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Economiste classique

Contresens sur la valeur travail

Adam Smith avait créé une ambiguïté en juxtaposant trois lectures de la valeur travail : travail incorporé, travail épargné, travail échangé. Ricardo va lever l’incertitude en choisissant la valeur du travail incorporé, malheureusement la mauvaise !

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LES CRAINTES ET LA PEUR PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 27 Février 2006 01:00
 Plus de peur...que de mal !

Les craintes sont révélatrices, la peur est aveuglante. L’une est bienfaisante, l’autre débilitante. En France, nous passons des craintes à la peur : de quoi s’alarmer !

Dans cette conjoncture marquée par le terrorisme des bombes et, non moins, le terrorisme de la pensée, je crois nécessaire d’insister sur la différence entre les craintes et la peur.

Les craintes sont hélas légitimées. Tout honnête homme tant soit peu informé, cultivé et conscient a aujourd’hui de bonnes raisons de craindre : crainte d’un « choc des civilisations », crainte du fanatisme, et dans certains pays comme la France, crainte pour l’avenir économique immédiat (chômage, impôts, charges), et pour le futur lointain (dette publique, retraites, patrimoine). Les craintes sont filles de la vigilance, de la lucidité. Elles appellent des réactions salutaires, tantôt des réformes profondes tantôt un retour aux sources et un sérieux ancrage dans des valeurs morales et spirituelles. Face au désordre il faut des innovations institutionnelles, face à la barbarie la réponse est le courage des politiques et la fermeté des convictions. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire, et il semblerait que face à l’immensité et à la nouveauté de la tâche les peuples, et ceux qui sont sensés les éclairer, préfèrent la peur. Et, comme on dit, jusqu’à « mourir de trouille ».

La peur envahit le quotidien. Elle s’installe là où il y a de véritables craintes à nourrir, mais aussi bien là où il n’y a aucune crainte à avoir.

Je fais un rapide inventaire, qui permet de classer les étoiles de la peur. Peur de première catégorie : vous avez un droit absolu à la peur de la grippe aviaire, du chikungunya aujourd’hui, comme hier du SARS et de la vache folle. Peurs de deuxième catégorie : l’amiante (défaite ici du Père La Victoire), les avalanches, le réchauffement de la planète, la pollution de l’air et de l’eau, les OGM, les hormones, et la plupart des médicaments qu’on vous prescrit. Peurs de troisième catégorie : légitimes quand vous dépassez la vitesse prescrite, quand vous construisez une piscine, quand monte votre cholestérol. Peurs mineures : on admettra à la limite que vous soyez effrayés par les émeutes, les rapts, la pédophilie et l’homophobie. En revanche vos peurs sont infondées quand vous craignez une flambée de communautarisme et de racisme, de fanatisme et d’intolérance. Ou simplement quand vous vous promenez dans la rue ou prenez un transport public. Et surtout n’allez pas avoir peur de la faillite scolaire, de l’analphabétisme et de l’inculture. Pas de peur non plus pour la Sécurité Sociale, votre couverture maladie et vos retraites. Enfin pas de peur pour les futures générations et les dettes qu’elles auront à régler, ni pour les atteintes à votre propriété ou à votre entreprise.

Je force le trait bien sûr, mais je voudrais souligner à quel point la peur est à géométrie variable : il y a des peurs médiatiquement et politiquement correctes, et d’autres qui vous seront reprochées parce qu’elles passeront pour le seul reflet de vos opinions personnelles, voire de votre idéologie.

La pathologie de la peur, pour paradoxale qu’elle soit, est tout à fait explicable. Car la peur n’est pas là par hasard. Elle est semée, cultivée par ceux qui en récolteront les fruits : médias, corporations et pouvoirs publics.

Les médias se complaisent dans le catastrophisme, parce qu’il fait recette. « Les bonnes nouvelles ne sont pas des nouvelles ». La sacralisation de l’image ou de l’écrit fait le reste : c’est vrai puisque les journaux l’ont écrit, puisqu’« ils l’ont dit à la télé ». Voilà qui fidélise le lecteur ou le téléspectateur ou l’auditeur. Songez au succès de la presse people et des réalités-shows…

Les corporations cultivent la peur du changement : elles ne veulent pas perdre leurs privilèges. Il faut donc diaboliser toutes les nouveautés, à commencer par la mondialisation. Demain il n’y aura plus d’emploi, la liberté du travail c’est la précarité, la privatisation crée une société à deux vitesses, il y a aura davantage d’injustice, d’exclusion. Certes, les adaptations, sont toujours douloureuses, mais elles deviennent ainsi des drames que nul ne saurait accepter. Pour moi, les vraies craintes sont que les syndicalistes et autres porte-parole des privilégiés mettent toutes les entreprises sur la paille, et épaississent les rangs des chômeurs, tout en allongeant la note fiscale.

Ceux qui tirent l’avantage le plus clair de la peur sont les pouvoirs publics : car ils ont mission de protéger les citoyens, de leur garantir sécurité et tranquillité d’esprit. Naguère ils promettaient le plein-emploi à travers les politiques de relance ; aujourd’hui ils n’osent plus. Mais ils sont rassurants sur l’avenir des finances publiques et de la Sécurité Sociale, alors même que la crainte majeure est celle de leur explosion. Ils nous submergent de communiqués pour démontrer qu’ils attendent les poulets de pied ferme, eux qui n’ont pas été capables de protéger 15.000 personnes de la canicule, ni d’éviter le sang contaminé. Ils proclament les progrès de la sécurité routière, mais minimisent l’insécurité dans les cités et les lieux publics. Surtout ils disent maîtriser les relations avec le Moyen Orient, contenir le fanatisme iranien et ses menaces nucléaires, réaliser « l’égalité des chances » dans un pays où l’intégration par l’école publique a été manquée, et où l’intégration par le travail impossible, puisque nul n’est obligé de travailler pour bien vivre.

L’Etat Providence était né de la peur de la crise économique, du chômage et de « l’injustice sociale ». Ayant fait la preuve de son impuissance dans ces domaines, l’Etat Providence a eu la chance de voir naître de nouvelles peurs, il les a souvent accompagnées et amplifiées, avec la double complicité des corporations et des médias ; parfois même il les a créées. De la sorte, il apparaît aux yeux des citoyens apeurés comme le seuls en mesure de protéger la nation, mieux : le seul en droit de protéger la nation, puisque le « principe de précaution » a été constitutionnalisé. Hors de l’Etat, point de salut.

Pour ma part, j’évite le piège. Timeo Danaos et dona ferentes : « Je crains les Grecs même quand ils font des cadeaux ». La peur est le cheval de Troie du totalitarisme.

Que faire ? D’abord ne pas céder à la psychose : « N’ayez pas peur » disait Jean Paul II. Ensuite opposer à la peur résignée une résistance déterminée. Cette résistance porte un beau nom : Liberté.

 

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Au sommaire du n°1326 du 13 juin 2017


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