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La modernité de Bastiat

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LES LIBERTES EN FUMEE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 05 Février 2007 01:00
 Liberté individuelle

Que les choses soient claires : je ne vais pas faire l’apologie du tabac. Ma famille et mon entourage ont payé leur tribut à ce poison, dont je n’ai su m’affranchir qu’à grand peine. Je ne vais pas non plus critiquer ceux qui diffusent une information nécessaire sur les dangers que le tabac fait courir aux fumeurs et à leurs proches. Ils éclairent pleinement les décisions des personnes concernées.

Mais voilà en quoi précisément l’interdiction de ce 1er février me chagrine, sinon me révolte. Une fois de plus c’est la puissance publique qui se substitue aux individus pour leur commander comment ils doivent vivre. Le principe de subsidiarité, fondement de toute société libre, est oublié au nom d’un principe de précaution, certes constitutionnel, mais foncièrement liberticide.

On m’objectera qu’il s’agit d’une mesure ponctuelle, et que pour le reste les Français ne sont pas soumis à un régime soviétique. Mais, mesure après mesure, l’étreinte de l’Etat sur les individus se resserre jusqu’à les étouffer. Attachez vos ceintures, ne téléphonez pas, ne mettez pas de sucreries à la portée des écoliers, ne mangez pas de vache, attention aux volailles, levez vos chaussures, lavez vos mains, ne travaillez pas tout le temps, faites vos achats quand il le faut. L’Etat inspecte et organise les actes de votre vie quotidienne. L’Etat prend aussi les décisions qui orientent votre vie professionnelle et familiale : il choisit l’école, oriente les formations, il vous indique où loger, comment construire (ou ne pas construire), il confisque et divise votre patrimoine, règle vos successions, vos divorces, il vous assure contre le chômage, la vieillesse et la maladie.

Dans toutes ces situations il est fait usage de la coercition publique, indispensable certes pour arrêter et juger les criminels ou pour protéger la nation contre l’agression étrangère, mais qui ne saurait être utilisée pour contrôler la vie privée, au risque de diminuer ou supprimer les libertés individuelles, qui s’envolent en fumée.

Je le sais : en apparence il y a de bonnes raisons pour légitimer l’intervention de l’Etat. Les individus ne seraient-ils pas naturellement portés à oublier la prudence, à négliger leur propre intérêt, mais aussi à refuser la solidarité et à compromettre l’intérêt général ?

S’agissant de la prudence et de l’intérêt personnel, nous sommes dans le domaine du subjectif. Chacun voit midi à sa pendule, et estime à sa façon ce qui est bon pour lui. La liberté de choix est dans la nature de l’homme, elle guide son comportement, et nul ne saurait m’imposer quelque chose qui heurterait ma conscience, mes préférences, mes pensées. Et si je reconnais à une autorité publique, morale ou scientifique le droit de m’éclairer, voire même de me persuader, la décision ultime est de ma responsabilité. Evidemment, je dois assumer la conséquence de mes actes. Si je me suis trompé sur ce qu’était mon intérêt propre, je n’ai pas à faire payer la note de mes erreurs par les autres, elle sera à ma charge.

Ici apparaissent dans le débat la solidarité et l’intérêt général. Dans l’affaire du tabac « fumer nuit gravement à la santé » : cela vous regarde (intérêt personnel). Mais en fumant vous faites fumer les autres (tabagisme passif) et vous coûtez cher à la Sécurité Sociale, donc vos actes sont chargés d’effets externes diffus. Voilà des arguments que je voudrais réfuter ou atténuer.

Je réfuterai l’argument de la « santé publique » car si je n’étais pas obligé de m’« assujettir » à la Sécurité Sociale, je disposerais de la liberté de m’assurer, et les maladies et atteintes liées au tabac ne coûteraient qu’à ma compagnie d’assurance, le contrat qui me lierait à elle prévoirait ou non les risques liés à la tabagie (avec une incidence sur la prime certainement). C’est le système désuet et catastrophique de la Sécurité Sociale qui a rendu les Français solidaires contre leur gré. L’Etat a voulu nous inventer une société sans risque, et le prix à payer en est la servitude.

Reste le problème du tabagisme passif. Il est plus gênant que nocif, puisque suivant les statistiques les plus alarmantes il serait la cause de 2.000 décès par an. Mais il est certain que vivre à proximité de fumeurs peut perturber bien des gens. La contrainte publique est-elle nécessaire pour autant ? Si c’était le cas l’Etat devrait aussi interdire de fumer à la maison. Mais à la maison comme au bureau ou dans un établissement ouvert au public des arrangements et des équipements librement établis peuvent régler la question. De la politesse élémentaire aux aérateurs sophistiqués, la question peut se régler sans le recours à 150.000 fonctionnaires (comme on nous l’annonce !). Si j’étais de mauvaise foi, je pourrais dire aussi que l’on a vécu pendant un bon siècle en s’accommodant du tabac. Je m’empresse d’oublier cet argument, parce que pendant tout ce temps le tabac a beaucoup tué (moins que les guerres ou que les famines sans doute); mais on en connaissait mal les dangers. Aujourd’hui, on dispose d’une information suffisante pour que chacun prenne sa décision en toute connaissance de cause, et puisse aller librement vers une maîtrise de la tabagie. Les individus seraient-ils plus stupides que les hommes de l’Etat et les experts ? Ce qui est haïssable dans l’affaire, c’est qu’on procède par décret, comme si les gens devaient être mis sous tutelle. On commence par la tutelle, on continue par la servitude, on finit par le totalitarisme.

Ces propos et cette thèse ne sont pas ceux d’un libertaire, ou d’un « libertarien » comme on dit en France. Je ne fais pas mien le slogan de 1968 : « Il est interdit d’interdire ». Je répète que la liberté n’est pas l’ignorance des autres, ni le droit de faire n’importe quoi. La liberté implique la responsabilité et le respect de la liberté des autres. Mais le transfert des risques des individus à l’Etat, propre à une société collectiviste, efface tout esprit de responsabilité personnelle et prépare un monde massifié et grégarisé, géré par une élite éclairée. « L’Etat peut tuer » : il faudrait l’écrire sur les feuilles d’impôts.

 

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Au sommaire du n°1312 du 14 mars 2017


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