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Pourquoi la croissance de l’Etat ?

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LA CARICATURE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 13 Février 2006 01:00
 La faute à Voltaire !

Caricature de Mahomet ou caricature de la liberté ? J’avoue être troublé par les développements de l’affaire qui cause tant d’émois légitimes et tant de haine inacceptable.

Je veux vous expliquer mon trouble, en vous demandant toute votre indulgence ; je sais en effet que mes propos pourront vous surprendre, et vous êtes – comme toujours – libres de ne pas me suivre dans ma réflexion sur le sujet de la caricature.

En premier lieu il a été rappelé opportunément, à mon sens, que la liberté d’expression et la liberté religieuse ont constitué de grands progrès de civilisation, et qu’elles sont allées de pair. L’histoire de la liberté politique en Europe est jalonnée de conquêtes sur la censure, qui au XVIIème siècle par exemple a frappé Descartes aussi bien que Galilée. Les interdits, les autodafés, les emprisonnements n’ont pas découragé ceux qui voulaient proclamer des idées voire des fois suspectes aux yeux du plus grand nombre et du pouvoir politique. Plus récemment, c’est le samizdat qui a ébranlé les régimes communistes et a préparé la libération des peuples asservis.

En second lieu il est clair que l’attaque contre la caricature de Mahomet a suscité des réactions au-delà de tout ce que l’on pouvait imaginer ; surtout si l’on tient compte du fait que les mêmes attaques, répétées et tout aussi blasphématoires contre le Christ ou le Pape, ont laissé les foules, les puissants et les juges, et surtout la grande presse, presque totalement indifférents. Le Christ en croix représenté dans une nudité « agrémentée » par « Libé » (juillet 2005), le drapeau nazi accolé à Pie XII dans le film « Le Vicaire », la comparaison entre Hitler et Benoît XVI : tout cela n’a pas déclanché de tempête au pays de la déchristianisation, même pas chez ces gardiens de la moralité publique que sont les gens du MRAP. La religion hébraïque n’est pas mieux lotie que la religion chrétienne, et les propos blasphématoires qui accompagnent les discours des ayatollahs de tous pays n’ont soulevé qu’une tiède réprobation dans le monde. Le blasphème est donc à géométrie variable.

Mais la violence aura été ici à sens unique : les hordes fanatiques ou fanatisées par l’islamisme radical ont embrasé le monde entier, au nom d’une autre liberté sans doute, celle de manifester.

Je reconnais qu’il est difficile dans ce contexte de ne pas avoir l’esprit échauffé, et qu’il est normal d’hésiter : qu’est-ce qui est le plus scandaleux, de la caricature ou des réactions qu’elle suscite, que ce soit au nom de la liberté d’expression ou du respect de la religion ?

Pour ma part, je trouve une solution au dilemme en me reportant à la vraie nature de la liberté. Car je crois que, tout autant que Mahomet, c’est la liberté qui est aujourd’hui caricaturée. D’ailleurs les adversaires de la liberté se livrent depuis des années, sinon des siècles, à cette caricature, en assimilant purement et simplement liberté et laisser faire, liberté et laisser aller.

Non, la liberté n’est pas le droit de dire ou de faire n’importe quoi, dans n’importe quelle circonstance, suivant la seule volonté d’individus isolés ou en groupes. La liberté a une double limite : juridique et ontologique.

La limite juridique naît de la nécessité de concilier liberté personnelle et vie sociale. Des individus ne peuvent vivre en société sans respecter des règles qui définissent les comportements mutuels. Avoir des droits individuels signifie aussi avoir des devoirs à l’égard des autres individus. « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ». Au nom de ma liberté je n’ai pas le droit d’attaquer les autres, de leur faire subir une coercition physique ou morale. Et, si c’est le cas, si j’ai abusé de ma liberté en portant dommage à un autre, j’engage ma responsabilité. En d’autres termes, il n’y a pas de liberté sans responsabilité. Qui met en œuvre cette responsabilité ? Certainement pas des foules ivres de haine, mais des juges ou des arbitres se prononçant au vu de règles de droit instituées par l’ordre social spontané. En la circonstance les journalistes doivent accepter d’avoir à rendre des comptes à ceux qu’ils atteignent dans leur foi ou dans leurs intérêts. La liberté exige le respect des personnes humaines. Elle ne signifie pas la totale impunité ni pour la provocation ni encore moins pour le blasphème. Il fut un temps où ceux qui s’adressaient au grand public à travers leurs écrits, leurs discours ou leurs œuvres d’art, avaient assez de respect de leurs contemporains pour ne pas dépasser les limites de la décence. Mais qui se soucie de décence et de tempérance à l’heure actuelle ? Le drame, c’est que l’on met au passif de la liberté ce laisser aller généralisé, alors même qu’il est négation de la liberté.

A ce sujet, on devrait se rappeler que la liberté a une limite ontologique. La liberté, pour quoi faire ? Je suis de ces libéraux qui soutiennent – contre d’autres libéraux d’ailleurs – que la liberté n’est pas une valeur absolue. Elle a son origine dans la nature de l’être humain, qui confère à toute personne une dignité spécifique, mais elle est également ordonnée à cette dignité. La liberté nous est donnée pour que nos actions nous portent vers un peu plus d’humanité, un peu moins de bestialité. Nous sommes libres de nous dépraver, de salir et de meurtrir. Mais nous sommes libres de nous élever, de créer et d’aimer. Si la liberté n’est pas éclairée par la « civilisation de l’amour », elle fait retourner l’homme et la société à l’état de barbarie : la vie devient chaque jour un peu plus inhumaine, la loi sera bientôt celle de la jungle – retour au chimpanzé. Ceux qui travaillent sans cesse à semer la haine et à combattre l’amour nous donnent une caricature de la liberté. C’est finalement aussi grave que la caricature de Mahomet.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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