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Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

En 2007, l’ALEPS décide douze thinks-tanks libéraux français à proposer en commun un « Guide du candidat ». Six chapitres s’adressent respectivement au chômeur, au contribuable, à l’assuré social, à l’écolier, au citoyen et à l’Européen. Une grille permet de noter  les programmes des divers candidats. Sur 180 points théoriques, le premier est arrivé à 80 points, et Ségolène Royal à 5. On savait déjà que Nicolas Sarkozy ne serait pas libéral.
 

63 pages, gratuit

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La route de la servitude

En décembre 1943 Hayek écrit à Londres un ouvrage qui porte ce titre. En 1945, ce livre lui vaudra la célébrité :

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AFTER SHAVE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 04 Décembre 2006 01:00
 La coupure tranquille

Pour Nicolas SARKOZY, la phase du rasage est terminée. Il y pensait chaque matin depuis des mois en se lissant le cuir : il est candidat !

C’est maintenant que les choses se compliquent, et il doit choisir avec soin son after shave. Les électeurs, et les électrices, sont sensibles aux effluves électorales, et il ne faut pas confondre l’Eau Sauvage de Dior chère aux libéraux avec les flacons de bazar vendus dans les rayons socialistes.

Sans doute le candidat lui-même est-il encore indécis. Sans cela, comment comprendre qu’il se soit prononcé simultanément pour la baisse des impôts, la suppression des droits de succession, la révision des 35 heures, la liberté scolaire, voire même contre le mariage gay et l’avortement – ce qui le classe plutôt du côté des conservateurs et libéraux – et pour le droit au logement, la discrimination positive, le patriotisme économique – ce qui respire plutôt la gauche. Comment comprendre qu’il aille à la pêche aux voix à Alger et déclare la colonisation « injuste », alors qu’il passe pour un raciste dans les banlieues, et qu’il veut rendre hommage à ceux qui ont défendu l’honneur de la France en Algérie ?

Je ne veux pas croire que cet apparent désordre soit le fruit d’un calcul électoral, car l’algèbre élémentaire nous apprend que si l’on ajoute 100.000 voix de beurs pour perdre 100.000 voix de pieds-noirs, le résultat est nul, et si l’on perd 500.000 voix de contribuables pour faire plaisir à 1.000.000 de sans logis et sans papiers, le résultat est négatif. Cette arithmétique, Nicolas SARKOZY la connaît certainement mieux que moi.

Non : je vois son attitude actuelle comme celle que l’on peut avoir devant sa glace, quand on a fini de se raser, que l’on choisit son after shave en fonction des gens que l’on doit rencontrer peu après. Dans cet exercice, Nicolas est handicapé, parce qu’il se défend d’être « idéologue », il ne peut donc pas se référer à une doctrine. Voilà qui doit réjouir post mortem Michel Debré qui affirmait « La doctrine du gaullisme, c’est de ne pas en avoir ». Nicolas SARKOZY, en écho, a confessé : « Je ne me lève pas tous les jours en pensant à Margaret THATCHER ou à HAYEK ».

Il me reste, il nous reste, cinq gros mois pour libérer Nicolas SARKOZY d’une idée – ou d’une absence d’idéologie – qui peut lui coûter cher.

Elle peut lui coûter toutes les voix des « idéologues », de ceux qui ont une doctrine, parce qu’ils pensent qu’on doit ordonner sa vie à un certain nombre de lois de l’économie et de la société, et à des valeurs morales et spirituelles. Ils ne sont peut-être pas nombreux, mais leur position peut faire pencher la balance, comme cela s’est vu au moment du vote sur le projet constitutionnel l’an dernier. Personnellement je suis un homme de doctrine, un idéologue.

Elle peut, plus largement encore, lui coûter les voix des jeunes, de ceux qui ont besoin d’un espoir, d’une vision pour l’avenir. Ils sont capables de s’enthousiasmer, c’est de leur âge, mais c’est aussi de leur âge d’être exigeants, et d’attendre un vrai message pour eux.

Elle peut, dans une bonne proportion, lui coûter toutes les voix des déçus de la politique, des habitués des votes négatifs, des abstentionnistes, qui ne se tromperont pas aux fausses ruptures, aux contorsions, aux effets d’annonce.

Je voudrais éviter à Nicolas SARKOZY de perdre toutes ces voix. J’ai lu et écouté avec attention ses discours au jour de sa déclaration de candidature. Aucune surprise majeure, mais la confirmation d’un grand talent de communication, fait d’un mélange de spontanéité et de précision. J’ai apprécié quelques-unes de ses tirades sur le travail, la famille, la confiance, le respect. « Je ne me reconnais pas dans l’égalitarisme » : dans le pays de France il est courageux de prononcer une phrase comme celle-là, de faire l’apologie de la réussite, de l’argent bien  gagné,  du  patrimoine  bien  géré,  de  la spoliation fiscale. Quand il dit qu’il veut une société avec plus de fluidité, il évoque implicitement une société de marché, où les gens acceptent la diversité et le changement parce qu’ils sont imbriqués dans un réseau de contrats, de services mutuels, d’obligations réciproques.
Mais j’ai moins apprécié la longue liste des aides que l’Etat, sous l’impulsion du futur Président de la République devrait être amené à apporter aux Français et immigrés en bas de l’échelle : aide au crédit, à l’accession à la propriété, aux heures supplémentaires, à la formation, etc. Passer de l’Etat gérant à l’Etat garant, c’est toujours rester dans l’Etat. Où est la miraculeuse source d’argent qui permet de financer toutes ces nouvelles couvertures sociales ?

C’est dire qu’en mettant de l’ordre dans ses idées, et en acceptant de trouver un fil conducteur autre que « la rupture tranquille », Nicolas SARKOZY pourrait faire des progrès appréciables. Mais nous sommes pour l’instant loin du compte, et il va falloir gommer un certain nombre d’erreurs et combler un certain nombre de vides (repérables aussi dans le programme de l’UMP).

D’ailleurs, fidèle à la ligne de conduite qu’ils se sont fixés, il n’est pas dans l’intention de la plupart des libéraux de s’intéresser à un candidat et un seul. D’autres pourront bénéficier de nos critiques et de nos conseils, et prendre connaissance de nos doléances et suggestions.

Notre cahier de doléances a été écrit ; il s’appelle, vous le savez, le « guide du candidat ». Je ne saurais trop conseiller aux candidats, et à Nicolas SARKOZY en particulier, de suivre le guide. S’il n’aime pas les idéologies, il aime peut-être les « feuilles de route » - expression à la mode. La première démarche à attendre d’un  candidat est de nous dire où il veut aller, mais pas seulement en désignant quelque vague point d’un horizon lointain, mais en nous donnant des précisions et des détails concrets sur le chemin et ses étapes.

Ce qui est important, c’est donc ce qui va se dire pendant les cinq mois à venir, ce que nous allons dire nous-mêmes, aussi bien que ce que nous allons entendre en réponse à nos démarches pressantes.  Pour l’instant on rase gratis. Demain viendra l’après rasage.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1333 du 12 septembre 2017


Editorial : Pourquoi les Français n’aiment pas les réformes

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