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Le monétarisme de l’école de Chicago

« L’anti-Keynes » : ainsi a-t-on qualifié Milton Friedman, bien que Keynes ait été contesté dès les années 1930 par l’école autrichienne.

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UN QUITUS OU UNE MISSION ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 07 Mai 2007 01:00
 Erreur de casting ?

Ainsi aurons-nous un quinquennat SARKOZY. L’agressivité et la mauvaise foi de Madame ROYAL l’auront finalement desservie, alors que c’est Nicolas SARKOZY qui a paru  incarner la « force tranquille » , le « rassemblement du peuple français », la tolérance, la concorde et la compassion.   

Cela dit, il y a deux façons de voir la victoire de SARKOZY : un quitus ou une mission.
Les Français ont-ils donné quitus à l’UMP, à CHIRAC, VILLEPIN et autres, qui ont régné sur le pays depuis cinq ans ? Certains éléments permettent de le penser. Surtout à la fin de la campagne, le candidat a tenu à assumer toutes les erreurs du gouvernement auquel il n’a cessé d’appartenir depuis 2002. En cinq ans, la droite n’a pas tenu sa promesse de supprimer les 35 heures, elle n’a pas réformé le code du travail et a reculé sur le CPE. La politique des « pôles nationaux d’excellence » a été mise en place, et dans l’affaire Alstom c’est SARKOZY lui-même qui a voulu éviter le passage de l’industriel sous la coupe des étrangers. Il avait d’ailleurs dénoncé le « dumping fiscal » dont sont coupables les pays qui ont le culot d’imposer des impôts moins lourds que la France et qui attirent les capitaux étrangers.

En cinq ans, la politique sécuritaire a été sans efficacité : émeutes, sans papiers, SDF ont été autant de dénis du droit, d’atteintes aux personnes et à leurs biens, tandis que la justice a montré des lacunes redoutables. Dans le débat télévisé, Madame ROYAL avait beau jeu de dire à son concurrent : « pourquoi ne l’avez-vous pas fait ? ». Seuls quelques naïfs peuvent croire que le chômage a été réellement maîtrisé, que les déficits publics et la dette ont été stabilisés, que la violence et l’ignorance scolaires ont disparu. Nicolas SARKOZY a également soutenu que la réforme des retraites de François FILLON était suffisante à assurer la survie de la répartition « jusqu’en 2020 ». Est-ce vrai ? Et après 2020 que se passe-t-il ? En cinq ans rien n’a été fait pour amorcer la transition à la capitalisation.

Enfin, concernant la diplomatie, Nicolas SARKOZY, qui s’était risqué à serrer la main de George Bush, a dû en rajouter en sens inverse. Il semble avoir rejoint la ligne traditionnelle gaulliste : refus de l’atlantisme, méfiance à l’égard de l’OTAN, sympathie pour la Russie, axe Paris-Berlin pour une Europe « qui nous protègera de la mondialisation ».

Au total, la rupture avec la politique de la droite jacobine, nationaliste et dirigiste n’est donc pas évidente.

Pour autant, je ne crois pas que les électeurs aient voulu marquer leur satisfaction de la politique menée par les prédécesseurs, ni donner un quitus aux sortants.

Il me semble plutôt que les électeurs aient voulu signifier leur volonté de changement, et aient confié cette mission à Nicolas SARKOZY. De toute évidence, il était plus qualifié pour la mission que Ségolène ROYAL : le socialisme français est-il capable d’accepter le moindre changement ?

Cette volonté de changement s’est manifestée par un vote massif au deuxième tour comme au premier. Les Français pensent qu’il peut se passer quelque chose de neuf avec une nouvelle génération d’hommes politiques, alors qu’en 1995 et 2002 ils semblaient plutôt désabusés. Nicolas SARKOZY a impressionné par la nouveauté de son style, sinon de son programme, mais Ségolène ROYAL également. 

Changer, c’est aussi l’explication du vote pour François BAYROU. Je le répète : je ne crois pas que le centrisme ait été attractif au point de séduire 18% des électeurs. Ils ont voulu déplacer le paysage politique français, effacer l’omniprésence de l’UMP et du PS. La candidature BAYROU était assez saugrenue et ambiguë pour paraître originale. Après tout, pourquoi pas ?

Il y a enfin de nombreux électeurs, dont peut-être nombre de libéraux, qui ont vu dans SARKOZY l’anti-CHIRAC, l’homme plus près des réalités économiques et sociales, plus courageux face aux corporatismes, aux syndicats et aux fauteurs de troubles qui empoisonnent la vie quotidienne. Le Président a remis à la mode des concepts comme le travail, le mérite, la promotion, la responsabilité. Ils avaient disparu des discours officiels et de la pensée unique.

Peut-être le ramage ne sera-t-il pas en rapport avec le plumage, et les flatteurs auront-ils eu tort de s’empresser. Mais, pour l’instant, tout nouveau est tout beau.

Alors, cette mission du changement sera-t-elle assumée ? Elle est certes dévolue par priorité au Président, et il commettrait une erreur grave de ne pas profiter de la grâce de l’état et de ne pas engager dès les cent premiers jours les réformes profondes que réclament l’état de notre économie, de notre tissu social, de nos institutions nationales, de notre position internationale.

Mais la mission ne peut être remplie sans un Parlement dynamique et innovant. Ce serait une autre grave erreur que de retomber dans la tradition de la V° République, et de recruter une assemblée de godillots. Notre rôle va consister à faire pression pour que les législatives soient l’occasion d’un choix de société plus consistant et plus cohérent que celui que l’on nous a servi pendant les présidentielles. « Soyez socialistes, soyez libéraux, mais dites la vérité » demandait jadis Jacques RUEFF.

Le pays ne vient pas de donner un quitus. Il ne vient pas d’approuver les atermoiements, le manque de courage, les rodomontades d’une droite sans doctrine, et souvent sans moralité. Il vient de donner mission de changer. Changer, c’est libérer la France de son jacobinisme, de son corporatisme, de son dirigisme, de son nationalisme. Mission impossible ? Les Français veulent-ils un simple changement d’équipe ou un vrai  changement de jeu ? Attendons de voir le Président et le Parlement à l’œuvre ; mais en ce qui me concerne j’attends en vain l’alternance libérale depuis 1986. Vingt ans après...

 

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