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D’Aristote à René Girard, ils ont abordé les thèmes de l’éternel humain : la nature de l’homme, son destin, sa conscience, la liberté, le pouvoir, la religion, la vie, la vérité, etc. Dans une société où le paraître l’emporte largement sur l’être, se rapprocher des philosophes nous aide à retrouver ce qui importe à long terme, ce qui est le fond de notre humanité et ce qui donne valeur à notre liberté.

64 pages, 30 portraits, 5€

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La crise est inéluctable

A la différence d’Adam Smith et Turgot qui pensaient que l’activité économique apporte le progrès en permanence, grâce à des adaptations permanentes voulues par le marché, Malthus estime que la crise est inéluctable dans un pays industrialisé.

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L’UNIVERSITE, LE TROISIEME POUVOIR PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 20 Mars 2006 01:00
 Sous les pavés...l'Université

Au Moyen Age, l’Université était considérée, après l’Eglise et le Souverain, comme le troisième pouvoir. La connaissance avait donc le même statut que la religion et la politique. L’Université bénéficiait de privilèges et de franchises, elle accueillait des étudiants venus de différentes « nations ». La Sorbonne était organisée en huit nations. Les grands intellectuels et les grands saints de l’époque ont presque tous fréquenté les Universités.

Avec Saint Thomas d’Aquin, tout le savoir accumulé par des peuples, des traditions et des cultures différentes se trouve résumé en une Somme qui embrasse théologie, philosophie, droit, arts et lettres, géographie. Le premier développement de l’Europe est né dans les Universités, avec l’humanisme chrétien : « Savoir pour croire, croire pour savoir ».

Ce sont évidemment de vieilles histoires, et Guillaume de Sorbon a dû se retourner dans sa tombe après l’émeute barbare qui a souillé et dégradé la Sorbonne. Mais, il avait déjà vécu de telles scènes, un peu moins violentes il est vrai, en mai 68. C’est dire toute la distance qui sépare l’Université française actuelle et l’Université Européenne des XIIème et XIIIème siècles.

Aujourd’hui le savoir n’a plus sa place dans les Universités françaises. Faute de vrais étudiants, faute de vrais maîtres, grâce à l’Etat, grâce à la barbarie intellectuelle.

Les étudiants ? La plupart d’entre eux sont dépassés et désorientés. Dépassés parce qu’ils traînent l’ignorance lentement acquise depuis leur entrée à l’école. Il n’y a pas de sélection, tout titulaire du baccalauréat (et ils sont légion !) a librement accès à l’Université, devenue parking en attente de chômage. Voilà pourquoi les meilleurs vont dans les classes préparatoires puis les grandes écoles. Il n’y a pas davantage d’orientation, parce que les diplômes sont sans valeur, et que les études n’apprennent rien des choses importantes de la vie en société : le travail, l’honnêteté, le respect des autres. Comme le droit du travail et la politique « sociale » leur ferment la première embauche, l’angoisse de l’emploi étreint ces jeunes gens et jeunes filles qui ont confusément le sentiment d’avoir manqué leur entrée dans leur vie. On débute par un échec.

Les maîtres ? Voilà bien longtemps qu’en majorité ils n’ont plus rien à apprendre, parce qu’íls ne savent plus rien. Eux-mêmes sous-produits de l’Université de 1968, ils savent que leur carrière dépend non de la qualité de leurs cours mais de leurs accointances avec les nouveaux seigneurs. La loi Edgar Faure (1969) a introduit la « démocratie » et « l’auto-gestion » dans les structures universitaires. Conseils d’administration, commissions scientifiques, Conseil National des Universités, sont donc devenus des instances politisées, où le jeu des alliances, le népotisme, le syndicalisme, portent au sommet des carriéristes médiocres. En atteste la position des Présidents d’Université dans la crise actuelle. Les vrais maîtres, depuis longtemps, ont renoncé ou fui. Les nouveaux seigneurs sont experts en tenues d’assemblées, en tractation de couloirs, ils passent plus d’heures dans les salles de réunions que dans les amphithéâtres. Le statut de la fonction publique les met à l’abri de toute concurrence, donc de toute compétence ; professeurs à vie, maîtres de conférence à vie, chercheurs à vie. La séparation entre enseignement et recherche est maintenant consommée, comme naguère en Union Soviétique : les enseignants ne font pas de recherche, les chercheurs n’enseignent pas, et ne trouvent pas.

L’Etat ? Il en fait tant pour les universités ! Les budgets alloués sont astronomiques, l’étudiant français est un de ceux qui coûtent le plus cher au monde. Mais l’argent va à des bureaucrates en surnombre, à des installations somptuaires ou inutiles, au fonctionnement de structures parallèles, d’instituts et de centres incontrôlés. L’Etat offre la gratuité, de sorte que le diplôme devient un « droit social » dans l’esprit des étudiants, dont certains voudraient aussi un salaire (revendication permanente de l’UNEF depuis cinquante ans). Inutile de rendre l’usager du service public responsable de ses études et de ses résultats : tout est dû. Il est hors de question que l’Etat laisse place à des initiatives privées, voire même à une concurrence entre facultés publiques : l’Etat conserve le « monopole de la collation des grades », les diplômes sont donc nationaux, aucune discrimination n’est possible, ni aucune comparaison. Une Université privée n’a aucune chance de se développer, même s’il est légal d’en créer : comment attirerait-elle des chalands obligés de payer leurs études alors que dans le public tout est gratuit ? Il y a pourtant une vraie demande pour la diversité et l’excellence, comme en atteste le succès de quelques instituts supérieurs à vocation commerciale ou technique.

La barbarie intellectuelle ? Elle est omniprésente, plus facile à diffuser dans un public affaibli par l’ignorance et la peur du lendemain. Les marchands de peur s’en donnent à coeur joie : demain le chômage, demain la précarité, demain l’exploitation. Inutile de dire que l’idéologie barbare est celle de la lutte des classes : l’emploi est désiré, mais pas l’employeur, ce patron tyrannique ; l’emploi  est souhaité, mais pas le travail et la productivité qu’il suppose. Tout cela est évidemment provoqué, accompagné, organisé par la gauche, depuis la gauche socialiste qui veut affaiblir le gouvernement et faire partager son utopie, jusqu’à la gauche trotskyste qui est toujours en quête de révolution globale, en passant par la gauche communiste, qui prend dans les universités la revanche de ses mécomptes électoraux. Les syndicats sont évidemment là pour accompagner l’émeute.

Dans ces conditions, on finit par s’émouvoir du sort de la masse des étudiants, qui ont le choix entre perdre leur temps, subir la manipulation, se préparer au chômage ou fuir le système – à l’étranger. Qui se proposera de les libérer, de leur donner leur vraie chance – comme celle qu’ont eue leurs aînés avant 1968 ? Les remèdes sont pourtant simples, ici comme ailleurs : privatisation, concurrence, ouverture, adaptation, responsabilité. Il est temps de redonner à l’Université sinon son pouvoir au moins sa dignité, qui est celle  de dispenser le savoir et de développer les valeurs morales nécessaires à le cultiver et à le maîtriser.

 

 

 

Flashes du jour

Mise en examen de Pénélope Fillon

Fort heureusement, la mise en examen de Pénélope Fillon, à la suite d’une instruction « à charge » et d’une « célérité inhabituelle » (Me Cornut-Gentil) a eu peu d’écho puisque les médias ont été occupés à commenter : le choix de Valls, la lettre de divorce des Anglais avec l’UE, la défaite de la France face à l’Espagne.

 

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Manuel Valls votera Macron

(Bourdin, 8 :30) : ce n’est pas un ralliement (dont visiblement Macron déclare n’avoir rien à faire, il reste le « maître de l’horloge »), mais un devoir national pour barrer la route à Marine Le Pen.

 

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L’île de la Guyane

Macron a évoqué « l’île de Guyane » : ignorance ou lapsus ? A trop parler on finit par dire n’importe quoi. Voilà de quoi inspirer confiance !

 

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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1312 du 14 mars 2017


Editorial : L’illusionniste

Conjoncture : Le CAC à 5000 : reprise ou bulle ?

Actualité  :Angela Merkel ne sa laisse pas impressionner - Ecosse, Irlande : les dégâts collatéraux du Brexit - Quelles leçons des élections aux Pays-Bas ?

Spécial présidentielles  : La campagne serait-elle enfin commencée

Actualité libérale  : Davantage présents dans la campagne

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Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

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