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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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AVANT BLAIR IL Y EU THATCHER PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 21 Mai 2007 01:00
 En mai, fais ce qu'il te plaît !

On dit que notre président a de la sympathie, voire de l’admiration pour Tony Blair, et leur rencontre à Paris a été très chaleureuse. On dit aussi que Ségolène Royal aurait mieux réussi si elle s’était positionnée plus tôt en blairiste, et si le Parti Socialiste avait su évoluer comme l’a fait le parti travailliste en Angleterre. On dit enfin que Tony Blair a donné à son pays l’occasion d’une croissance économique sans précédent tout en obtenant une paix sociale durable.

Tout cela ne manque pas de sens, mais les admirateurs et imitateurs de Tony Blair oublient simplement quelque chose : avant Blair il y a eu Thatcher.

En d’autres termes, il y a un préalable à toute réforme significative et à tout succès politique : mettre la démocratie à l’abri des ennemis de la paix civile. Ces ennemis ne manquent pas, et j’ai eu souvent l’occasion de rappeler quels sont les « enrayeurs », ceux qui se mettent en travers du chemin du progrès, ceux qui imposent la tyrannie du statut quo. Dans la France de 2007, comme dans l’Angleterre de 1980, les tyrans les plus efficaces sont les syndicats marxistes.

Tout le mérite de Margaret Thatcher a été de mener pendant un an et demi une lutte contre Artur Skargill, le leader du puissant syndicat des mineurs, qui ne reculait devant rien pour impressionner, menacer et soumettre le gouvernement britannique. Les syndicalistes avaient naturellement renversé les conservateurs, mais aussi bien le pauvre Callaghan, pourtant travailliste, qui avait voulu réformer le marché du travail. Depuis des décennies, le parti travailliste n’était que le bras armé des syndicats, qui désignaient dirigeants politiques et candidats aux élections. Au terme de son combat, Margaret Thatcher avait remis les syndicats en place, et avait supprimé les privilèges dont ils bénéficiaient : « closed shop » (l’embauche d’un salarié passait nécessairement par le syndicat), et cotisations syndicales prélevées sur les salaires et directement payées par l’entreprise.

Après, tout est rentré dans l’ordre. On a pu instaurer la concurrence, privatiser les entreprises publiques (y compris les transports, la poste et l’énergie) et libérer les entreprises privées du carcan où les enfermait un droit social asymétrique, qui mettait systématiquement « le patron » en situation de responsable et même de coupable.

C’est cette tranche d’histoire contemporaine que nos nouveaux dirigeants devraient méditer. A mon goût il n’y a pas pour l’instant de rupture significative avec les mœurs sociales, et la référence permanente aux « partenaires sociaux » laisse entendre que tout changement projeté doit auparavant recevoir l’aval des syndicats de salariés et des organisations professionnelles. Que le Président reçoive les leaders syndicaux avant même que les futurs parlementaires aient fait campagne et soient élus laisse entendre que l’on n’a que faire de ce que penseront les nouveaux députés. Cela laisse aussi entendre que le suffrage universel doit être confirmé par le consensus syndical. Jadis les rois de France devaient recevoir le Saint Chrème en la cathédrale de Reims, aujourd’hui le sacre du président de tous les Français requiert l’onction de l’épiscopat syndical.

On pourra m’objecter qu’il faut voir le bon côté des choses. Madame Parisot veut voir dans la démarche présidentielle l’annonce d’un retrait du législateur dans le domaine social. Elle a raison de fustiger la réglementation à sens unique pondue par nos parlements successifs, de droite comme de gauche. Il est vrai qu’une négociation collective est plus proche de la logique du contrat que de l’arbitraire de la législation. Mais, comme le suggère l’affaire des 35 heures, c’est bien au Parlement qu’il appartient d’effacer les erreurs qu’il a naguère commises, et d’abroger une loi liberticide, coûteuse et calamiteuse. Il en est de même pour le service minimum, car c’est le statut des fonctionnaires et des salariés des entreprises publiques qui est en cause, et ce statut a été élaboré par des centaines de textes qu’il faut abroger ou transformer. En réalité, la négociation collective n’est qu’un artifice, une ambiguïté, dont le seul effet est négatif : imposer à l’employeur et au salarié des clauses qu’ils n’auraient jamais acceptées s’ils avaient été libres de contracter. Mais évidemment, remettre en cause la négociation collective dans certains domaines, c’est priver les « partenaires sociaux » de leur principale raison d’être.

D’autres, plus cyniques, voient dans la démarche de Nicolas Sarkozy une opération de charme : rassurer les syndicats aujourd’hui pour mieux les contraindre demain. Monsieur Thibaud a été « rassuré » par les propos du Président sur le service minimum, Monsieur Mailly également : quels sont donc ces secrets d’alcove ? Le Président attend-il d’avoir une majorité imposante pour frapper un grand coup, et imposer une réforme totale du code du travail ? Il me semble qu’il est déjà assuré d’avoir cette majorité, et qu’il n’a pas besoin d’attendre des législatives pour demander aux Français de confirmer leur vote du 6 mai. Margaret Thatcher a remporté les élections et a agi : cela lui a suffi. Elle manquait peut-être d’habileté, mais elle ne manquait sûrement pas de courage.

Les Français ont voulu, dit-on, le changement. Mais je ne vois aucun changement sur le front social qui est en train de se déployer. Dans notre pays, l’état de droit s’arrête aux portes des syndicats.

Enfin, et c’est le plus important à mes yeux, les syndicats français sont redoutables parce que la plupart d’entre eux sont des syndicats marxistes, et donnent le ton dominant. Leur discours, leur comportement, et la législation qu’ils ont réussi à arracher (les « conquêtes sociales ») sont imprégnés du mythe de la lutte des classes. Ce mythe a envahi toute la société : la plupart des Français sont persuadés que le pays se divise entre les riches, les possédants, les profiteurs, et les pauvres, les opprimés, les exclus, les sans emploi, les  sans papier, les sans logement, les sans crèche. Heureusement l’Etat Providence est là pour rendre la justice, comme jadis le bon roy Louis : il crée et protège les « droits sociaux ».

Dans ces conditions, une nation ne peut s’adapter aux réalités économiques, ni vivre dans la paix sociale. L’économie est à base de complémentarité, et non de lutte, le marché est une façon d’harmoniser des intérêts divergents, les services s’échangent contre des services. Au lieu d’une société de mutuelle compréhension et de travail en commun, nous avons fabriqué une société déchirée, où règnent l’envie et le conflit, où les uns s’approprient le travail des autres, à travers de savants mécanismes de redistribution, des privilèges et des passe-droits. Le comportement syndical français repose sur ce jeu du tous contre tous.

Il est curieux de voir nos dirigeants de droite et de gauche admorer les syndicats « nordiques », et rêver que nos leaders se mettent à l‘heure scandinave. Mais ils ne prêtent pas attention au fait que ces syndicats sont libérés de l’idéologie marxiste, sont disposés à aider sincèrement les salariés au lieu de les soulever contre le « patron », et contribuent aux gains de productivité en même temps qu’à la solidarité professionnelle et personnelle. C’est ce qui les légitime, c’est ce qui fait qu’une grande proportion de salariés adhèrent volontairement. En France, tout à l’inverse, les salariés tournent le dos aux syndicats, qui représentent moins de 5 % des salariés (et encore bien moins dans le secteur privé). Le paradoxe syndical français est celui-ci : moins ils sont représentatifs, plus leur pouvoir politique est grand. C’est un incroyable défi à la démocratie. C’est une prime au non-droit, car il est évident que la puissance syndicale chez nous ne résulte que des pressions, voire des exactions, commises par les leaders syndicaux ; les pires procédés, contraires à la liberté du travail et au droit de propriété, sont légalisés ou assurés de l’impunité. Que des manifestations de lycéens manipulés et encadrés par les syndicats révolutionnaires aient fait reculer le gouvernement de la République et le Parlement décidé à instaurer le CPE est la négation de la démocratie représentative.

La conclusion me paraît évidente. Si le Président veut rompre, ce n’est pas sur Blair qu’il faut s’aligner, mais sur Margaret Thatcher. Aurait-on renoncé à changer avant même d’avoir commencé ?

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1340 du 8 novembre 2017

Editorial : Harcèlement : plan d’urgence ou profonde conversion ?
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