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D’Aristote à René Girard, ils ont abordé les thèmes de l’éternel humain : la nature de l’homme, son destin, sa conscience, la liberté, le pouvoir, la religion, la vie, la vérité, etc. Dans une société où le paraître l’emporte largement sur l’être, se rapprocher des philosophes nous aide à retrouver ce qui importe à long terme, ce qui est le fond de notre humanité et ce qui donne valeur à notre liberté.

64 pages, 30 portraits, 5€

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Socialiste et  macro-économiste

Issu de Cambridge et élève d’Alfred Marshall, John Meynard Keynes emprunte aux marginalistes les concepts d’équilibre général et de courte période. Mais il appartient aussi à la Société Fabienne, qui regroupe les socialistes réformateurs anglais. A ce titre, il ne croit pas aux vertus habituellement prêtées à l’économie de marché par ses prédécesseurs néo-classiques.

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LE PLAN EST MORT, VIVE LE PLAN ! PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 07 Novembre 2005 01:00
 Villepin au pays des soviets

Un des fleurons des institutions françaises vient de disparaître : la Commissariat au Plan n’existe plus. Le Plan faisait pourtant partie de l’exception française. Notre pays était le seul et unique parmi tous les pays occidentaux à s’être donné un Plan. De quoi sourire ou se révolter.

Sourire quand on voit les brillants résultats de nos planificateurs en un demi-siècle. Se voulant quinquennal, comme le grand frère soviétique, le Plan n’est jamais parvenu à atteindre le moindre des objectifs qu’on lui fixait. Il y a toujours eu quelque évènement « extérieur » et imprévu qui a dû conduire à abandonner ou à réviser ces objectifs. Mais n’était-il pas puéril, au départ, de penser que l’économie puisse se planifier ? Jean Massé, qui a régné sur le Commissariat pendant quinze ans, définissait le plan comme « l’anti-hasard », il faisait un contresens complet sur la signification et le fonctionnement de l’économie. Faite par les hommes et pour les hommes, l’économie ne peut offrir aucune certitude. Seuls quelques utopistes pouvaient nourrir cette « présomption fatale » de construire une macro-économie sans erreur en laissant les individus libres de leurs choix de producteurs et de consommateurs. Le plan ne se justifie que s’il évacue la liberté, s’il oublie l’homme, c'est-à-dire s’il est impératif : l’URSS s’y est essayée, elle a réussi à créer l’inhumanité, mais pas la prospérité. En France on a voulu un Plan simplement « indicatif ». Mais il a échoué à infléchir les décisions des agents économiques, et même des agents de l’administration : le secteur public lui-même ne s’est jamais conformé à ce que le Plan avait prévu pour lui. Le Plan devait être pour les citoyens une « ardente obligation », mais peu de Français se sont sentis obligés : fallait-il les obliger ardemment ? Finalement, faute d’être impératif, voire indicatif, le Plan est devenu purement « décoratif », comme disait Daniel Villey, qui expliquait par là que si le Plan était sans consistance, de la poudre jetée aux yeux pour amuser la galerie, en revanche le Plan permettait de fleurir nombre de boutonnières, de distribuer récompenses, prébendes et privilèges.

Voilà de quoi se révolter : pendant des années, rue de Martignac, des centaines d’experts, de beaux esprits, ont multiplié les études, les rapports, que personne n’a jamais lus ni utilisés, puisqu’ils étaient inutilisables. Pendant vingt ans, la mode a été aux « modèles », et les gens du Plan en ont proposé, de plus en plus sophistiqués, de plus en plus éloignés de la réalité, qui ne se conforme jamais au « modèle » qu’on lui destine. Très savamment des Commissaires au Plan nous ont entretenu du futur de la société française, mais aucun n’a jamais compris le mal français, pour la raison bien simple qu’ils faisaient partie du mal, et bien payés de retour. 

Ce parasitage intellectuel et ce gaspillage financier ne me dérangeraient pas s’ils n’avaient égaré durablement l’opinion publique, s’ils n’avaient empêché notre pays de suivre le chemin qu’ont emprunté toutes les autres nations : le chemin de la libre entreprise, du libre échange, et de l’économie de marché. Je me révolte à l’idée que toute cette agitation planificatrice stérile participe d’une hostilité au marché.

Cela était déjà le cas dès le début avec Jean Monnet, qui en 1945 mettait les Européens en garde contre le marché. « Ce sera l’anarchie » disait-il. Voilà pourquoi il proposait une « haute autorité » pour gérer l’économie européenne, qu’il voulait organiser comme une armée – lui qui avait coordonné les transports et les approvisionnements des troupes alliés pendant les deux guerres mondiales. L’économie « de guerre » l’économie de rationnement : voilà le projet, voilà qui nous rapprochait de l’univers stalinien. Heureusement personne n’a suivi Jean Monnet en dehors des adeptes français de la « troisième voie ». Mais en France l’idée que le marché était source de désordre et d’injustice a fait son chemin dans la trace du Plan. Plus personne chez nous n’a désormais admis que la coordination décentralisée, celle de la « main invisible » était juste et efficace alors que la coordination centralisée du planificateur était source de pauvreté accrue, de stagnation et de chômage. 

En mettant courageusement fin au Plan, Monsieur de Villepin a-t-il remis la France sur la bonne voie intellectuelle ? J’aurais aimé le croire, mais très vite le Premier Ministre a rassuré les gens du Plan. Même si M. ETCHEGOYEN, Commissaire au Plan est passé à la trappe, les 160 salariés vont rester en fonction. Car le commissariat au plan sera remplacé par un centre d’analyse stratégique destiné à éclairer les grandes décisions de l’Etat à long terme. M. de VILLEPIN souhaite « disposer d’une capacité d’expertise rapide et directement opérationnelle ». Pour que les choses soient claires, on précisait à Matignon que la nouvelle structure rassemblera tous les organismes de réflexion placés sous l’autorité du premier ministre, y compris le conseil d’analyse de la société dirigé par Luc FERRY, ou encore le conseil d’analyse économique.

Voici le progrès : on ne planifie plus l’économie, mais on planifie la politique et la société.

Avouez qu’il y a de quoi se révolter !

 

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Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


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