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Ce livret destiné à des militants libéraux avait deux objectifs : d’une part, rappeler le contenu du contrat que des candidats libéraux devraient passer avec les électeurs, d’autre part, imaginer deux scénarios de l’alternance : la gauche reconduite en 2002 et en 2007, mais devenue libérale, ou la droite au pouvoir en 2002 et pour longtemps. En fait, la droite a gagné en 2002, mais le scénario « Thatcher » n’a jamais fonctionné, et la gauche reprend le pouvoir en 2012 !

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La propriété c’est le vol

« Il ne se dit pas en un siècle une formule aussi éblouissante. Je la tiens pour un trésor plus grand que toute la fortune des Rothschild ».

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DES SDF A L'ELYSEE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 08 Janvier 2007 01:00
 Logement vacant à l'Elysée

Je voudrais contribuer modestement à la campagne de solidarité publique et de promotion des droits de l’homme en explorant une idée  nouvelle : loger des SDF à l’Elysée.

On sait en effet que le Palais présidentiel, avec ses quelques dizaines de milliers de mètres carrés habitables et un hectare de terrain à bâtir des logements sociaux, n’est que très partiellement occupé par ses locataires actuels, d’ailleurs très souvent en déplacement ; en son temps François Mitterrand n’habitait-il pas rue de Bièvres ?

Puisque, aux dires de Monsieur de Villepin (qui a hanté la maison, au point que certains y voient encore son fantôme), l’Etat serait l’ultime responsable du droit au logement, ne serait-il pas normal que la résidence du chef d’Etat soit la première concernée par le grand progrès social qui vient de s’amorcer en France ?

La difficulté de ma solution est ailleurs. Il est dans le choix des SDF qui auront priorité pour occuper l’Elysée.

Peut-il s’agir de SDF courants, de SDF des rues ? Va-t-on installer sous les lambris dorés de la République de vulgaires sans papiers, travailleurs pauvres, malades mentaux ou déviants de toutes sortes ?

La vraie solution est donc de sélectionner des SDF adaptés aux locaux et légitimés à faire valoir leur priorité. Examinant plusieurs critères, j’ai finalement conclu que les SDF qualifiés devraient être des SDF politiquement corrects, c'est-à-dire des SDF au sens strict du terme : Sans Doctrine Fixe. Il n’y aurait pour cela qu’à puiser dans la liste des candidats à la Présidence, ce qui au passage aurait l’avantage d’apaiser la déception de ceux qui auraient été éliminés par le suffrage universel : pas élus président mais tout de même à l’Elysée.

Je suis persuadé qu’il y aurait beaucoup de monde pour se bousculer aux grilles du palais. Nicolas Sarkozy est un champion incontesté du « pragmatisme », ce qui lui permet de rompre sans casser. Ségolène est d’accord avec tout ce qu’elle écoute, mais elle a du mal à entendre la vraie voix (peut-être celle de son maître ?), Bayrou ne voit aucune différence entre la gauche et la droite et le centre, pourvu qu’on vote pour lui, Buffet hésite entre le communisme et l’anti-libéralisme, ce qui est un débat doctrinal intéressant. Ne seraient pas admis sans doute Le Pen, Villiers, Besancenot ou Laguiller, dont le dogmatisme, même assoupli ces derniers mois, résiste à toute épreuve, même celle de la réalité.

Si tous ces SDF n’ont pas de véritable appétit doctrinal, ils sont goulus de démagogie. La fièvre des sans logis s’est emparée du peuple électeur, dûment alerté par des médias en mal d’idées  et par quelques enfants de Don Quichotte qui se battent avec talent contre les moulins de la  propriété privée, le marché et le droit. « La propriété, c’est le vol » : c’est nouveau !

De façon incidente, je voudrais précisément faire remarquer à nos politiciens Sans Doctrine Fixe qu’ils mettent la France dans une situation proche de celle de l’Union Soviétique. Le droit au logement opposable ne constitue en rien une avancée sociale, dont la France aurait à se vanter. C’est au contraire un retour et au collectivisme et au totalitarisme.

Le collectivisme interdit aux individus et aux familles de constituer et conserver un patrimoine, et notamment un logement personnel. Le logement ne saurait être que social, et il est bien normal que la loi Gayssot, baptisée de « rénovation urbaine », ait été l’œuvre d’un ministre communiste ; il est moins normal qu’elle ait été avalisée et promue par Jacques Chirac et Jean Louis Borloo qui ont multiplié les menaces contre les municipalités qui ne se résolvent pas à remplacer les maisons individuelles par des  HLM. A  l’heure  actuelle,  la  plupart  des  candidats  ont  signé  la Charte  de Nicolas Hulot qui, entre autres imbécillités, demande la transformation des villes en grands ensembles collectifs et la fin des résidences pavillonnaires dont tout le monde sait qu’elles gaspillent l’énergie et menacent la planète. L’idée de réquisitionner les logements vacants, devenue consensuelle, nous ramène au bon temps de Vichy et de la libération communiste.

Comme en URSS, c’est la puissance publique qui devrait affecter à chaque famille française le logement dont il a besoin. Le Dol (Droit Opposable au Logement) installe l’Etat au centre d’un dispositif dont les libertés locales sont exclues : les communes vont gérer le droit au logement, mais sous la responsabilité de l’Etat auquel les SDF et les « mal-logés » pourront opposer leur nouveau droit social. Le droit social tue le droit et il faut ignorer totalement ce que sont les droits individuels pour voir dans l’ « opposabilité » un progrès de la liberté. C’est bien au contraire une négation des droits fondamentaux de la personne humaine, puisque désormais les individus ne peuvent vivre sans l’intervention généralisée du pouvoir politique. Le pas décisif est franchi : de l’Etat Providence on passe à l’Etat totalitaire.

Au demeurant, les Français devraient être alertés quand ils entendent le droit au logement hissé au niveau du droit à la santé et à l’éducation. Quand le système hospitalier est en faillite, qu’il n’y a plus moyen de se faire soigner faute de praticiens mais aussi faute d’argent, quand l’Education Nationale produit des ignorants, des asociaux, et gaspille la jeunesse, on peut s’inquiéter de voir à son tour le logement basculer dans la logique politique, bureaucratique, et collectiviste.

Inutile aussi de préciser que le totalitarisme a un coût financier. Les logements sociaux sont les pires en matière de rapport qualité-prix, et ne peuvent survivre qu’à coup d’aides publiques, ce qui fait autant d’impôts nouveaux, de gaspillages et de passe-droits.

Je suis donc finalement inquiet de voir les SDF à l’assaut de l’Elysée. Il est vrai que le locataire actuel pourrait recourir à la force publique pour ne pas être expulsé comme un vulgaire propriétaire. On en parle… Lui, au moins, n’a pas de doctrine fixe, c’est prouvé.

 

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