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PHELPS IGNORANCE OU DESINFORMATION ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 16 Octobre 2006 01:00
 Phelps

Edmund Phelps, vous connaissez ? Peut-être pas, sachez donc que c’est le lauréat du prix Nobel de Sciences Economiques décerné cette semaine. La façon dont cet économiste a été présenté par les médias de gauche vaut son pesant de dynamite. Allons-y graduellement...

Le Monde titre « L’académie Nobel distingue les travaux de l’économiste néokeynésien Edmond Phelps ». Pour un article rédigé par Jean Paul FITOUSSI qui, sur un ton mondain et dans un vocabulaire abscons, ne nous apprend rien du « néokeynésien » sinon qu’il était en avance sur son temps et qu’il avait tout découvert avant tous les autres (y compris ce pauvre Milton Friedman, qui serait tombé par hasard un an plus tard sur l’idée d’un « taux naturel de chômage »).

Libération se devait d’aller plus loin. « Edmund Phelps, un Nobel qui a bataillé contre le CPE ! » sous la plume de Christian LOSSON. A la lecture on s’aperçoit que cette phrase est la simple opinion de Monsieur LOSSON, car le professeur Phelps doit totalement ignorer ce qu’est le CPE. Mais on n’est pas au bout du compte. Voici que Christian LOSSON rapporte quelques opinions : celle de Jacques GENEREUX (« Un économiste orthodoxe a viré néokeynésien au fil de ces années en bossant sur les imperfections des marchés »), celle du grand savant du Parti Socialiste, Thomas PIKETTY (« Il a toujours été proche des thèses keynésiennes qu’il a rénovées »), et enfin d’Olivier BLANCHARD présenté comme Professeur au MIT (« profondément attaché à l’idée d’un monde meilleur, plus à gauche que d’autres économistes, mais qui refuse le slogan »).

On n’est jamais trahi que par les siens. Voici que ce prix Nobel, le 10 octobre, jour même de sa distinction, ce keynésien ou néokeynésien de gauche qui a apparemment conquis et régalé ses amis du Monde et de Libé, s’amuse à écrire à la une du Wall Street Journal un article qui pourrait sortir de la Nouvelle Lettre. « Dynamic Capitalism : Entrepreneurship is lucrative and just ». Je donne le titre en anglais, pour ne pas trahir la pensée de l’auteur, car l’essentiel du papier est dans ce titre. Phelps explique qu’il y a deux formes de capitalisme, celui qui a cours aux Etats-Unis, et dans les pays qui adoptent ce que l’on appelle « le modèle anglo-saxon », et celui que certains pays européens, dont l’Allemagne et la France (nommément) ont voulu instaurer en le mâtinant de socialisme, qu’on l’ appelle économie sociale de marché, sociale démocratie ou concertation.

Voici maintenant que le néo-keynésien se coule dans le moule d’un néo-hayekien : « Friedrich HAYEK, à la fin des années 1930 et au début des années 1940, a introduit la théorie moderne démontrant comment un système capitaliste, à condition qu’il soit assez pur, conduit à un dynamisme le plus grand possible – ce qui est exclu pour le socialisme ou le corporatisme ».

Le sommet de la trahison est atteint par Phelps lorsqu’il affirme que l’Europe court à sa perte parce que l’on y refuse l’esprit d’entreprise, qui est à la base de toute innovation. L’Europe s’est enfermée dans le corporatisme et le dialogue social stérile. L’Etat Providence casse le dynamisme de l’économie. Aussi sûrement que l’inflation n’a jamais résorbé le chômage : Phelps a été l’un des premiers à dégonfler la baudruche keynésienne de la « courbe de Phillips » qui légitimait une politique de relance monétaire pour accéder au plein emploi ; à partir de 1970 il est évident que ce sont les pays les plus inflationnistes qui ont le plus de chômeurs, à l’opposé de ce que  pronostiquaient les keynésiens.

Quant à la France, Phelps fait une comparaison peu flatteuse avec les Etats-Unis. Il parle de l’échec d’Airbus, qu’il attribue à l’absence de surveillance par les actionnaires, alors qu’aux Etats-Unis les directeurs sont sans cesse sous le regard de la Bourse. Il dit que notre pays vaut mieux que ses politiques économiques.

Enfin, suprême scandale pour un « homme de gauche », il a le front d’affirmer que la libre entreprise et le capitalisme vont dans le sens de la justice sociale, même si on l’entend au sens de Rawls (comme une situation dans laquelle ceux qui sont « défavorisés » sont les plus grands bénéficiaires de la croissance). Il pense que la meilleure façon de relever les bas salaires est de laisser aux entrepreneurs le soin d’offrir à leur personnel des occasions de progresser, de se qualifier, et il est plutôt en faveur d’une politique de hauts salaires (avec éventuellement une subvention pour ceux qui la pratiquent – ce qui, en effet, n’est pas tout à fait libéral).

Vous pouvez lire avec attention cet article sur le site du Wall Street Journal, nous en donnerons une traduction sur notre propre site www.libres.org. Mais vous aurez peut-être également lu le compte rendu objectif donné par Jean Pierre Robin dans les pages saumon du Figaro, qui reprend quelques bonnes citations du Professeur Phelps, condamnant les conventions collectives et le salaire minimum « qui aboutissent à exclure de l’emploi les moins qualifiés ».

Maintenant je pose la question : les grossières erreurs commises par les médias et les intellectuels de gauche procèdent-elles de l’ignorance ou de la propagande ? Dans tous les cas, elles sont inexcusables. Mais nous sommes réellement en face d’un véritable terrorisme intellectuel, à base de désinformation systématique. Les procédés utilisés en l’occurrence sont infâmes et déshonorent ceux qui les emploient. Ce sont malheureusement les mêmes qui enseignent à notre jeunesse, et qui ont l’oreille des hommes politiques de tous bords. Ignorants ou fanatiques ? Peut-être les deux.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


Editorial : La Reconquête

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