial : La Reconquête

Conjoncture : Taillables et Corvéables à merci

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