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Ce livret destiné à des militants libéraux avait deux objectifs : d’une part, rappeler le contenu du contrat que des candidats libéraux devraient passer avec les électeurs, d’autre part, imaginer deux scénarios de l’alternance : la gauche reconduite en 2002 et en 2007, mais devenue libérale, ou la droite au pouvoir en 2002 et pour longtemps. En fait, la droite a gagné en 2002, mais le scénario « Thatcher » n’a jamais fonctionné, et la gauche reprend le pouvoir en 2012 !

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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LES COLONS PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 12 Décembre 2005 01:00
 Repentez-vous !

Le « rôle positif de la colonisation » attise les passions. Vous trouverez dans cette Lettre une analyse des origines et péripéties de cette querelle qui est en réalité dominée par des arrière-pensées très éloignées du fond de la question : 

d’abord la campagne organisée autour de la personne de Nicolas SARKOZY (et les Martiniquais sont ici rejoints par l’UDF, et une fraction de l’UMP amenée par le Premier Ministre) ; ensuite les exigences de BOUTEFLIKA, car le Président Algérien somme la France de battre sa coulpe et menace de rejeter le « traité d’amitié franco-algérienne » que notre pays attend avec tant d’impatience, à ce que dit Jean Marc AYRAULT ; enfin l’arrogance d’Aimé CESAIRE et autres indépendantistes et communistes qui veulent bien le sale argent des capitalistes colonisateurs à eux remis par le contribuable français, mais ne veulent pas en être redevables à ceux qui le leur donnent. C’est dire que le débat est assez brouillé par des considérations diverses et rarement honorables. Je trouve en particulier que se coucher devant le dictateur d’Alger est assez révoltant.

Pour ma part, dans ce dossier, j’ai un doute, et une certitude. Le doute vient de l’ambiguïté du concept de colonisation. La certitude c’est que la décolonisation n’a eu qu’un rôle négatif.

La colonisation a une longue histoire, sans doute est-elle amorcée avec le « colonat » inventé par les Romains. Dans les pays occupés, les soldats se voyaient attribuer des terres pour les exploiter à leur profit, mais aussi pour approvisionner Rome en récoltes. Il s’agissait donc d’une opération alliant la politique et l’économie. L’économie était satisfaite par la mise en valeur de ressources naturelles jusque là négligées. La politique consistait à fixer une population sur les terres conquises, et à assurer la présence bienfaisante de l’empire romain.

Ainsi conçue, la colonisation s’est répétée tout au long des siècles, on la retrouve avec les « conquêtes » ou « découvertes » des Espagnols, Portugais, Anglais et autres Français. Elle n’a jamais perdu sa dimension politique, car dans l’esprit des dirigeants européens l’étendue du territoire et l’importance de la population étaient le signe d’une grande puissance. D’autre part, comme nous étions en pleine doctrine mercantiliste, le commerce d’Etat, ou sous le patronage de l’Etat, devait permettre au pays de s’enrichir. La colonisation a donc été dans cette optique une affaire de gouvernement.

C’est la raison d’ailleurs pour laquelle la quasi-unanimité des grands penseurs libéraux du XIXème siècle, de Tocqueville à Bastiat, ont été à leur époque opposés aux « expéditions coloniales ». Les Etats-Unis sont nés en réaction aux abus du colonisateur anglais (qui ont commencé avec les Actes de Navigation pour avoir leur terme à la Tea Party de Boston).

Mais, au fil des siècles, il est tout aussi incontestable que la diffusion de la pensée et des techniques européennes au reste du monde a permis le recul de la barbarie et l’émergence de la civilisation. De Saint François Xavier au Père de Foucault, les missionnaires ont porté le message évangélique ; ils ont amené dans leurs bagages l’école, la morale chrétienne, le droit et la paix. Mais, pour ne pas être des saints, ceux qu’on appellera « les colons » transformeront les pays où ils iront s’installer. En particulier les colons en Algérie, arrivés sans ressource aucune, exilés politiques (comme les saint-simoniens) ou réfugiés (comme les Alsaciens et Lorrains de 1870 ou Espagnols de 1938), fuyant la misère (comme les vignerons du Midi et les Ardéchois du début du XXème siècle), ont fait d’un marécage malsain appelé Mitidja l’une des plaines les plus riches d’Afrique ; ils ont planté la vigne et l’olivier, construit des routes, développé les activités industrielles et commerciales, puis financières. La population s’est multipliée, elle a été soignée, instruite, et progressivement intégrée, dans un climat tel que l’on a pu parler pendant un long siècle de « l’Algérie heureuse », aussi heureuse pour les colonisés que pour les colons. Il en a été de même dans la plupart des aventures « colonisatrices » : ses bienfaits ont été incommensurables.

Il va de soi que cette réalité est soigneusement masquée aux générations actuelles ; petits et grands ne voient dans la colonisation qu’une expédition militaire, et la doctrine de Marx, prolongée par Lénine et Rosa Luxembourg, a accrédité la thèse de « l’impérialisme, stade suprême du capitalisme » : pour survivre à ses contradictions internes, le capitalisme devait exploiter les pays soumis par la force.

Il est vrai que les colons et les missionnaires ont peu à peu contrarié les habitudes et les plans des gouvernants, plus soucieux de présence militaire et administrative que d’économie ou de religion. La colonisation a à nouveau versé dans le politique. Les politiciens n’ont pas résisté longtemps à l’attaque marxiste, ils ont préféré « plier bagage », en abandonnant non seulement les colons, dont les personnes et les biens n’ont plus été protégés, mais aussi en livrant des millions de personnes à la barbarie des terroristes et des dictateurs, et à la misère durable. Nous payons cher aujourd’hui cette décolonisation honteuse, fruit de la peur et de la démagogie. Les Américains eux-mêmes mesurent aujourd’hui l’erreur historique qu’ils ont commise. Mais les peuples décolonisés la payent encore plus cher : privés de liberté, privés d’entrepreneurs et de capitaux, privés de toute chance de promotion dans une société de corruption et de violence. 

Les hommes d’Etat, non contents d’avoir égaré et les colons et les colonisés, s’enferment aujourd’hui dans leur petit jeu électoral et leur grand jeu géopolitique. Voilà des jeux dont je me refuse à croire qu’ils aient un « rôle positif ». La compréhension entre les peuples ne peut se faire que dans un climat de paix et d’harmonie, autour des valeurs universelles de la civilisation. Elle est l’affaire de ces millions d’hommes de bonne volonté qui ne demandent qu’à se connaître, à échanger et à se respecter – ce que précisément permettent l’initiative privée et le marché libre.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1337 du 14 octobre 2017

Editorial : L'école de la République
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Connaissance du libéralisme :
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