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LE ROI EST NU PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 12 Mars 2007 01:00
 L'habit ne fait pas le roi...

« Le Roi est nu » : cette expression, tirée d’un fameux conte d’Andersen, a souvent été utilisée dans la littérature économique pour décrire l’état de décrépitude dans lequel se trouve aujourd’hui l’Etat Providence.

Les hommes de l’Etat le croient toujours parés de ses plus beaux habits. Un tailleur ingénieux leur a fait croire qu’en allant jusqu’à l’extrême de sa passion pour le paraître, le roi Etat serait de plus en plus aimé de ses sujets. Ceux-ci sont devenus tellement serviles à l’égard du pouvoir politique qu’ils n’osent pas se rendre à l’évidence : l’habit imaginé par le tailleur n’existe pas, et le roi est nu. Il faut l’ingénuité d’un petit enfant pour que la vérité soit enfin reconnue : le roi est nu.

En France actuellement seuls les libéraux ont assez d’ingénuité pour dire cette vérité : l’Etat Providence est nu, il est prétentieux, arrogant, mais toujours flatté, admiré, alors qu’il n’est plus qu’un pantin désarticulé, une baudruche éclatée.

Pourquoi évoquer ce conte au moment où la campagne électorale prend une nouvelle dimension ?
C’est qu’à mon sens, les deux principaux candidats ont gardé toute leur confiance à l’Etat, et que le troisième homme veut jouer le rôle du petit garçon.

Passe encore pour Ségolène Royal. Elle aime le roi parce qu’elle est socialiste. Tous les maux de la France peuvent se résoudre grâce à sa baguette magique : renflouer Airbus, résorber le chômage, accroître le pouvoir d’achat. Des impôts ? Il n’y en a pas assez. De la redistribution ? Toujours plus. Du marché et du libre échange ? Toujours trop. Certains la croient sociale démocrate, elle est fondamentalement marxiste et étatiste, se référant sans cesse à la lutte des classes, aux inégalités, et au rôle salvateur de l’Etat.

Mais que dire de la déclaration de foi étatiste de Nicolas Sarkozy mardi dernier à Cormeilles en Parisis ? Je vous laisse apprécier : « Je n’accepte pas l’idée que l’Etat ne peut plus rien faire … Je ne crois pas à la doctrine de l’Etat minimum. Je ne crois pas à la doctrine du laissez-faire. Je ne crois pas qu’en France l’Etat puisse être réduit à un rôle secondaire. Je ne crois pas que la nation puisse conserver son unité avec un Etat faible … Je ne crois pas que le capitalisme puisse survivre si le marché est tout et l’Etat rien ». L’Etat doit être « protecteur » notamment contre la concurrence sauvage imposée par Bruxelles, l’Etat doit aussi « mettre la monnaie au service de la croissance ». J’en passe et des meilleures.

En trois mois Nicolas SARKOZY aurait-il fait le chemin intellectuel que CHIRAC a mis quinze ans à parcourir depuis le libéralisme échevelé en 1984 jusqu’à l’altermondialisme en 2007 ? Si ses maîtres à penser sont réellement Henri Gaino, Nicolas Hulot, il s’attirera peut-être les voix des étatistes impénitents, des protectionnistes et des souverainistes (et c’est vrai qu’il y en a dans ce pays), mais il aura du mal à attirer les quelques centaines de milliers de voix libérales. Choisir Simone Veil pour présidente du comité de soutien nous remet dans le droit fil des politiques menées depuis cinquante ans, et fait de la rupture annoncée un rêve éphémère.

Voilà qui sans doute fait les affaires de François BAYROU. Car quelle est la position apparente du troisième homme ? C’est précisément celle de la rupture. Ni ni : ni Sarkozy, ni Royal. Il se déclare anti-jacobin, anti-système, anti étatiste. Du coup tous les électeurs qui en ont leur claque des partis « dominants », qui seraient tentés par un vote-refus en faveur de Villiers ou de Le Pen, découvrent un homme plus « politiquement correct », qui leur semble nouveau.

 

Mais le petit garçon est-il si ingénu ? Au François ni ni se juxtapose le Bayrou du mi-mi : mi gauche mi droite, mi PME et France profonde et mi syndicats et fonctionnaires, mi franchouillard et mi-européiste. Faute de choisir, le troisième homme pourrait rapidement redescendre dans les sondages, à moins que les Français considèrent cette élection comme un amusement, comme un bon tour à jouer aux instituts de sondage, aux élus de tous niveaux et à l’intelligentsia.

Certes, les jeux ne sont pas faits, et il reste encore plus d’un mois aux candidats pour se présenter enfin sous leur vrai visage au lieu de porter leurs masques changeants avec le public et avec les résultats des sondages. Le souhait des libéraux est que Nicolas SARKOZY retrouve son premier souffle, qui le portait aux bords du libéralisme et de l’atlantisme, ce qui lui valait en effet notre sympathie. Si cela n’était pas, il serait possible que François BAYROU prenne le risque de s’engouffrer dans le créneau libéral aujourd’hui totalement déserté.

Pour nous libéraux, il y a deux certitudes. La première c’est que notre classe politique a du mal à admettre que le roi est nu et continue à tourner ses regards vers l’Etat, alors que tous nos partenaires ont compris qu’il fallait réduire le secteur public, alléger les impôts et la réglementation, en finir avec la centralisation, et tenir l’Etat dans un rôle subsidiaire. Partout on a compris que l’Etat n’est pas la solution, mais qu’il est le problème.

La deuxième certitude, c’est que la poussée libérale ne devra pas cesser d’ici le 22 avril. Nous devons exiger des candidats qu’ils donnent des réponses claires aux questions que nous leur posons à travers notre « programme commun » qu’est le Guide du Candidat. Ensuite, à titre personnel et peut-être suffisamment instruis, bulletins en mains, nous irons regarder le défilé où le roi se pavane encore, avec l’envie irrésistible de crier à son passage : « Le roi est nu ».

 

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