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Un nouveau monde de science et d’industrie

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LA LOI DE LA JUNGLE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 01 Octobre 2007 01:00
 La concurrence tue la concurrence

« La concurrence, c’est la loi de la jungle ». C’est cette citation d’Edouard BALLADUR que l’ancien gouverneur de la FED Alan GREENSPAN a choisie pour illustrer l’ignorance dans laquelle la plupart des Français, et notamment les dirigeants politiques, tiennent les principes économiques.

Dans une interview donnée au Figaro lundi dernier 24 septembre, Alan GREENSPAN donne une grande leçon de science économique : claire, simple, et concrète. Il n’a aucun mal à expliquer les raisons pour lesquelles notre économie bat de l’aile, et notre niveau de vie ne cesse de baisser par rapport à celui des autres pays de l’OCDE : la mondialisation nous trouve dépourvus devant nos concurrents, parce que nous ne comprenons ni la concurrence, ni le marché, ni la mondialisation.

Qu’il me soit permis de commenter et prolonger cette leçon ; je suis en effet persuadé, comme Madame PARISOT qui en a fait son thème favori, que l’ignorance économique est un mal français qui nous coûte cher. Comme quelques autres, j’ai beau m’employer depuis cinquante ans à combattre ce microbe, il est toujours aussi virulent – il est vrai que l’Education Nationale et les médias sont des bouillons de culture.

La concurrence, nous dit GREENSPAN, n’est pas un jeu où les uns doivent démolir les autres, mais un processus dynamique qui ne fait que des gagnants. Ce n’est pas la loi « du plus fort », mais la loi « du meilleur ». Elle oblige chaque concurrent à faire mieux que les autres, et pour cela à innover, à trouver des produits, des techniques, des procédés qui correspondent mieux aux attentes de la communauté des consommateurs. Comme l’avait fait remarquer Bastiat, « elle nous pousse l’aiguillon dans le flan ». Les producteurs, ajoutait-il ne l’aiment pas trop parce qu’ils préfèrent une situation de « vivre et laisser vivre ». Dans un monde immobile, sans progrès majeur, il est vrai que l’on ne peut gagner que si quelqu’un autre perd : l’économie ressemble à un jeu à somme nulle. Il en est ainsi dans une économie de guerre, ou une économie planifiée : chacun essaie de trouver « sa » solution, et ce qu’on prend pour soi l’est au détriment du voisin. Les Français se croient-ils toujours à la belle époque des restrictions, des tickets, du marché noir ?

Dans une économie de progrès, les gains de productivité permettent à tout le monde de vivre mieux. En tant que producteurs, nos revenus (salaires, intérêts, profits) augmentent, et en tant que consommateurs les prix baissent. Suivant l’intensité de la concurrence, la répartition entre gains de revenus et gains de prix se modifie. Peu de concurrence, c’est bon du côté des revenus, mais pas du côté des prix. Trop de concurrence, c’est l’inverse : en tant que producteur je me serrerai la ceinture, mais en tant que consommateur je bénéficierai de tous les gains de productivité réalisés par les autres. La concurrence est le processus de diffusion le plus large possible des progrès réalisés ; je dirai même, pour faire plaisir aux gens de gauche de « socialisation » ou de « démocratisation » du progrès. Dans un climat concurrentiel le consommateur est roi et le producteur est à son service.

Mais il y a mieux. S’il y a économie de progrès, gains de productivité, c’est parce qu’il y a concurrence. Suivant Israël KIRZNER, la concurrence se confond avec l’art d’entreprendre. Car la tâche de l’entrepreneur n’est autre que d’innover, conformément à la vocation de tout être humain de créer, de prendre des initiatives, que d’ajouter un plus à ce qui existe déjà. Les détracteurs du profit devraient savoir que l’entrepreneur ne vole rien à personne, parce que c’est lui qui a créé la valeur nouvelle, en donnant une valeur à des choses qui n’en avaient pas ou accru la valeur de ces choses existantes en leur trouvant un nouvel arrangement, une nouvelle destination. Conséquence inéluctable : quand il innove, l’entrepreneur a un monopole, puisqu’il est le premier à réaliser ce que personne n’avait pensé jusque là.

Dire qu’il n’y a pas concurrence parce qu’il y a monopole, comme l’ont dit les juges européens de Microsoft, n’a aucun sens. La concurrence ne se définit pas comme la présence en un moment de plusieurs compétiteurs, elle existe dès qu’il y a liberté de rechercher et de découvrir, pour mieux satisfaire les besoins exprimés ou implicites. Si certains pays ont acquis un haut niveau de développement, si les progrès dans tous les domaines se sont multipliés à certaines périodes, c’est que la concurrence a été plus active : l’élargissement de l’espace des échanges (allant jusqu’à la mondialisation) donne davantage d’occasions d’innover.

Face à cette dynamique, bienfaisante pour le consommateur et excitante pour l’innovateur, les Français prennent peur (Monsieur Védrines lui-même l’a relevé dans son rapport). Mais je veux commenter cette peur.

D’une part cette peur est due à l’ignorance, comme on l’a dit. Dans un pays comme la France dont la tradition est celle des paysans et des artisans, les choses du commerce et les règles de l’échange sont mal comprises. On a du mal à admettre que la valeur est « marchande », c'est-à-dire que c’est le marché qui donne à chaque produit sa valeur, et que le marché n’est lui-même que la rencontre de gens qui ont tous individuellement une opinion personnelle sur la valeur qu’ils veulent donner au produit. Les Français sont davantage enclins à recevoir la « valeur travail » qui a fait les beaux jours du marxisme, alors que « travailler » à un produit dont personne ne veut n’a évidemment aucune valeur, et ne justifie aucune rémunération : pas de service rendu, pas de revenu. 

D’autre part cette peur est aussi celle de perdre des privilèges. Dans un pays dominé par la politique, il y a plusieurs décennies, voire plusieurs siècles de droits acquis, de passe-droits consentis, de statuts intouchables, de vaches sacrées. Voilà bien longtemps que ces nantis n’apportent plus rien à la communauté, et vivent de vraies rentes. Ils savent pertinemment que la concurrence va faire exploser ces rentes, et leur peur de la concurrence n’est autre que la peur d’avoir enfin à se mettre au travail, la peur d’avoir à servir pour survivre.

Les hommes politiques, par ignorance ou par calcul, flattent ces sentiments et se présentent comme les boucliers contre la concurrence. Contre la concurrence internationale on invoquera le « patriotisme économique », c'est-à-dire le pur protectionnisme, facteur de stagnation à terme. Contre la concurrence nationale on invoquera le service public, les droits sociaux, etc.

Voilà la vraie loi de la jungle : tuer ceux qui menacent la chasse gardée, tuer la concurrence.

 

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