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A QUAND LE VRAI DEBAT ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 23 Octobre 2006 01:00
 Politique Academy

Nous avons eu droit à ce spectacle très bien monté : les trois candidats socialistes ont fait leur numéro, suivant un protocole a priori ridicule mais finalement très bien reçu par l’opinion publique.

C’est maintenant la droite qui est en position d’infériorité. On va lui reprocher d’avoir manqué de courtoisie et de clarté à l’égard de l’électorat puisqu’elle réserve ses débats internes au cercle des élus, ne laissant transpirer que quelques phrases assassines qui ne sont plus amusantes pour personne.

Certes, comme il fallait s’y attendre, les socialistes, n’ayant rien appris, ne nous ont rien appris. L’élégant et richissime FABIUS se prenant pour BESANCENOT et LAGUILLER, le technocrate STRAUSS-KAHN calé sur une sociale démocratie poussiéreuse et la Ségolène disant rien et le contraire de rien mais avec un look tellement naturel !

En fin de compte, nous, les électeurs, sommes soumis à un régime vraiment sévère : ou bien il y a un débat public, étalant la nullité de la classe politique au grand jour, ou bien on fait l’impasse sur le débat interne, et on nous demande un chèque en blanc pour le candidat que ces messieurs-dames de l’UMP voudront bien nous proposer.

Qu’il n’y ait pas de méprise : je ne fais pas l’article pour des candidats venus d’ailleurs, je dis qu’ils ont au moins l’avantage de nous faire connaître leurs idées – fussent-elles aussi médiocres que celles des socialistes.

La grande habileté des socialistes aura malgré tout consisté à comprendre que les Français veulent un débat. C’est bien normal à quelques mois d’une élection dont tout le monde sait qu’elle sera à la fois serrée et décisive.

Mais la deuxième habileté aura été d’organiser un débat qui masque les vrais problèmes du pays, qui nous conduit dans le monde des slogans et de la démagogie, que nous subissons depuis un demi-siècle au moins.

Ecoutons nos socialistes mais aussi toute la classe politiquement correcte :

Le chômage et les 35 heures : émission brouillée, puisque personne ne veut les supprimer.

Avenir des retraites : silence radio.

Prélèvements obligatoires : indécent d’en parler. Le groupe des réformateurs, pourtant réputé libéral, a annoncé qu’il ne s’intéressait pas pour l’instant, à la baisse des impôts.

Finalement, ne parlons pas de ce qui fâche, de ce qui désespère. Billancourt, les syndicats, les lycéens, les cheminots et les gaziers, les paysans, … Bref, la campagne semble s’ouvrir sous le signe du convenu, du politiquement correct. La France s’enlise, économiquement, socialement mais la gauche veut poursuivre dans la voie qu’elle a tracée depuis 1974, et dont les stigmates sont visibles malgré et sans doute à cause de l’ère Chirac. Et la droite est incapable d’amorcer une vraie rupture, parce qu’elle lui fait peur. Elle croit ménager un électorat centriste voire gauchiste en prônant un libéralisme « social », voire en se défendant d’être libéral. Mais elle nourrit le doute dans l’esprit de l’électorat libéral, qu’elle finira bien par perdre.

Un débat, une campagne se doit d’être lisible. Sans quoi le risque d’abstention ou de vote rejet est grand.

J’ai pris, avec un grand nombre d’amis de la société civile, l’initiative de concevoir un guide du candidat. Pour munir électeurs et futurs élus d’une boussole. Elle indique le Nord des réformes. Le guide est déjà entre les mains de certains candidats, il sera offert au grand public avant la fin du mois de novembre. Suffisamment à temps pour que nous puissions poser les vraies questions, évoquer les vraies réformes et entendre les réactions et les réponses de la classe politique. Le débat ne se réduit pas à un spectacle, c’est une réflexion pour éclairer des choix responsables.

 

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Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


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