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« RENDRE LA FRANCE LISIBLE » PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 23 Janvier 2006 01:00
 Devoir d'économie

« La France est illisible » : la formule de Laurence PARISOT, Présidente du MEDEF, a frappé les esprits, et elle est destinée à un bel avenir, surtout si elle débouche sur un engagement des entrepreneurs français pour « rendre la France lisible » en faisant subir à la classe politique une pression permanente jusqu’aux élections de 2007 – et tout porte à croire qu’il en sera ainsi.

Je pense sincèrement que cette prise de position, à l’occasion du Congrès du MEDEF tenu mardi dernier à Arc et Senans, constitue un évènement majeur, peut-être l’annonce de ce fameux « retour de la société civile » que j’appelle de mes vœux depuis si longtemps.

Le discours courageux de Laurence PARISOT est réaliste et prometteur.

Il est réaliste parce que l’accent a été mis sur les incohérences, les maladresses, les atermoiements de la politique de nos gouvernants actuels, dans la ligne des précédents – toutes tendances confondues. La façon dont on prétend lutter contre le chômage depuis des années est un défi aux lois de l’économie, c'est-à-dire au bon sens le plus élémentaire. Le gouvernement  a-t-il enfin compris que les entreprises n’embauchent que si elles peuvent licencier ? La mise en place des Contrats Nouvel Emploi et, maintenant, Première Embauche, semble le suggérer. Mais pourquoi ne pas l’admettre pour tous les chômeurs, pour toutes les entreprises et ne pas instaurer un « Contrat Libre Embauche », c'est-à-dire respecter la liberté totale du contrat de travail ? Laurence PARISOT a mis l’accent sur le mépris dans lequel les hommes politiques tiennent le contrat, et même les conventions collectives, pour leur préférer une législation pléthorique et incohérente. La législation, elle en parle comme d’un autre fléau qui paralyse les entrepreneurs et les dissuade de développer leur activité : la réglementation du Code du Travail s’enrichit « d’une page par semaine ouvrable ». Le pire des textes est celui qui a instauré « la durée légale du travail ». Position intelligente et courageuse : face aux 35 heures la majorité actuelle se réjouit d’avoir « amendé » une invention diabolique, une machine à fabriquer le chômage, Laurence PARISOT va droit au but et affirme qu’il faut supprimer cette ingérence inadmissible du législateur dans la vie des entreprises, et restaurer des relations libres et contractuelles entre employeurs et salariés.

Le Président de la République se rend-il à une évidence : les charges sociales sont trop lourdes, pénalisent la compétitivité internationale de nos entreprises, et constituent une barrière à l’entrée du marché du travail ? Au lieu de regarder du côté des dépenses, il propose d’augmenter les recettes en inventant une cotisation patronale sur la valeur ajoutée, qui va pénaliser par priorité « les entreprises du secteur numérique », celles dont on dit qu’elles tireront la croissance de demain. Ubuesque.

Le SMIC à la française, proche du salaire moyen, et rehaussé à chaque claquement de doigts des syndicats, a-t-il pour effet inéluctable de créer plus de chômage (comme le reconnaît enfin le très officiel rapport de Jean Denis Combrexelle) ? Il faut le sortir des mains de l’Etat pour le rendre aux partenaires sociaux, car aujourd’hui le politique passe avant le social, qui passe avant l’économique.

Je pourrais ajouter quelques branches de laurier à la couronne que je tresse à la Présidente du MEDEF. Mais je crois surtout nécessaire de souligner l’importance de ce qui constitue à mon sens un vrai virage de la société française.

Le discours de Laurence PARISOT est prometteur. Depuis 1968 et les accords de Grenelle, le patronat français s’est terré, et si l’on a pu entendre ponctuellement quelques « coups de gueule » - comme celui d’Ernest Antoine SEILLIERES contre le gouvernement RAFFARIN, les dirigeants du CNPF comme ceux du MEDEF ont adopté un profil bas, sachant qu’ils se faisaient tirer comme des lapins quand ils sortaient de leur bunker – pardon : de leur paillote.

Leur comportement s’expliquait pour de nombreuses raisons, mais était avant tout la rançon normale d’une économie dirigée. Dans un pays où l’Etat est le premier employeur, le premier client, le premier fournisseur, le premier bouclier contre la concurrence, et – pendant dix ans - le premier banquier,  les entreprises n’ont qu’à bien se tenir. Les textes qui encadrent leur activité, les marchés publics, le droit « social » sont sous la coupe des hommes de l’Etat, et un terrorisme fiscal, social, voire financier, s’instaure progressivement. Les grandes entreprises, plus étroitement encore liées à l’Etat, ou plus aptes à se délocaliser, peuvent tirer leur épingle du jeu, mais rien de tel pour les PME. Aujourd’hui menacés dans leur existence même, culpabilisés et désignés à la vindicte populaire comme « traînant les pieds » pour embaucher, assaillies par la concurrence mondiale, les entrepreneurs français déterrent la hache de guerre. L’intention de Laurence PARISOT, ovationnée à juste titre par ses électeurs, est de publier un « livre blanc » qui résumera les « exigences » des entrepreneurs à présenter aux candidats aux élections en 2007. Pour « rendre la France lisible », les deux exigences premières sont : la lutte contre le chômage et la réduction de la dette publique. Ce sont les mêmes exigences que celles que je formule ici même depuis de longues années, ce sont les bases des réformes adoptées partout à l’étranger.

J’ajouterai pour conclure que Laurence PARISOT n’a évoqué que « l’illisibilité » dans le domaine de l’économie, et elle s’en est ainsi tenue aux responsabilités de ses fonctions. Mais je me sens plus libre qu’elle dans les miennes, et j’ajoute que l’illisibilité est hélas aussi dans notre politique de l’Education Nationale, de l’intégration culturelle et sociale, de la famille ou encore du futur de l’Europe – sans parler de nos virevoltes diplomatiques. Au livre blanc du MEDEF les libéraux auront sans doute beaucoup d’annexes à ajouter. En tous cas bienvenue dans les rangs de la société civile à ceux qui font que la France continue à fonctionner et qui tiennent leurs entreprises et le pays à bout de bras.

 

 

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