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BESOIN D'AIR PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 09 Avril 2007 01:00
 Air

Quels que soient l’issue de cette campagne et le résultat de ces élections, quelque chose de neuf est apparu dans le paysage politique français : c’est l’irruption de la société civile, et notamment l’engagement patronal illustré par la présence médiatique de Laurence PARISOT, mais aussi par des prises de position nombreuses de chefs d’entreprises alertant les Français sur la situation exacte de notre économie et sur son « besoin d’air ».

Cette Lettre reprend en particulier les propos récents de Bertrand COLLOMB, Président de Lafarge.

« Besoin d’air » : le titre de l’ouvrage du MEDEF exprime d’abord ce qu’il faut changer dans notre pays. Une « nouvelle politique économique », c’est plus de politique économique du tout. Les entreprises sont étouffées par l’Etat. Et les candidats, pour l’instant (on peut toujours rêver !), sont incapables de proposer autre chose qu’une accumulation de mesures ponctuelles, sans aucune vision d’ensemble. Toutes leurs mesures passent par l’Etat.

 Pourtant, après un demi-siècle de dirigisme, personne aujourd’hui ne peut raisonnablement attendre des gouvernants et des administrations une impulsion économique qui créerait des emplois et du pouvoir d’achat. Les hommes politiques, de droite comme de gauche, sont devenus les « enrayeurs » dénoncés par Bastiat en 1848 : ceux qui s’emploient à enrayer le travail des autres, ceux qui empêchent d’entreprendre, de travailler, d’épargner, de réussir. « Besoin d’air » c’est le cri des Français qui sont en train de succomber à l’étreinte mortelle de l’Etat.

Le besoin d’air c’est aussi l’espoir que font naître une libération des initiatives privées et une renaissance de la société civile. Les dirigeants français restent accrochés depuis des décennies aux hérésies keynésiennes, et croient aider le pays en faisant une politique systématique et démagogique de « pouvoir d’achat » : dépenser davantage, n’est-ce pas la recette du dynamisme global ? On va donc augmenter les salaires (surtout ceux qui rémunèrent les moins qualifiés, on va donc fragiliser les travailleurs les plus mal placés dans la concurrence), on va multiplier les avantages sociaux sans considération de leur financement, puisqu’il n’y a qu’à traire la vache fiscale, on attendra des administrations centrales et locales qu’elles embauchent et distribuent des revenus contre la prestation de services publics de plus en plus nombreux et illusoires, impossibles à exporter bien sûr. Le résultat, rappelé récemment par Laurence PARISOT, c’est en effet une augmentation de 20% de la consommation des Français, mais de 45% des importations, contre seulement 10% de la production nationale. Ce qui signifie simplement qu’une relance de la dépense stimule l’activité des concurrents étrangers, mais n’a aucun effet sur l’emploi national quand nos entreprises ne peuvent s’adapter.

Pourquoi cette inadaptation ? Etouffement par les charges, étouffement par la réglementation du marché du travail. C’est donc bien de ce côté-là qu’il faut chercher la solution française : alléger les charges en diminuant les impôts mais aussi les cotisations sociales, accepter la flexibilité du marché du travail. Mais à leur tour ces réformes impliquent une révision totale non pas seulement du train de vie de l’Etat, mais de ses frontières, une rupture avec un système de protection sociale en pleine explosion, et une refonte du code du travail pour substituer le contrat personnalisé et modulable à une législation universelle et rigide.

Pour le reste, une fois la libération réalisée, on verra comme par hasard les Français exprimer à nouveau leurs talents, leur désir de promotion personnelle. Le pouvoir d’achat réapparaîtra, non pas comme un préalable, mais comme une conséquence de la nouvelle donne. Les nouvelles pauvretés et l’exclusion se dilueront dans un pays où la promotion sociale sera redevenue possible par le travail et le mérite et où les privilèges scandaleux auront disparu.

L’épargne sera reconstituée et se mettra au service de la croissance des entreprises, et notamment de ces PME sources d’innovation et d’embauche.

La logique pour en finir avec le mal français est donc imparable :

1° Pour dépenser, il faut commencer par produire, par rendre des services marchands à la communauté des consommateurs.

2° La libération des entreprises et, de façon plus générale, de l’initiative privée, est indispensable pour produire de façon compétitive, et par conséquent créer des emplois et du pouvoir d’achat.

3° La libération implique une baisse des impôts et des cotisations, qui ne peut se réaliser qu’à travers un désengagement de l’Etat et de la Sécurité Sociale.

4° Le désengagement de l’Etat doit se faire aussi dans le domaine réglementaire, et le contrat doit se substituer à la législation, notamment pour instaurer la liberté du travail.

5° Ce qui est aujourd’hui géré de façon incohérente et injuste par la société politique le sera désormais par la société civile, c'est-à-dire par le réseau des entreprises, des familles, des associations, voire même de syndicats enfin dépolitisés.

J’ajoute que cette désétatisation indispensable pour l’économie l’est aussi pour tous les aspects de la vie des Français : pour l’éducation, pour le logement, pour l’environnement.

C’est donc un véritable choix de société qui s’impose. Mais puisque d’autres ont su le faire, pourquoi pas les Français ? Auraient-ils un goût morbide pour la monarchie et l’absolutisme ? Préfèreraient-ils rester les esclaves de l’Etat, en qui ils voient leur sauveur alors qu’ils en meurent ?

Encore faut-il que ce choix de société soit offert aux électeurs. Ce n’est toujours pas le cas.  Et pour l’instant ils continuent à nous pomper l’air.

 

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1360 du 18 avril 2018

Editorial : Un an après
Actualité
:
L’interview de trop - Des interviews pour rien
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Jean Baptiste Noé, La parenthèse libérale


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