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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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Socialiste et  macro-économiste

Issu de Cambridge et élève d’Alfred Marshall, John Meynard Keynes emprunte aux marginalistes les concepts d’équilibre général et de courte période. Mais il appartient aussi à la Société Fabienne, qui regroupe les socialistes réformateurs anglais. A ce titre, il ne croit pas aux vertus habituellement prêtées à l’économie de marché par ses prédécesseurs néo-classiques.

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LA SECESSION DU MONTENEGRO PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 05 Juin 2006 01:00
 Montenegro

Les habitants du Montenegro ont choisi l’indépendance, ils ont refusé d’associer plus longtemps leur sort à celui de la Serbie. Cette nouvelle a bien été diffusée mais on n’a sans doute pas tiré tous les enseignements de l’évènement, de la façon dont il s’est produit mais aussi des conséquences que cela pourrait avoir pour le futur européen. Je vous propose d’y revenir.

Les Monténégrins étaient invités à se prononcer par referendum le 21 mai dernier : oui ou non voulaient-ils être indépendants ? Comme le Monténégro est peuplé d’une majorité de Serbes, le gouvernement de Belgrade pensait jouer sur du velours, d’autant qu’il avait été précisé que l’importance de la question nécessitait une majorité qualifiée : plus de 55% des votants et plus de 25% des inscrits devaient se prononcer en faveur de l’indépendance. Il se trouve que les non-Serbes, toutes minorités confondues, ont évidemment choisi la sécession, mais que beaucoup de Serbes aussi ont voulu rompre avec le centralisme socialiste hérité de la Yougoslavie. Après les Slovènes, les Croates, les Bosniaques, les Macédoniens, pourquoi pas eux ? C’en est donc fini de l’histoire de cet Etat stupidement créé en 1919, qui n’a eu de consistance que sous la férule du communisme et de Tito. Podgorica sera donc désormais une nouvelle capitale de l’Europe des Balkans, et c’est plutôt une promesse d’apaisement dans cette région divisée par l’histoire, la religion et la politique. Ce qui a soudé les opposants à Belgrade, c’est la perspective d’entrée dans l’Union Européenne, c’est la  volonté d’une ouverture économique et d’un développement rapide par intégration dans le marché européen.

J’en tire volontiers deux conclusions. La première, c’est que le projet économique est davantage fédérateur que les arrangements politiques – et l’Europe des Six a démarré sur ces mêmes bases, amenant Français et Allemands à vivre ensemble grâce au commerce et à l’industrie. La deuxième c’est que le droit de sécession est une riche idée, que l’on aurait peut-être intérêt à étendre dans toutes ces régions d’Europe où le joug d’un Etat centralisateur arbitraire est devenu insupportable. Cela vaut pour les pays de la CEI, que la Russie entend maintenant recoloniser, ce dont ne veulent ni les Ukrainiens, ni les Géorgiens, ni même les Biélorusses. Mais cela pourrait aussi convenir à tous les Européens lassés par le jacobinisme ! En d’autres termes l’Europe des Nations n’a peut-être pas le même dessin que l’Europe des Etats. En Italie, Belgique et Espagne la voie d’une large autonomie régionale est maintenant ouverte, peut-être va-t-on y venir un jour en France…

Mais la sécession du Monténégro pose aussi le problème du futur européen. Car les Monténégrins n’ont certainement pas voulu échapper à Belgrade pour être gouvernés depuis Bruxelles. Voici un peuple de plus qui n’entre pas dans le projet Giscard.

Nous voici une fois de plus confrontés à l’incertain européen - ce sera l’objet de notre Université d’Eté de la Nouvelle Economie à Aix en Provence, du 27 au 30 août prochain. Au cours des mois à venir, le futur européen peut osciller entre trois scénarios : la victoire du constructivisme à l’arraché, les aléas d’un scepticisme prolongé, la route de la raison et de la libération.

Le scénario constructiviste est celui que soutient avec un ensemble touchant l’UMPS, cette union des oui de droite et de gauche. C’est la grande idée de Jacques CHIRAC, unissant les gens de sa majorité (dont certains, il est vrai, traînent les pieds) et de la majorité du Parti Socialiste. Il s’agit en effet de construire une Europe socialiste, bureaucratique, planifiée, harmonisée : toutes les vertus d’un jacobinisme européen. Evidemment le projet ne peut aboutir que si l’Allemagne se  mobilise en sa faveur. Mais il n’est pas dit qu’il en soit ainsi, et la France étant devenue le maillon faible de l’Europe les chances d’une reprise de la construction politique européenne sont minces. Le forcing élyséen ne peut produire des miracles.

Le scénario du scepticisme est plus réaliste. Plus personne ne croyant au rêve d’une unification politique de l’Europe, les affaires du continent sont gérées au jour le jour, en fonction des vents contraires. Le vent du Parlement continue évidemment à souffler vers un renforcement des pouvoirs centraux. On l’a vu à l’occasion de l’enterrement définitif de la circulaire Bolkestein, qui marque aussi la fin  du principe « du pays d’origine », et la condamnation du « dumping » fiscal et social. Mais pendant le même temps, certains Commissaires continuent à mener une lutte contre les subventions, les protections, et la concurrence déloyale faite par les monopoles publics (notamment en France). Le vent de la mondialisation pousse également dans le sens des privatisations et de l’ouverture. Le marché pourrait bien finir par l’emporter, il peut s’accommoder du désordre politique, et les Européens ne s’en trouveraient que mieux : le risque d’harmonisation forcée serait diminué, pour le plus grand bien des contribuables, des entrepreneurs et des candidats à l’emploi.

Reste enfin le scénario de la libération. C’est celui qu’exigerait la raison économique. Il supposerait le renoncement à toute organisation politique de l’Europe, réduite à n’être qu’un « grand marché », ce qui désole évidemment «étatistes », souverainistes et socialistes. Mais, je le répète, l’échange marchand et l’ouverture aux autres sont les seuls gages d’une paix durable, d’un « développement durable » des économies européennes. Or le Monténégro pourrait se rallier à ce noyau de peuples qui veulent faire de l’Europe un espace plutôt qu’un pouvoir : Tchèques, Baltes, Hongrois, Bulgares, etc. La question turque serait réglée du même coup. On pourrait enfin passer aux choses sérieuses en Europe : diminuer le poids exagéré des Etats et de leurs administrations publiques, élargir l’état de droit, donner aux jeunes l’espoir et l’esprit de la compréhension entre nations, écarter le spectre du choc des cultures pour aller vers une civilisation retrouvée. Et pourquoi pas ?

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1343 du 29 novembre 2017

Editorial : Le doux commerce
Actualité
:
Le libéralisme est libéral - La grande cause du quinquennat - Agir : Les constructifs se détruisent
- La leçon africaine d’Emmanuel Macrons
Connaissance du libéralisme :
Liberté et Propriété, la synthèse 
Lu pour Vous :
Assemblée Générale 2017 de l’ALEPS - Hervé Novelli lauréat du Prix Renaissance de l’économie


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