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Socialiste et  macro-économiste

Issu de Cambridge et élève d’Alfred Marshall, John Meynard Keynes emprunte aux marginalistes les concepts d’équilibre général et de courte période. Mais il appartient aussi à la Société Fabienne, qui regroupe les socialistes réformateurs anglais. A ce titre, il ne croit pas aux vertus habituellement prêtées à l’économie de marché par ses prédécesseurs néo-classiques.

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LA DEMOCRATIE PEUT-ELLE S’IMPORTER ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 28 Novembre 2005 01:00
 Quand la Chine s'éveillera...à la démocratie

La visite de George BUSH en Asie Pacifique a démontré le véritable enjeu de l’évolution de la Chine de Pékin : c’est l’avenir de la liberté et de la paix dans le monde entier qui est en cause.

A mes yeux, ici comme au Moyen Orient, la diplomatie américaine a marqué un nouveau point pour le camp de la démocratie. Pour autant ce n’est pas un point gagnant parce  que la question demeure entière, ici comme ailleurs : la démocratie peut-elle s’importer ?

Le point gagnant, c’est le rappel de la vigilance américaine dans cette partie du monde. Voilà bien longtemps que le centre de la vie internationale s’est déplacé de l’Atlantique vers le Pacifique. Dans cette zone se trouvent tous les pays « émergents », mais aussi quelques solides bastions de la dictature communiste. L’émergence pousse à l’ouverture sur le marché mondial, la dictature fait craindre un retour aux conflits armés. George BUSH, par ses propos, a bien fait comprendre que les Etats-Unis étaient présents et intéressés au plus haut degré dans cette affaire. Ils le sont du point de vue commercial, parce qu’ils veulent que ces nouveaux partenaires jouent honnêtement le jeu du commerce qui est en train de se développer à toute allure entre les deux rives du Pacifique. Ils le sont du point de vue politique, parce qu’ils considèrent que la lutte contre le terrorisme est plus facile dans un monde démocratisé que dans une mosaïque de dictatures. Pour la diplomatie américaine, depuis le 11 septembre, la lutte contre le fanatisme et pour la liberté se déroule sur tous les terrains d’opération du monde, elle est globale, comme l’économie. Enfin ils le sont du point de vue militaire, parce que la menace des puissances nucléaires asiatiques n’est pas mineure.

George BUSH a eu le mérite de dire les choses clairement, et il a lancé trois requêtes, qui ont valeur d’avertissements : que la Corée du Nord s’engage sur la voie du désarmement nucléaire, que l’indépendance de Taïwan soit respectée par la Chine continentale, que la Chine de Pékin s’engage dans la voie de la démocratie pleine et entière, incluant le respect des droits individuels. Il a ponctué ses discours de quelques gestes spectaculaires, comme sa présence à un office religieux dès son arrivée à Pékin. La diplomatie américaine est donc tout à fait lisible, et il fallait que les choses soient dites clairement. Voilà un bon point.

Pour autant, ce point n’est pas un point d’arrivée, mais un point d’étape, sinon un point de départ. Le futur de la Chine demeure dans les brumes si finement dessinées dans les peintures chinoises.

Certes la Chine s’est orientée vers la liberté économique. La Chine accepte le libre échange et la concurrence. La libre entreprise bénéficie également d’un environnement très favorable, la Chine attire les investisseurs. Hong Kong et maintenant Shanghaï sont devenues des places commerciales et financières parmi les plus dynamiques du monde. Enfin, et non le moindre, le peuple a pris goût au capitalisme. Par millions les Chinois viennent des campagnes vers les nouveaux centres commerciaux pour « faire du dollar », ils accèdent à la propriété de leur logement. Le principe de l’inviolabilité de la propriété privée a même été solennellement proclamé dans les discours officiels mais aussi dans la législation : de quoi dérouter la France socialisée. Tout cela est un acquis remarquable, et on voit le peuple des grandes villes à nouveau heureux, une classe moyenne en pleine croissance et de très grandes fortunes friandes de luxe et de tourisme haut de gamme.

Pour autant il reste un long chemin à parcourir aux Chinois  pour connaître la liberté politique. Il n’y a toujours pas de possibilité d’exprimer une opinion hostile au pouvoir, les prisonniers politiques se comptent par milliers, la pratique religieuse est étroitement contrôlée, et l’eugénisme demeure encore une triste réalité, allant même jusqu’à l’avortement obligatoire dans certaines provinces. Le poids du parti se fait sentir partout, même dans le monde des affaires puisque les dignitaires communistes sont souvent aux postes de commande des compagnies capitalistes. L’armée, instrument indispensable du pouvoir, pousse sans cesse à la course aux armements, et l’agressivité à l’égard des voisins japonais, coréens ou taïwanais est de plus en plus visible.

L’espoir évoqué par BUSH est celui de la dynamique des libertés. Il est vrai qu’elle a joué dans la plupart des cas, depuis le régime des colonels grecs jusqu’à celui des dictateurs latino-américains. Les peuples qui se voient ouvrir un choix en matière de travail, de consommation et de commerce, finissent par réclamer le choix de leurs dirigeants politiques. L’ouverture mondiale apporte avec elle l’envie de la liberté politique dont jouissent les autres pays. La Corée, le Japon, la Thaïlande, Hong Kong et Taïwan ont été des vitrines de la liberté.

Toute la question est de savoir si les dirigeants chinois finiront par céder à la pression, même si elle représente un danger pour leur position ou si, conscients de ce danger, ils ne retourneront pas aux démons de la dictature et de l’agression.

Une autre question est plus profonde, et ne se rapporte pas seulement à la simple opportunité politique : un pays qui n’a aucune tradition démocratique peut-il importer les institutions de la démocratie qui assurent l’état de droit et la subsidiarité ? Hayek était sceptique sur la possibilité de transposer les institutions, qui d’après lui ne sauraient être solides si elles ne sont pas le fruit d’une évolution sociale. Mais il admettait aussi la possibilité de donner un coup de pouce à l’ordre spontané. Je suis plus optimiste, car je pense qu’il y a une convergence institutionnelle, parce que les sociétés humaines sont appelées, à très long terme il est vrai, à aller dans le sens du droit naturel, de la civilisation, de l’harmonie et de la paix. Ce n’est pas parce que nous sommes saturés de guerres depuis des siècles que l’on doit en accepter la fatalité. La dignité des hommes leur commande de ne pas se résigner, et de travailler sans cesse à la cause de la liberté. En oeuvrant pour la liberté économique et le progrès social, nous préparons la mondialisation de la démocratie.

 

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Au sommaire du n°1323 du 23 mai 2017


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Conjoncture : Etat actionnaire : des privatisations en vue ?

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Spécial présidentielles  : Ce qui attendrait les Français après le 18 juin - La guerre du Code du Travail n’aura pas lieu - Hausse de la CSG : inefficace et injuste - Le programme des Républicains est-il attrayant ?

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