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Si le libéralisme n’est pas assez attractif dans notre pays, c’est qu’il n’est pas connu. Pas enseigné, pas pratiqué, le libéralisme est caricaturé.
Ce livret rétablit la vérité : non le libéralisme n’est pas la loi du plus fort, non la propriété n’est pas le vol, non l’intérêt personnel n’est pas l’égoïsme, non l’inégalité n’est pas l’injustice, etc. Au contraire, le libéralisme a une dimension éthique : c’est une doctrine de la dignité de la personne humaine et de l’harmonie sociale.

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La propriété c’est le vol

« Il ne se dit pas en un siècle une formule aussi éblouissante. Je la tiens pour un trésor plus grand que toute la fortune des Rothschild ».

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DECOLONISATION INJUSTE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 10 Décembre 2007 01:00
 Colonisation

Si Nicolas SARZOZY a cru rentable de séduire ses hôtes algériens en dénonçant les injustices de la colonisation, je crois nécessaire de proposer une autre lecture de l’histoire. Je vous invite à réfléchir à la profonde injustice de la décolonisation de l’Algérie. Je ne suis pas inspiré par la haine, mais par le « devoir de mémoire ». La mémoire ne peut être schizophrène.

Injuste, la décolonisation l’a été parce qu’elle a chassé de chez eux un million de Français, condamnés à laisser de l’autre côté de la Méditerranée le fruit de toute une vie de travail, la maison ou l’appartement qu’ils possédaient, le village ou le quartier où ils étaient nés et avaient grandi, le cimetière où reposaient leurs parents. Quel avait été leur crime ? Qu’a fait l’État français pour protéger les biens et les personnes ?

Injuste parce qu’elle s’est faite dans le sang des innocents, ceux qui ont été massacrés sans défense et sans raison dans les rues d’Oran le 5 juillet 1962, ceux qui ont été arrêtés, traînés dans les camps et torturés pendant plus d’un an, finalement exécutés : les deux cent mille harkis et les quelque dix mille soldats et jeunes français enlevés. Quel avait été leur crime ? Être Français et avoir choisi la France ?

Injuste parce qu’elle a livré dix millions de Français de la province algérienne à une poignée de terroristes, qui se sont fait passer bien vite pour des soldats héroïques d’une armée de libération nationale qui avait été réduite en poussière par l’armée française. Qui étaient Ben Bella et les autres ? En quoi étaient-ils des « interlocuteurs valables » ?

Injuste parce qu’on a cassé une fraternité en train de se faire ou de se refaire grâce au formidable espoir levé en mai 1958, l’espoir d’une Algérie pacifiée et heureuse. Qui a inventé la lutte des classes, la lutte des peuples, là où elle n’existait pas ?

Injuste encore parce que cette terre d’Algérie était promise à un développement exceptionnel, mais remise entre les mains du socialisme soviétique elle est devenue un champ de ruines en moins de dix ans. Qui abandonnait ainsi les générations futures à la misère et à la haine ou à l’exil et au déracinement ?

Comment a-t-on créé une génération sans patrie, sans foi ni espérance ?

Injuste enfin parce que rien ne justifiait la décolonisation, sinon la diplomatie française en quête de « troisième voie » et prête à abandonner l’Algérie pour soutenir sa prétention à gouverner le tiers bloc et le tiers monde, sinon la diplomatie américaine qui pensait que le peuple algérien était martyr, qui récitait son chapelet sur les droits des peuples à disposer d’eux-mêmes, et qui enjoignait aux Anglais et aux Français de se retirer de Suez, sinon la diplomatie soviétique qui n’avait cessé d’armer les terroristes et visait son hégémonie en Méditerranée et son expansion en Afrique ? Comme dans d’autres processus de décolonisation, c’est bien la géopolitique qui a imaginé et organisé de toutes pièces cette décolonisation, au mépris de la vie, de la liberté et de la propriété des individus. Injustice des États : tous voyous à l’égard des personnes.

Injustes ces personnes ? Injustes ces colons ? Ils avaient transformé un pays sans ressource connue, sans culture et sans histoire, en une terre d’avenir. Formidable aventure que celle de ces gens venus par hasard, souvent exilés politiques, plus souvent encore pauvres des régions déshéritées de la France. Ils ont fabriqué la Mitidja, la plaine du Chélif ; ils ont tracé des routes, ouvert des ports, bâti des villages et une ville sans égale en Méditerranée, Alger la Blanche. Ils ont vécu au départ dans des conditions aussi dures que les natifs du pays. Ils ont mis en place des écoles. En  Kabylie,  95%  des  élèves  réussissant  au certificat et au brevet étaient des Kabyles. L’alphabétisation était largement amorcée et toujours réussie dans la plupart des villages et des quartiers. Enfin, grâce aux ressources minières et aux puits de pétrole découverts par les Français, l’industrialisation était en marche. L’Algérie pouvait réussir son démarrage dès les années 1960. La colonisation a créé l’Algérie. « J’ai cherché l’Algérie dans les cimetières et je ne l’ai pas trouvé », disait Ferhat Abbas. L’Algérie était née de la France. Mais la France a refusé l’Algérie. C’est de cela qu’elle doit se repentir aujourd’hui.

Sans doute la France avait-elle porté en Algérie ses propres vices centenaires : le jacobinisme, une administration pléthorique, le monopole du pavillon, et cette volonté « d’assimilation » que les provinces françaises supportent toujours mal, parce que l’égalitarisme et l’uniformité effacent les traditions et la diversité. La province algérienne (au demeurant elle-même très diverse) a sans doute souffert des errements de Paris. Elle mourra finalement des calculs, des reniements et des trahisons des politiciens français.

Je vous le demande : était-ce juste ?

Un témoin objectif, peu suspect de libéralisme, a jugé à l’époque le système colonial de façon plus nuancée et plus réaliste que notre malheureux Président : « Tout en reconnaissant les méfaits d’un certain colonialisme et de ses séquelles, il faut en même temps rendre hommage aux qualités et aux réalisations des colonisateurs qui, en tant de régions déshéritées, ont apporté leur science et leur technique et laissé des fruits heureux de leur présence. Si incomplètes qu’elles soient, les structures établies demeurent, qui ont fait reculer l’ignorance et la maladie, établi des communications bénéfiques et amélioré les conditions d’existence (Paul VI, Populorum Progressio, 1967).

En Algérie, les « libérateurs » ont réussi à détruire les « structures établies », en même temps qu’ils ont tué la liberté. Mais il est vrai qu’ils peuvent acheter des avions… avec l’argent du pétrole qu’on leur a laissé. 

 

Jacques Garello

Etudiant, puis Assistant à l’Université d’Alger (1952-1961)

 

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Macron guérit des écrouelles

Emmanuel Macron en visite à la Faculté de Droit de Lille

 

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Au sommaire du n°1322 du 16 mai 2017


Editorial : Un triste gouvernement centriste

Conjoncture : Faut-il reparler des retraites ?

Actualité  : Le 13 mai 2017 - Il ne faut pas désespérer Billancourt…ni la CGT

Spécial présidentielles  : Ecrit au lendemain de la victoire de Hollande, il y a cinq ans - L’Europe, terre d’élection pour Emmanuel Macron - Premier entretien avec Edouard Philippe - Emmanuel Macron serait-il Tony Blair ?

Lu pour vous : Pan sur le bec - Il y a libéralisme et libéralisme

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