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Les études d’ingénieur de Léon Walras l’ont conduit à rêver d’une science économique qui serait plus rigoureuse, parce qu’elle utiliserait un langage mathématique. Comme Jevons, Walras utilise le principe du « calcul à la marge » pour expliquer la logique des choix individuels.

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137.000 AMENDEMENTS PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 11 Septembre 2006 01:00
 Gaz

Les députés socialistes et communistes ont déposé plus de 137.000 amendements au projet de loi sur le statut de Gaz de France. On pourrait voir dans l’affaire un nouvel amusement de la classe politicienne et une nouvelle manifestation de la mauvaise foi des parlementaires de gauche : pas de quoi retenir notre attention.

J’y vois cependant un signe triplement révélateur : d’un dysfonctionnement constitutionnel, de l’insanité d’une politique industrielle, de l’archaïsme de la gauche française. Voilà qui devrait appeler des changements en profondeur dans nos institutions et nos mentalités.

La constitution de la Vème République est à bout de souffle, faute d’avoir su trouver la bonne organisation des pouvoirs. Le retrait du CPE a démontré qu’on ne savait pas où était le siège de l’exécutif : à l’Elysée, à Matignon, ou plus sûrement dans la rue ? Mais le législatif est aussi en piteux état. L’affaire des amendements est paradoxalement une nouvelle preuve de l’impuissance de l’Assemblée. Les députés peuvent toujours laisser croire qu’ils servent à quelque chose, mais on sait très bien que tout cela se terminera par un beau 49-3 ou une motion de censure : le gouvernement imposera un vote bloqué et les députés iront se rhabiller – comme d’habitude depuis 1958. Comment imaginer en effet débattre de 137.000 amendements, dont chacun donne 5 minutes de parole à son auteur ? Le calcul a été fait : il faudrait 6 ans du calendrier parlementaire !

Un autre vice de notre constitution, lié d’ailleurs au précédent, est la confusion croissante entre ce qui relève de la loi et ce qui devrait relever soit du règlement soit de la pure gestion – administrative ou marchande. Les parlementaires sont soumis à un rythme démentiel, de sorte qu’ils ne peuvent réellement débattre de rien, et pour cause : le gouvernement leur demande d’avaliser des textes qui n’ont aucune caractéristique de la loi. Une loi devrait être générale, intemporelle et certaine. Ici on débat d’un texte de pure circonstance, concernant une entreprise particulière et destiné à changer radicalement sous la pression des réalités économiques. Le vice-président du Conseil d’Etat, Monsieur Denoix de Saint Marc, a récemment dénoncé cette confusion des genres et cette accumulation de lois qui n’en sont pas.

L’inflation législative n’a d’autre origine que l’impérialisme de l’Etat. Une discussion sur le statut de Gaz de France a-t-elle sa place au Palais Bourbon ? Les députés sont-ils élus pour concevoir et légaliser une politique industrielle, au demeurant définie dans ses moindres détails par le gouvernement ? Dans un dernier sursaut de souverainisme, et avec l’alibi de la « crise de l’énergie » les gouvernements européens glissent vers le « patriotisme économique » qui n’est que le masque d’un protectionnisme suranné mais dangereux. La fusion avec Suez n’a été conçue que pour barrer la route aux Italiens, qui eux-mêmes remettent en cause l’acquisition de leurs banques par les Hollandais, tandis que les Espagnols tentent de bloquer les Allemands, et les Américains les gens du Golfe, etc. L’énergie est pain bénit pour les hommes de l’Etat, comme si la seule solution n’était pas dans la régulation par le marché, qui traduit en variations de prix les fluctuations de l’offre et de la demande et permet de découvrir les meilleures solutions à la rareté.

En France le débat sur l’énergie se double d’un débat sur le concept de service public. C’est la maladie de la gauche, mais elle est contagieuse. J’ai entendu mon éminent collègue DSK expliquer que l’énergie est mieux gérée par une entreprise publique,  parce  que  seuls  seraient  dangereux  les monopoles privés, incontrôlés, tandis que les monopoles publics défendraient les intérêts des consommateurs. En réalité, la vigueur avec laquelle on défend en France les services publics s’explique avant tout par le désir de protéger d’une part le statut privilégié du personnel (mais sur ce point le gouvernement actuel apporte toutes garanties !) et d’autre part la puissance politique et financière des syndicats qui seraient promis à la désintégration si n’existait pas le secteur public. Cette dernière raison est en fait la première dans tous les esprits. L’opposition à la privatisation n’est qu’un prétexte pour conserver une force de dissuasion et de persuasion entre les mains des leaders syndicaux rejetés par le monde du travail mais encensés par le monde de la politique et des médias. Il n’y a pas pires conservateurs que ceux qui se présentent comme les bâtisseurs d’une nouvelle société ; ils n’ont aucun intérêt à ce que la France évolue dans le sens de la concurrence, de la compétitivité, du progrès social et du pouvoir d’achat,  puisque le prix à payer est la réduction de l’Etat et du secteur public. Malheureusement il existe aussi des étatistes et des inconditionnels du service public dans les rangs de la majorité actuelle, de sorte que le monde syndical sera rassuré : on ne touchera à Gaz de France qu’avec une main tremblante.

Voilà de parfaits anachronismes, voilà une fois de plus l’exception française à l’œuvre, mais l’initiative retardatrice des politiciens et syndicalistes n’y fera rien : tout va pousser la France vers les réformes jusqu’ici rejetées, retardées, ou feutrées. La liste de ces réformes, tant sur le plan constitutionnel que sur le plan de la politique économique ou sur le plan de la place de l’Etat et des services publics, se trouve présentée et expliquée dans le Guide du Candidat bien sûr, mais aussi dans les propos de tous ceux qui veulent enfin mettre le pays à l’heure de la mondialisation, tout en restaurant l’harmonie nationale aujourd’hui disparue.

Cette liste ne comprend pas 137.000 mesures, mais une mesure majeure : faites la liberté, la liberté fera le reste.

 

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Au sommaire du n°1312 du 14 mars 2017


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