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LORSQUE L’INDE S’EVEILLE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 06 Février 2006 01:00
 Pensée "inamicale"

« Lorsque la Chine s’éveillera » : le célèbre titre d’Alain Peyrefitte a pris aujourd’hui toute sa signification. Mais l’Inde est également en train de s’éveiller, et l’affaire Mittal permet aux Français de prendre conscience de cette réalité.

La révélation entraîne de violentes réactions, qui vont de l’incrédulité à la violence, sur fond d’ignorance économique. Le conservatisme français en a pris un bon coup, peut-être va-t-on devoir bousculer le calendrier de l’aggiornemento.

Incrédulité : voici qu’une compagnie sidérurgique dirigée par un Indien se met en tête de lancer une OPA « inamicale » sur Arcelor, le géant franco-luxembourgeois-espagnol de l’acier. Il y a quinze jours, on portait Arcelor au pinacle pour avoir absorbé le canadien Dofasco : la France et l’Europe faisaient la preuve de leur dynamisme industriel et financier. Comment est-il possible qu’un certain Lakshmi MITTAL, un Indien qui avance masqué sous une citoyenneté anglaise et une société de droit néerlandais, puisse se permettre de narguer l’emblématique Arcelor ? Et comment ce MITTAL-là se permet-il de lancer une OPA sans même en prévenir notre Ministre de l’Economie ? Et comment l’Inde peut-elle prétendre jouer dans la cour des grands ? Que va-t-on devenir si les pauvres se mettent à vouloir s’enrichir, si les pays du Tiers Monde se mettent à se développer et à émerger ?

Violence : cet Indien va voir de quel bois on se chauffe. Les rangs se resserrent : du Parti Communiste à Le Pen, en passant par toutes les composantes de la majorité et de l’opposition, c’est l’union sacrée contre l’envahisseur. L’heure est au « patriotisme économique ». Les gouvernements du Luxembourg et de la France, soutenus par la classe politique quasiment unanime, vont donc tout faire pour protéger Arcelor contre les attaques de MITTAL.

Ignorance économique : Les hommes d’Etat sont dans le rêve, ils feignent d’ignorer ou ignorent réellement qu’ils sont impuissants à protéger quiconque contre une OPA légalement formulée. D’une part l’idée de patriotisme économique ne résiste pas à la mondialisation : les entreprises françaises (à commencer par la très publique Electricité de France) ne cessent de prendre le contrôle de sociétés à l’étranger, beaucoup de Français ont acquis des entreprises indiennes. La libre circulation des capitaux est un phénomène irréversible, sauf cataclysme planétaire d’une troisième guerre mondiale et nucléaire. D’autre part l’idée de bloquer une OPA n’a aucun sens : la transmissibilité des droits de propriété, qu’il s’agisse des parts d’une société ou d’un patrimoine privé individuel, fait partie des droits de propriété eux-mêmes. Changer les actionnaires pour changer les dirigeants est la seule façon de mettre les dirigeants d’entreprise en responsabilité : s’ils sont incapables de gérer ils vont avoir de nouveaux patrons dont le premier souci sera en général de les remercier (surtout s’agissant d’une OPA « inamicale »). L’OPA exprime la prétention d’une nouvelle équipe de faire mieux que l’équipe en place, cette prétention est aux risques entiers de celui qui la formule : après tout Mittal peut se tromper, il aura alors englouti beaucoup d’argent pour s’emparer d’une affaire dont il ne pourra rien tirer. Quant à la défense contre l’OPA, elle ne peut consister que dans la confiance des actionnaires actuels qui refuseraient de vendre leurs titres parce qu’ils seraient persuadés que nul ne peut mieux faire que l’équipe actuellement en place.

Naturellement la compréhension de ce jeu, pourtant assez simple, n’est aujourd’hui courante que chez les gens qui s’intéressent à la vie des entreprises, faute de la formation économique la plus élémentaire du public français.

Ce ne sont pas les syndicats ni les pouvoirs publics qui facilitent cette compréhension. Ils n’ont à la bouche que « la dimension sociale et humaine » de l’OPA, et reprennent le poncif suivant lequel les intérêts des actionnaires et ceux des salariés sont à l’opposé : la rentabilité entraînerait la précarité. En d’autres termes, l’amélioration de la gestion ne pourrait se faire que par une réduction d’effectifs et un durcissement des conditions de travail.

C’est oublier plusieurs réalités. La première c’est que la bonne gestion passe par la qualité des relations entre les hommes dans l’entreprise, et qu’aucun gestionnaire n’a intérêt à mépriser le personnel. La deuxième c’est que l’entreprise a investi dans le personnel, et que ce n’est pas un plaisir pour l’entrepreneur ou les dirigeants de licencier des salariés de qualité, ils ne s’y résolvent qu’en tout dernier recours. La troisième c’est que dans le cas où il faut absolument licencier c’est que l’entreprise ne pourrait survivre sans cela, et que tous les emplois, sans aucune exception, devraient disparaître – mieux vaut peut-être supprimer quelques emplois ou fermer un site pour sauver ce qui peut l’être encore. La quatrième c’est que la gestion d’une entreprise peut être défaillante non pas à cause de sur-effectifs ou de sous-qualification de la main d’œuvre mais pour des insuffisances techniques, commerciales ou financières.

Les salariés que Mittal emploie aujourd’hui en France et en Europe n’ont eu aucune raison de se plaindre de leurs dirigeants : les syndicats, CGT en tête, en conviennent. Alors pourquoi continuer à ne voir dans une OPA et dans la mondialisation que des formes de la mythique lutte des classes ?

Le jour où tout cela sera su et admis, les Français auront une autre opinion dans des affaires comme Mittal-Arcelor. S’ils ne le comprennent pas aujourd’hui, c’est qu’on continue à leur cacher la vérité, à les tenir prisonniers du schéma de la lutte des classes. Mais la réalité économique leur ouvrira bientôt les yeux. La mondialisation donne la leçon. Il faut l’accepter, rompre avec le conservatisme ambiant, et se mettre enfin à l’heure du libre échange et de la libre entreprise.

 

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Au sommaire du n°1333 du 12 septembre 2017


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