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La route de la servitude

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FAUT-IL BRULER L’ETAT PROVIDENCE ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 14 Novembre 2005 01:00
 Etat de crise

Ils brûlent les voitures. Ils cassent, frappent, volent, violent. Forts des conseils de mon Président de la République préféré, je ne me laisserai pas aller à dire, comme certains, que ce sont des sauvageons, que c’est une « racaille ».

A ce mot, tous ont crié haro sur le baudet, ce pelé, ce galeux d’où venait tout le mal : ce ministre au langage direct, qui osait dire tout haut ce que des millions de Français pensaient tout bas. Hélas il n’avait pas compris qu’il existe un terrorisme intellectuel dans ce pays. Il y a des mots à ne pas prononcer, il y a des choses à ne pas faire. Cette forme de terrorisme est aussi dangereuse que le terrorisme des attentats, des enlèvements, parce qu’elle tétanise les pouvoirs publics, et encourage l’escalade de la violence.

Après avoir ainsi donné, sans aucune originalité, mon point de vue sur les nuits d’émeute et les réactions insipides ou révoltantes qu’elles ont appelées, je voudrais essayer d’aller un peu plus loin dans l’analyse de ces drames. 

Au cœur de ces drames, comme l’ont relevé certains de mes amis, se trouvent les politiques de l’immigration et de l’éducation. Depuis un demi siècle, les gouvernements successifs ont fait preuve d’aveuglement, et n’ont pas compris que toutes les difficultés nées de l’immigration et l’éducation ne provenaient en fait que des institutions et des initiatives propres à un Etat Providence. 

L’immigration ? Elle devient sauvage et abusive quand les immigrants ne sont pas là pour travailler et s’intégrer à la communauté nationale, mais uniquement pour bénéficier de ces fameux « droits sociaux » que l’on a si largement dispensés. La Sécurité Sociale est une source permanente d’irresponsabilité, de parasitisme, de tricherie, elle invite au non-travail, au non-mérite, au non-respect. Les enfants de ces immigrés, même nés en France, voient leurs parents et leurs voisins vivre de l’assistance publique : pourquoi aller à l’école, pour s’astreindre au moindre effort, à la moindre discipline ? Ils ont compris comment fonctionne le système : le chômage et le marché clandestin rapportent plus qu’une occupation honnête au service de la communauté. Dans ses ouvrages devenus célèbres, le grand économiste Thomas SOWELL a démontré comment le marché est la plus extraordinaire machine à brasser les hommes de toutes origines, et c’est ce qui explique une part du miracle américain : tout le monde est obligé de tenir sa place dans l’effort national car sans effort pas de revenu. La France, comme certains autres pays, préfère les revenus de redistribution aux revenus d’activité, et le secteur marchand s’est réduit comme peau de chagrin à cause de l’expansion extraordinaire du secteur public.  

L’éducation ? Il est vrai que le marché ne suffit pas à intégrer les communautés immigrées. Il faut aussi compter avec la famille et l’école. La famille peut inculquer certains principes moraux, mais la famille immigrée peut difficilement aider l’enfant dans ses études. Elle se décharge sur les enseignants. Mais où en est l’école française ? Elle n’apprend plus rien des bases du savoir, et les enfants ne reçoivent pas le minimum d’aptitude à la lecture, à l’écriture, au calcul, qui leur permettrait de révéler et de développer leurs talents. Ils sont interdits de progrès personnel.  

Comment s’étonner de ce résultat quand on a un système bureaucratique, où tout sens des responsabilités, là encore, a disparu, où les parents n’ont aucun choix, où les meilleurs maîtres sont vite découragés par le climat délétère que font régner des syndicats politisés ? Le mammouth n’éduque pas, il écrase. Pour réprimer la criminalité dans les quartiers chauds de New York, GIULIANI n’avait pas hésité à laisser se créer des centaines d’écoles, dont chacune avait sa spécificité ; elles étaient privées, publiques, confessionnelles, laïques, mais l’important c’était que les familles aient le choix et trouvent ce qui convenait le mieux à leurs enfants. Toute la scolarité a été financée par des bons scolaires remis aux familles de ces quartiers. Les enfants sont retournés à l’école, ils n’étaient plus dans la rue, ils ne vendaient plus de la drogue, ils ne pratiquaient plus le racket, ils ne brûlaient plus les voitures.

Oui, soyez en persuadé : c’est l’Etat Providence qu’il faut brûler.  

Des flammes de l’Etat Providence pourrait renaître un Etat digne de ce nom, celui qui n’est pas prêt à s’aplatir devant le premier syndicaliste venu, pas prêt à s’émouvoir à la première grève annoncée, pas prêt à céder au fanatisme, celui qui a le devoir et les moyens de protéger les biens et les personnes. On nous a rebattu les oreilles de campagnes sécuritaires, et on a d’autant plus parlé de sécurité qu’on était incapable de l’assurer. L’Etat Providence a tué l’Etat gendarme. Quand l’Etat n’est plus respectable, il n’est plus respecté.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


Editorial : La Reconquête

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