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Le chômage est un scandale doublement public. D’une part, il n’a pour origines que des initiatives publiques : politiques budgétaires, monétaires, droit social. D’autre part, il est scandaleux d’avoir tant de chômeurs alors que la science économique donne une réponse claire au défi du chômage . « On a tout essayé contre le chô-mage » disent les gouvernants. Tout, sauf ce qui marche… En 1996 déjà un colloque tenu à Paris par des économistes de renom mondial rappelait cette évidence.

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L’intérêt général, fruit des intérêts personnels

Turgot partage sans doute avec Adam Smith la paternité de la science économique ; contemporains, les deux hommes n’ont cessé de correspondre et de s’influencer mutuellement. Puisque l’économie se ramène au jeu de l’échange, les divers acteurs de la production y recherchent leur intérêt personnel. Les conflits d’intérêts sont naturels, mais ils se règlent harmonieusement par le contrat. Par contraste vouloir établir d’en haut un intérêt général et recourir à la puissance publique pour l’imposer ne fait que contrarier les intérêts des uns pour mieux servir les intérêts des autres. C’est en cela que les procédures marchandes sont supérieures aux administrations politiques.

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AUTO-CRITIQUE DES LIBERAUX PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 13 Novembre 2006 01:00
 Nihilisme

Je me suis évadé quelques jours de la France et de son climat stimulant pour rejoindre l’aréopage des intellectuels libéraux du monde entier appartenant à la Société du Mont Pèlerin réunis à Guatemala City, dans le cadre de la plus grande université privée au monde, Francisco Maroquin.

Sur le thème des défis que le XXIème siècle lance au libéralisme, cinq cents participants ont réfléchi à la meilleure façon de mettre les esprits en accord avec les faits.

Les faits, ce sont la mondialisation, le libre échange, mais aussi les réactions qu’ils suscitent, ce sont les fanatismes religieux et nationalistes qui agitent la planète. Les esprits ne sont pas encore adaptés, les gens ne connaissent pas le mode d’emploi d’un nouveau monde marqué par une économie universelle et concurrentielle, par des techniques qui ignorent les frontières, par la découverte de la diversité culturelle.

Pire encore : le passéisme, le « post-modernisme », le nihilisme brillent de mille feux. On voit la séduction exercée par les ennemis du nouveau monde, les nostalgiques du planisme, du nationalisme, les romantiques de la lutte des classes et des goulags. Le développement durable fait recette, les anti-et alter-mondialistes constituent une internationale efficace, les groupes de pression, syndicats et corporations défendent leurs privilèges, leurs droits acquis au détriment des autres. Les plus modérés parlent au moins d’organiser la concurrence, d’harmoniser les réglementations et les prélèvements, et de doter la planète d’un gouvernement mondial pour maîtriser ou limiter la loi du marché.

Les intellectuels libéraux ont-ils quelque responsabilité dans l’affaire ? Nous nous sommes sincèrement posé la question. Certes nous avons gagné la bataille des idées. Mais avons-nous pour autant su dépasser le cercle restreint des universitaires, des savants, de quelques chefs d’entreprises, et de politiciens et de journalistes (en nombre encore plus restreint) ? Certes nous avons fait école, et de remarquables personnalités ont mené leur pays vers les réformes profondes dont ils avaient besoin.

Mais il y avait, et il y a toujours, une attente de la part de tous ceux qui entrent en ce nouveau monde : vont-ils y trouver l’occasion d’améliorer leur sort ? De quoi demain sera-t-il fait ? Va-t-on vers l’harmonie ou le chaos ? Va-t-on éviter le choc des civilisations ? Ces questions agitent par priorité et à juste titre les plus jeunes, mais aussi tous les déçus de la transition. Les libéraux ont-ils apporté les réponses claires et concrètes ?

Comme les débats à Guatemala City l’ont montré, nous avons une tendance naturelle à nous situer sur le terrain qui nous est familier : la supériorité incontestable des résultats obtenus par les pays qui respectent l’état de droit, en particulier qui reconnaissent et protègent les droits de propriété, ce qui implique un Etat limité à cette fonction grâce à des dispositions et des pratiques constitutionnelles adéquates. En d’autres termes nous invitons nos contemporains à juger du monde nouveau sur le terrain de l’efficacité.

Or ce n’est pas sur ce seul terrain qu’ils attendent des réponses. Les Français savent pertinemment que le chômage, les prélèvements obligatoires, la dette publique, atteignent chez eux des chiffres records, mais ce n’est pas suffisant pour leur faire comprendre en quoi la solution libérale est souhaitable ; la pensée unique a même réussi à les persuader de mettre tous ces records au passif de l’ «ultra-libéralisme ». Au passif de l’ultra-libéralisme également les émeutes, la poussée de l’Islam extrême, l’échec scolaire, la « fracture sociale ».

Alors comment faire ? Il est nettement apparu, au fil des sessions, que les libéraux devraient avoir désormais pour mission prioritaire de faire nettement apparaître la dimension éthique du libéralisme.

 

 

 

Avec la liberté, ce que nous proposons c’est la dignité de la personne humaine, la chance des plus pauvres et des plus humbles de développer leurs talents et d’améliorer leur sort et celui de leur famille, et l’occasion pour tous de progresser en apportant à la communauté les services dont elle a besoin grâce à l’échange. Le droit de propriété ? Pas un privilège, mais une reconnaissance pour l’activité créatrice, un encouragement à innover, une justice rendue au mérite. La concurrence ? Pas un combat, mais une façon de mieux servir les autres, une obligation de se soumettre à la réalité. L’Etat ? Pas un souverain, ni un législateur, ni un entrepreneur, mais un ultime recours à la coercition quand tous les autres moyens ont été épuisés pour faire respecter les droits individuels.

Les libéraux ont proclamé pendant des années que le capitalisme était juste parce qu’il était efficace : les performances réalisées permettent de donner espoir aux plus démunis. Il est temps de dire toute la vérité : le capitalisme est efficace parce qu’il est juste. La noblesse de la cause de la liberté n’est pas dans l’égalisation des revenus, mais dans l’égalité en dignité. Et des hommes dignes, libres et responsables sont capables de libérer tout le potentiel d’humanité qu’ils possèdent, tous les talents nécessaires pour créer et servir. Le libéralisme est avant tout un humanisme.

Ce débat ne concerne pas seulement cinq cents intellectuels réunis à l’autre bout du monde. Il est d’une permanence et d’une actualité que nous ressentons bien en France. Ceux qui se présentent sous les couleurs du libéralisme, ceux qui font profession de libéraux, doivent se persuader que l’échec des idées de la liberté dans notre pays tient peut-être à l’omission fatale de la dimension éthique et spirituelle de notre doctrine. Seules une vision de l’homme, une conception de l’harmonie sociale peuvent changer les mentalités de ce pays. Nous devrions nous y employer au lieu de poser le problème en termes éternels de gauche-droite, une distinction d’autant plus ridicule que gauche et droite sont communément étatistes. Ici même je m’emploie, avec quelques fidèles, à parler de l’éthique de la liberté. Je souhaite que d’autres, venus d’horizons divers, s’y emploient aussi.

 

 

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1340 du 8 novembre 2017

Editorial : Harcèlement : plan d’urgence ou profonde conversion ?
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Connaissance du libéralisme :
La dévolution des biens matériels
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