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Ce livret destiné à des militants libéraux avait deux objectifs : d’une part, rappeler le contenu du contrat que des candidats libéraux devraient passer avec les électeurs, d’autre part, imaginer deux scénarios de l’alternance : la gauche reconduite en 2002 et en 2007, mais devenue libérale, ou la droite au pouvoir en 2002 et pour longtemps. En fait, la droite a gagné en 2002, mais le scénario « Thatcher » n’a jamais fonctionné, et la gauche reprend le pouvoir en 2012 !

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Les sentiments, bases de la société

Charles Fourier a inspiré Proudhon, mais Marx l’a méprisé. Marx l’économiste rejettera avec violence les « utopies » des Français, construites en ignorance totale des lois de l’économie. Il est vrai que Fourier part du principe qu’une société ne peut être harmonieuse que si elle rencontre les sentiments des individus.

 

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CES SALES PATRONS PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 27 Mars 2006 01:00
 Patrons

La semaine dernière je vous ai entretenu de l’Université et des étudiants : ceux qui manifestent sans trop savoir pourquoi. Je vous propose de parler aujourd’hui de ceux contre qui ils croient manifester : les patrons. Car si le CPE et le gouvernement apparaissent comme la première cible, les attaques contre les patrons sont implicitement ou explicitement dans tous les slogans, dans toutes les interviews, dans tous les esprits et évidemment dans tous les médias.

On aura tout entendu. Le CPE serait presque tolérable s’il n’y avait ces exploiteurs, ces gens qui ne rêvent que d’asservir la jeunesse, de proposer des emplois kleenex, ces gens qui licencient sans motif, sinon celui de faire du profit sur le dos des salariés, ces négriers qui font suer le burnous au prétexte de productivité et de compétitivité. Naguère on imaginait « l’entreprise citoyenne », mais l’entreprise n’a pas créé d’emploi, préférant se délocaliser, sans patriotisme aucun.

Vous pouvez ajouter encore à l’ignorance, à l’injustice, voire à l’insulte qui se sont étalées pour désigner ce pelé, ce galeux d’où viennent tous les maux…

Une telle mentalité est dramatique, parce qu’elle contribue à dégrader encore un peu plus l’image du patron dans l’esprit du peuple français, parce qu’elle traduit l’ignorance la plus crasse de la vie économique et entretient les utopies nihilistes, parce qu’elle dresse une partie de la population contre une autre. Jusqu’à présent seules les grandes entreprises et les grands directeurs aux « salaires faramineux » étaient dans le collimateur, maintenant même les patrons de PME ne trouvent plus grâce aux yeux de leurs concitoyens (quels citoyens !). C’est l’entreprise qui est rejetée, c’est celle que l’on veut épargner à ses enfants, puisque trois-quarts des Français rêvent pour leur progéniture qu’elle devienne fonctionnaire.

Pourquoi les patrons sont-ils devenus les mal aimés de la société française ? Les explications ne manquent pas : le marxisme, l’anticapitalisme, l’égalitarisme, l’immobilisme peuvent être invoqués.

Le marxisme a mis dans la tête des Français que la vie sociale repose sur la distinction entre les « travailleurs » et les autres, et que la lutte des classes était le moteur de l’histoire. Nos jeunes ont été élevés dans la religion marxiste, qu’il s’agisse du rite trotskyste, communiste, socialiste, progressiste ou écologiste. Les seules parades contre le marxisme, qui sont le savoir, l’expérience et le respect des autres, ne sont pas encore à leur usage.

L’anticapitalisme est un héritage de l’histoire de France. Peuple de paysans et d’artisans, ayant fondé leur prospérité passée sur la richesse des terres et les échanges locaux, les Français, en comparaison de la plupart de leurs voisins, ont marqué peu de goût pour le commerce et la finance. Le marché, la banque, la gestion et le profit leur ont été longtemps étrangers. On connaît mieux l’administration que la bourse. Aujourd’hui, on rejette volontiers la mondialisation, le capitalisme, et les Etats-Unis qui en sont le symbole et, croit-on, les uniques bénéficiaires.

L’égalitarisme est aussi très ancien, Tocqueville l’observait déjà au XIXème siècle. Par contraste avec les Américains qui ont le culte de la réussite, les Français sont jaloux de tous ceux qui vont plus loin que les autres. L’égalité en dignité de toutes les personnes humaines est devenue pétition pour l’égalité des droits sociaux, puis l’égalité des revenus, puis l’égalité des chances d’avoir le même revenu que le voisin. La démocratie ne saurait jouer que dans le sens de la punition de ceux d’en haut et de la promotion de ceux d’en bas, quelle que soit la raison pour laquelle on est en haut ou en bas. Le mérite, le travail et l’entreprise : évacués.

Enfin, depuis quelques années, la peur s’est installée dans la société française. Découvrant les exigences de la mondialisation, de la concurrence, certains craignant pour leurs privilèges et subventions, les Français refusent l’effort et s’accrochent au passé, à leur « statut », rejettent toute réforme. Ils ont trouvé une classe politique habitée par la même peur, rajoutant même une couche par peur de perdre les élections. Politiciens, syndicalistes, écologistes, altermondialistes : tous marchands de peur, dont le jour de gloire aura été l’inscription du « principe de précaution » dans la Constitution : de quoi craindre le pire ! Le pire est là : la jeunesse apeurée par la précarité.

Les jeunes devraient rêver d’être des patrons, parce qu’à leur âge ils ont toutes les qualités qui font le bon patron. Ils sont créatifs, inventifs, ils aiment le changement, ils expriment des besoins nouveaux. Le patron est un créateur, un innovateur, il découvre de nouvelles occasions et de nouveaux produits. Les jeunes sont aussi généreux, attentifs aux autres, ils ont l’esprit d’équipe et se sentent membres d’une communauté. Le patron est un serviteur, il est à l’écoute du marché, c'est-à-dire des besoins non ou mal satisfaits, il doit sa réussite aux services qu’il rend à la communauté. Enfin les jeunes sont prêts à tenter leur chance, ils n’hésitent pas à s’engager, souvent même à se sacrifier. Le patron sait que l’erreur le guette, qu’il faut accepter les échecs pour en tirer leçon.

C’est donc le droit à l’initiative, le droit à l’entreprise, que les jeunes devraient normalement revendiquer dans la rue. Ils devraient défiler contre les « enrayeurs » (comme disait Bastiat), contre ceux qui empêchent les talents de se révéler et de s’exprimer, contre ceux qui pénalisent la réussite et subventionnent la paresse et la tricherie. Contre les syndicats, contre les corporations, contre les administrations, contre l’Etat.

Hélas, nos jeunes sont vieux, ils sont devenus les alliés des conservateurs. Mais qui leur a dit ce qu’était un patron ? Patrons de France, abandonnez vos pudeurs, clamez votre fierté : libérez les jeunes en leur disant la vérité sur votre mission, sur ses servitudes et ses grandeurs. 

 

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