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LETTRE D’UN JEUNE DELOCALISE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 06 Mars 2006 01:00
 Non au CPE !

A mon cousin, élève de terminale au lycée Papillon,

 

J’ai reçu ton SMS, rédigé dans un code que je ne connais pas encore : CPE CQ SOS A+

J’ai compris que le CPE (Contrat Première Embauche sans doute) n’avait pas trouvé ton approbation, et que tu en étais au stade du désespoir. Tu attends de moi quelque réaction et en effet je ne voudrais pas remettre à plus tard une réponse qui pourrait t’éclairer.

Je le fais bien volontiers, si cela peut calmer tes angoisses.

Je suis bien l’un de ces très nombreux jeunes Français exilés volontaires à l’étranger – il paraît que nous sommes un million au total. A Londres, nous sommes quelque cent mille « frenchies », et  je me suis fait quantité de copains au sein de cette communauté, mais aussi parmi les autres jeunes venus d’un peu partout dans le monde. Qui se soucie d’ailleurs ici du pays d’où l’on vient, de sa race ou de sa religion ? Cool…

Je suis ici un peu par hasard, mais je n’envisage pas de rentrer en France de si tôt. Le hasard a été celui d’un séjour purement touristique avec trois amis, qui s’est mal terminé parce que je n’avais plus un penny en poche et qu’il me fallait prendre mon billet de retour. Sur les conseils d’un autre Français installé à Londres, j’ai fait toute une rue dans le quartier de Piccadilly pour demander aux commerçants s’ils n’avaient pas un petit boulot pour moi. Je me suis retrouvé dès le lendemain à la plonge dans un restaurant indien. Pas de formalité, pas de contrat, simplement un accord sur un salaire pour une semaine. Ce que vous appelez en France maintenant la précarité. Plus précaire que çà tu meurs…

J’ai finalement passé un mois dans cet emploi occasionnel, mais je me suis fait beaucoup de relations, et j’ai appris que des postes plus intéressants étaient offerts dans de grands magasins. Je me suis présenté à l’embauche, et bien que mon anglais soit encore très approximatif, j’ai été engagé sans précision de durée. Cette situation m’a vite déplu, et je me suis mis alors à rechercher quelque chose de plus conforme à mes aspirations. Une agence de voyage cherchait à développer son département « France » ; et me voici nanti d’un emploi réellement intéressant, je me suis senti totalement intégré à la vie anglaise, et je n’avais aucune envie de retourner en France dans l’immédiat. J’ai pu me rendre facilement auprès de mes parents grâce aux compagnies low cost, et j’ai travaillé dur pendant tout ce temps, pour un salaire qui était moyen, mais sur lequel les retenues de sécurité sociale étaient bien moindres qu’en France. Je suis resté deux ans dans cette agence mais depuis six mois, grâce à l’expérience acquise, j’ai un poste de cadre dans une entreprise de surgelés qui a un service exportation et apprécie ma connaissance des consommateurs français. Sur ce que je gagne je paye des impôts « raisonnables », à peu près 25% de mon revenu annuel. Certes le logement est cher à Londres, mais tout le reste est à portée de mon budget.

Surtout je n’ai aucune crainte pour mon emploi. Dans la bande de copains que je fréquente, il y en a toujours deux ou trois qui sont « sans emploi », mais cela ne dure jamais plus de quelques semaines, d’ailleurs la plupart du temps ce sont eux qui ont quitté un emploi qui avait cessé de leur convenir. L’idée de faire toute sa carrière dans la même entreprise, voire dans la même profession est tout à fait saugrenue pour les jeunes ici. Chacun cherche sa voie, et il n’y a aucun dommage à quitter un emploi, puisqu’on est sûr d’en trouver un autre plus intéressant presque tout de suite.

Cher cousin, tu devrais dire cela à tes amis, et en faire aussi ton profit personnel : la seule façon de ne pas succomber à la psychose de l’emploi, c’est d’accepter n’importe quel emploi, et de voir venir ensuite. Ceux qui cherchent un « plan de carrière » ou un « statut », alors qu’ils ont moins de vingt cinq ans, s’exposent à de graves désillusions : qui trop embrasse mal étreint.

Il est vrai qu’en France l’embauche et le licenciement sont de véritables épreuves, et que la création d’emplois est ridiculement faible – les deux sont peut-être liés ! Mais ce n’est pas en refusant la « précarité » que vous aurez des chances de vous en sortir.

Un mot encore, cher cousin : j’ai peur que beaucoup de gens autour de toi ne te disent pas la vérité. Ils disent que les jeunes sont malheureux quand on les « condamne » à l’incertitude, ce n’est pas vrai, car ici tous les jeunes aiment l’aventure, ce sont de vrais jeunes. Nous vivons en copains dans une atmosphère de joyeuse insouciance parce que nous n’avons pas l’angoisse du chômage. Ceux qui te mentent ont sans doute un intérêt à le faire : ils veulent exciter les mécontentements et mettre la jeunesse sur les barricades, comme en 1968. Quant à vos dirigeants, ils sont trop timorés pour apporter aux jeunes la seule chose dont ils ont besoin : le désir de faire ses preuves, de se frotter aux réalités et d’améliorer ses performances. C’est du moins ce que j’ai appris quelques années avant toi au lycée Papillon, quand nous avions des professeurs qui nous imposaient la discipline, la politesse, le travail et le respect des autres.

Quand viendras-tu me visiter à Londres ? Attention : tu pourrais bien vouloir y rester !

Ton cousin Dominique

p.c.c. Jacques 

 

Jacques Garello
Le 6 Mars 2006

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1343 du 29 novembre 2017

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