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LA FRANCE CENTRIFUGE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 23 Avril 2007 01:00
 La bonne pomme

Comme je n’avais pas de candidat déclaré en libéralisme, ce premier tour aurait pu me laisser indifférent. Les résultats me fournissent pourtant matière à analyse et à projet pour l’avenir.

Mon analyse retient surtout le sort qui attend François BAYROU, et le comportement de ceux qui ont voté pour lui. Ils sont nombreux, le score autour de 19% est impressionnant, et plusieurs commentateurs y ont vu une volonté des Français de revenir au « centre ».

En fait je suppose qu’un certain nombre d’électeurs ont voté BAYROU parce qu’il incarnait à leurs yeux « l’anti-système ». Ces électeurs en ont assez de voir le paysage politique français toujours dominé par les mêmes hommes, les mêmes partis, les mêmes idées – même si les candidats porteurs de ce conservatisme étaient relativement neufs. Beaucoup de ces électeurs avaient voté LE PEN en 2002, mais BAYROU est devenu une sorte de Le Pen « politiquement correct ».

Comme en 2002 où il avait fait 8% des voix avec un simple slogan : « je suis contre Chirac », il a réussi en 2007 en disant : « je suis contre l’UMP et le PS ». Est-ce pour autant que les électeurs de BAYROU l’ont pleinement suivi quand il a avancé son deuxième slogan : « gauche et droite doivent gouverner ensemble » ? Certes les positions de Michel ROCARD et autres ont pu troubler les esprits, ainsi que la référence à la « grande coalition » allemande. Mais qui a cru réellement à DSK à Matignon, et à une majorité composite ? Peut-être pas François BAYROU lui-même, bien que cette idée d’une France « pragmatique », libérée des « clivages idéologiques », lui ait donné un relief qu’il n’avait pas au départ. Ainsi François BAYROU recueillait-il sur son nom des suffrages de contestation, et des suffrages d’illusion.

Mais n’est-ce pas la vocation naturelle du centre de bâtir son succès sur le non-dit, sur le non-engagé, sur le non-projet ? Ici comme ailleurs le neutralisme signifie le relativisme – tout se vaut – et le pragmatisme conduit à l’immobilisme. Politique du chien crevé au fil de l’eau. J’ai du mal à comprendre le centre.

Que reste-t-il à faire à François BAYROU et à l’UDF ? Contrairement à ce qu’il prétend quand il annonce un « renouveau de la politique française » il n’est pas en mesure de vendre sa peau très cher. Il n’arrivera pas à faire croire aux socialistes que son électorat va massivement reporter ses suffrages sur Ségolène ROYAL. La candidate du PS récupèrera sans doute les quelques milliers de voix de gauche qui s’étaient égarées au premier tour, mais en dépit des appels pressants et lyriques de François HOLLANDE, la majorité des électeurs de Bayrou se retrouvera ailleurs, dans l’abstention ou chez SARKOZY. L’issue la plus vraisemblable est dans une négociation sur les législatives.

Car c’est bien le spectre des législatives qui va hanter les quinze prochains jours. Les battus du premier tour, ceux du moins qui comptent gardent pour seul espoir d’avoir un point de chute aux législatives. Si Nicolas SARKOZY consent à la promesse d’une dose de proportionnelle, les voix de l’UDF et du FN lui seront pratiquement acquises. Différemment, BAYROU et LE PEN auront du mal à donner des consignes de vote ; au demeurant l’électorat de l’UDF est certainement moins docile, parce que plus composite, que celui du FN.

La conclusion de cette analyse qui me semble s’imposer c’est que l’aventure électorale du centre est terminée, et que l’on va revenir à une bon vieil affrontement entre gaullistes et socialistes, les deux blocs autour desquels gravitent des satellites de droite et de gauche. Deux blocs dirigistes, protectionnistes et patriotes. S’agit-il pour autant d’un «  choix de société », comme le disent les protagonistes ? J’aimerais bien qu’il en fût ainsi, mais pour qu’il y ait choix il faut qu’il y ait différence. Certes la « gauche » française a son originalité. Elle a un projet de société mais, fondé sur la lutte des classes, il est tellement désuet qu’il a perdu toute crédibilité. Nos socialistes n’ont pas su ou pas voulu faire leur conversion (à la différence des travaillistes anglais, des socialistes suédois ou allemands) et sont toujours prisonniers des syndicats animés par les communistes et les trotskystes. Voilà de quoi différencier sérieusement la gauche de la « droite ». Mais celle-ci non plus n’a pas su s’adapter aux réalités, elle continue à nier les lois élémentaires de l’économie, les exigences de l’état de droit et les valeurs de liberté et responsabilité.

En d’autres termes : BAYROU avait raison de comprendre que les Français sont mécontents et de leur droite et de leur gauche, mais il avait tort de croire qu’en additionnant deux nullités on puisse trouver autre chose que zéro.

La France est donc en attente. Et je ne vous surprendrai pas en disant qu’elle ignore pour l’instant que cette attente pourrait être satisfaite et ne peut être satisfaite que par la solution libérale. Dès maintenant, les libéraux doivent donc s’employer à aller au-devant de ces insatisfactions et déjà, à l’occasion des législatives, ils doivent glisser à l’oreille des candidats qu’ils devraient mettre quelques accents libéraux dans leur campagne. Si nos futurs députés ne le font pas, les évènements ne tarderont pas à rappeler à nos dirigeants  que la France ne peut vivre plus longtemps en marge des autres Européens, en révolte contre la mondialisation, et en délire idéologique permanent.

Le centre va laisser un vide dans l’échiquier politique français. Le libéralisme pourra bientôt combler ce vide. Plus la France est centrifuge, plus elle convergera vers les idées de la liberté.

 

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