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D’Aristote à René Girard, ils ont abordé les thèmes de l’éternel humain : la nature de l’homme, son destin, sa conscience, la liberté, le pouvoir, la religion, la vie, la vérité, etc. Dans une société où le paraître l’emporte largement sur l’être, se rapprocher des philosophes nous aide à retrouver ce qui importe à long terme, ce qui est le fond de notre humanité et ce qui donne valeur à notre liberté.

64 pages, 30 portraits, 5€

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La crise est inéluctable

A la différence d’Adam Smith et Turgot qui pensaient que l’activité économique apporte le progrès en permanence, grâce à des adaptations permanentes voulues par le marché, Malthus estime que la crise est inéluctable dans un pays industrialisé.

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DECODER DA VINCI PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 22 Mai 2006 01:00
 Révélation...

Puisque c’est le sujet de la semaine, pourquoi ne pas en parler ? Vous me savez sensible à la mode, et désireux de me fondre dans la pensée unique…

Je voudrais en fait saisir l’occasion d’une réflexion sur la place de la religion chrétienne dans la société contemporaine, et rappeler les liens entre liberté, religion et civilisation. C’est sans doute très prétentieux, et je vous demande d’avance toute indulgence.

Je ne veux pas vous entretenir du livre ni du film Da Vinci Code,– et ne m’en veuillez pas si je n’ai ni lu ni vu l’œuvre de Dan Brown, qui n’est pas importante en soi - , mais du phénomène Da Vinci qui, lui, est révélateur.

Révélateur de quoi ? Il me semble qu’il exprime trois réalités :

-              que l’homme ne cesse d’être « un animal religieux »,

-              que le besoin de Dieu ne peut être satisfait que par une démarche de foi et de raison,

-              que la chrétienté est le plus court chemin vers la liberté et la civilisation de l’amour.

Animal religieux : les économistes sont souvent sollicités pour imaginer les produits du futur, l’évolution des besoins et des biens et services de nature à les satisfaire. En se référant à la fameuse « échelle de Maslow », ils pensent que par priorité l’homme s’attache à répondre aux besoins de survie, comme les animaux le font, mais qu’il n’en éprouve pas moins des besoins de moins en moins matériels, de plus en plus intellectuels et spirituels, qu’il va chercher à satisfaire de mieux en mieux au fil du temps, stimulant un progrès permanent, une recherche incessante du « toujours plus ». Aujourd’hui un ménage aurait-il deux voitures, un frigidaire bien garni, des vacances sous les tropiques, des DVD et des musées en quantité, il n’en serait pas dispensé pour autant de se poser la question du sens de la vie et de la mort, il n’en éprouverait pas pour autant le manque de recueillement spirituel, il n’en serait pas moins à la recherche de l’infini, de l’éternel, et de la vérité. Cela fait partie de l’essence même de l’homme dont Aristote disait qu’il a les pieds sur terre et la tête dans les cieux, exprimant sa double nature, charnelle et spirituelle. Malraux était clairvoyant en annonçant : « le vingt et unième siècle sera religieux ou ne sera pas ». Da Vinci, c’est le besoin de religion.

Un besoin visiblement mal satisfait : dans les sociétés développées, et notamment en Europe, les religions « traditionnelles » ont mal résisté à la montée du matérialisme, le veau d’or est toujours debout. La France (mais aussi l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne), s’est déchristianisée. Le besoin de religion n’a pas disparu pour autant, mais des individus coupés de leurs racines chrétiennes cherchent des ersatz. Les sectes et les religions « lointaines » à tous points de vue, attirent un nombre croissant de personnes en manque. D’autres fuient dans la drogue ou toute autre forme d’anéantissement. D’autres enfin construisent leur religion et leur Dieu à leur manière. Da Vinci, c’est Jésus réinventé, laissé à l’imagination de chacun. Tocqueville l’avait prophétisé : « Dans ces temps d’égalité, c’est en eux-mêmes ou dans leurs semblables que les hommes cherchent d’ordinaire les sources de la vérité ». Frappés « d’incrédulité instinctive » parce qu’ils assimilent indûment liberté individuelle et développement de l’ego, nombre de nos contemporains veulent balayer les religions révélées pour n’accepter que les croyances qu’ils se construisent eux-mêmes. C’est la « présomption fatale » dénoncée par Hayek : les religions auto-construites. On croit la raison pure ou les sentiments personnels capables de nous mener à Dieu, et l’on rejette le mystère de Dieu, on nie ce qui fait qu’Il est d’essence divine, au-delà de ce que tout être humain peut penser ou imaginer. Il faut « décoder Dieu ». Jean Paul II nous rappelait au contraire la nécessaire alchimie de la Foi et de la Raison, la merveilleuse combinaison entre l’intelligence de l’homme, créé à l’image de Dieu, et la tension de l’homme vers Dieu, qui vient précisément de sa distance à la perfection, de sa recherche d’absolu – parce que l’homme n’est pas Dieu. Vanité des vanités, orgueil originaire : se prendre pour Dieu, ou se fabriquer son Dieu.

Chrétienté et civilisation de l’amour : ce n’est pas par hasard que je me réfère à Jean Paul II. Car, de toutes les religions, il me paraît évident que celle qui a pour loi fondamentale « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés », transcendant l’amour entre les hommes par l’amour de Dieu, est bien de nature à mener à une société de liberté et d’harmonie. La chrétienté a rétabli l’homme dans sa dignité ; prolongeant Jérusalem, Athènes et Rome, elle a fondé la civilisation occidentale dont les bienfaits ont été portés dans le monde entier. D’autres religions se proposent aujourd’hui aux hommes à la recherche de Dieu. Mais quelle place font-elles au respect de la personne humaine, à la liberté et à la responsabilité individuelles, au partage et à la paix ? Rapprochent-elles l’humanité de la barbarie ou de la civilisation ? Da Vinci, c’est le signe d’un abandon des valeurs de civilisation, parce que c’est la victoire du relativisme : pourquoi pas plusieurs Christ ? Or c’est précisément ce refus ou cet oubli des bases chrétiennes de la civilisation qui menace les pays qui se réclament encore de la liberté et de la démocratie. Nous ne défendrons pas durablement la liberté par les performances économiques que nous réaliserons, ni par les simulacres d’une solidarité sociale imposée. Hayek le rappelait à Paris en 1984 : « Nous devons retourner à un monde où notre vie est guidée non pas par la seule raison, mais par la raison et la morale, où la vérité de la morale est tout simplement celle de l’Occident chrétien qui a façonné la morale de la civilisation moderne ». La chrétienté est le chemin de la civilisation : sachons nous en convaincre et retrouver le chemin.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1343 du 29 novembre 2017

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Liberté et Propriété, la synthèse 
Lu pour Vous :
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