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Lettre hebdomadaire (40 numéros) qui est dans sa 31ème année : c’est le commentaire libéral de l’actualité économique, sociale et politique, en toute indépendance. C’est aussi une source d’information sur les idées de la liberté dans le monde entier. Editorial de Jacques Garello, chronique de conjoncture de Jean Yves Naudet, rubriques d’actualité, revue des livres, dossiers.

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Socialiste et  macro-économiste

Issu de Cambridge et élève d’Alfred Marshall, John Meynard Keynes emprunte aux marginalistes les concepts d’équilibre général et de courte période. Mais il appartient aussi à la Société Fabienne, qui regroupe les socialistes réformateurs anglais. A ce titre, il ne croit pas aux vertus habituellement prêtées à l’économie de marché par ses prédécesseurs néo-classiques.

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BANDE ANNONCE OU DISCOURS FONDATEUR ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 24 Septembre 2007 01:00
 Chantier

Le discours de notre Président mardi dernier sur « le nouveau contrat social », prolongé par son intervention le lendemain invitant les fonctionnaires à une « révolution culturelle » et par son interview télévisé jeudi soir, a appelé plusieurs lectures différentes. Quelle est la bonne ?

Je ne veux pas m’appesantir sur les commentaires des leaders syndicaux. Les extrémistes ont dit « niet » et préparent la contre-offensive, mais ils hésitent à organiser une grève générale de peur de ne pas être suivis et de rendre les réformes plus sympathiques. Les syndicalistes modérés ont déploré que des sujets si importants soient abordés « à la hussarde », et il est vrai qu’obtenir en quelques jours des réformes qui n’ont pas été réalisées en un demi-siècle est un défi assez sérieux.

Je suis intéressé en revanche par deux types de réactions : le scepticisme des uns, l’enthousiasme des autres.

Les sceptiques trouvent la musique assez belle, mais les paroles très verbales. Même si les thèmes et les mesures évoqués répliquent ceux de la campagne électorale, le Président n’a guère détaillé les dispositions concrètes qu’il demanderait de prendre au gouvernement et au parlement. Quelques évènements récents mettent en doute le réalisme du discours présidentiel : la grande loi sur l’autonomie des Universités a été vidée de tout contenu sous la pression de l’UNEF et des présidents d’université, la réduction du nombre de fonctionnaires a été à son tour réduite de moitié, le paquet fiscal a été considérablement allégé par rapport à ce que l’on attendait. D’autre part, on connaît l’inertie des administrations centrales, le rôle dominant qu’y jouent les grands corps de l’Etat et notamment l’inspection des Finances, et l’on se dit enfin qu’il est difficile d’innover quand on s’entoure de conseillers nourris de la pensée unique. Aux côtés de ces sceptiques de bonne foi, on trouve les sceptiques professionnels, ceux qui veulent absolument ramener le Président à un simple beau parleur, tel Jean Marc AYRAULD, président du groupe socialiste à l’Assemblée, qui évoque le goût de Nicolas SARKOZY pour les effets d’annonce.

Pour nous résumer : la bande annonce est attirante – c’est son rôle. Le film sera-t-il bon et quand va-t-il sortir ?

Les enthousiastes apprécient, comme Laurence PARISOT, un « discours fondateur », et saluent une « rupture sociale ». Il est vrai que, loin de renier ses engagements de candidat, le Président reprend avec force quelques-uns des principes d’une véritable « révolution culturelle ». Dans le domaine du contrat de travail d’abord, où les 35 heures verraient désormais leur sort confié à des négociations de branches ou d’entreprises, le contrat se substituant progressivement au règlement, et les salariés pouvant « monétiser » leurs RTT. Dans le domaine des retraites, où le libre choix de l’âge de la retraite et l’activité des retraités seraient désormais possibles. Dans le domaine des soins aux personnes dépendantes, où l’APA serait complétée par des assurances privées dont les cotisations seraient déduites des impôts. Dans le domaine des « régimes spéciaux », alignés sur les règles de la fonction publique. Enfin et non le moindre dans le domaine de cette même fonction publique, invitée à évoluer vers un allègement et un rapprochement avec les contrats de droit privé.
J’ai pensé à une comparaison qui vous paraîtra bizarre entre SARKOZY et GORBATCHEV. Non que notre Président veuille instaurer un régime tsariste, mais parce qu’il utilise un langage neuf et libre, une glasnost, qui familiarise le peuple avec des idées cachées depuis longtemps, de nature à préparer les esprits à des changements profonds, même si les changements n’interviennent pas. La perestroïka libérale serait-elle en marche ?

Après GORBTCHEV, ELTSINE et la libération de la Russie. Mais après ELTSINE à nouveau POUTINE : les structures de la vieille société n’ont pas été détruites, et la réaction anti-libérale est d’autant plus vive. Les corporations, les grands corps de l’Etat, les réseaux naguère en place, reprennent leur domination et asservissent à nouveau le peuple.

Si je reconnais ainsi les mérites de Nicolas SARKOZY, ce n’est pas pour lui nier toute authentique volonté d’innover. Mais il y a un fossé dangereux entre le volontarisme et le réalisme. La volonté de changement doit s’enraciner dans la réalité économique et sociale. Ici apparaît la contradiction entre la réalité mondiale, faite de concurrence, d’ouverture, de flexibilité et la réalité française qui a élimé le sens des responsabilités personnelles pour développer privilèges et parasitisme social. Je m’inquiète sincèrement quand je vois le Président protester de sa bonne foi et de sa volonté de réforme devant nos partenaires européens, mais demander en même temps que soit reconduite l’exception française, que soit prolongé le moratoire des déficits et de la dette publique, que soit admis le « patriotisme économique ».

Choisir, c’est renoncer. Si le Président choisit la réforme, il doit renoncer au discours corporatiste. Si le Président choisit la liberté, il doit renoncer à la facilité.

Annonce d’un choix ?

 

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Au sommaire du n°1312 du 14 mars 2017


Editorial : Deux foyers majeurs d'irresponsabilité

Conjoncture : La monnaie peut-elle être "souveraine" ?

Spécial présidentielles  : La non-réforme des non-retraites - François Fillon : le soft libéral - François Fillon : c'est de l'abîme que jaillit la lumière

Actualité libérale  : Trop de dépenses publiques c'est trop d'impôts


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