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D’Aristote à René Girard, ils ont abordé les thèmes de l’éternel humain : la nature de l’homme, son destin, sa conscience, la liberté, le pouvoir, la religion, la vie, la vérité, etc. Dans une société où le paraître l’emporte largement sur l’être, se rapprocher des philosophes nous aide à retrouver ce qui importe à long terme, ce qui est le fond de notre humanité et ce qui donne valeur à notre liberté.

64 pages, 30 portraits, 5€

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Socialiste et  macro-économiste

Issu de Cambridge et élève d’Alfred Marshall, John Meynard Keynes emprunte aux marginalistes les concepts d’équilibre général et de courte période. Mais il appartient aussi à la Société Fabienne, qui regroupe les socialistes réformateurs anglais. A ce titre, il ne croit pas aux vertus habituellement prêtées à l’économie de marché par ses prédécesseurs néo-classiques.

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LE LABYRINTHE EUROPEEN PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mercredi, 02 Novembre 2005 01:00
 Labyrinthe

Les Anglais ne manquant jamais d’humour ont organisé le sommet européen à Hampton Court, un lieu célèbre pour ses jardins où des massifs d’arbustes savamment agencés forment un labyrinthe où s’égarent les plus perspicaces.

Fort heureusement, tel le Petit Poucet, Jacques CHIRAC a semé les cailloux qui permettront de retrouver le bon chemin pour la bonne Europe. L’initiative de notre Président a été présentée dans un article donné mercredi à 25 quotidiens européens. Elle vient à point nommé éclairer la position de la France, difficile à saisir après les passes d’armes avec la Commission de Bruxelles.

Pour Jacques CHIRAC, le cap doit être mis sur « une Europe-puissance ». Ce choix est en effet fondamental, il a inspiré le projet de traité constitutionnel, et il est rejeté par tous ceux qui souhaitent une « Europe espace ». De là découle aussi l’option entre d’un côté « une Europe politique et sociale » et de l’autre « une simple zone de libre échange ». Je traduis : d’un côté une Europe dirigée de mains de maîtres par les politiciens et les syndicalistes, inspirés par le protectionnisme et le corporatisme, défenseurs des « acquis communautaires » et des « droits acquis », de l’autre une Europe de libre circulation et de libre concurrence, permettant de sortir du chômage et de s’adapter à la mondialisation pour ne pas avoir à en souffrir.

Pour que le doute ne soit pas permis, le Président précise que le modèle européen, qualifié d’« humaniste », c’est « l’économie sociale de marché », « alliance de la liberté et de la solidarité », « c’est la puissance publique garante de l’intérêt général ».

Il en déduit quels sont les devoirs de l’Europe dans les années à venir : engager « de grands programmes dans les domaines d’avenir tels que les biotechnologies, les technologies de l’information, les nanotechnologies », et les financer grâce à la Banque Européenne d’Investissement (dont l’apport initial de 10 milliards d’euros permettra de subventionner à concurrence de 30 milliards – merveille du multiplicateur du crédit public). L’Europe doit encore lutter contre les délocalisations, qui sont le fait de « certaines grandes entreprises » qui n’agissent que sous la « contrainte de la rentabilité financière à court terme » : dans cette lutte « nous serons plus forts en réagissant ensemble ». Enfin, l’Europe doit s’intéresser aux pays pauvres en apportant son « aide au développement » et en défendant ses intérêts à l’OMC.

En clair, Jacques CHIRAC ne fait que reprendre, une fois de plus, ses grandes idées sur le capitalisme mondial, la pauvreté, les échanges internationaux, la politique agricole commune. Une fois de plus il affirme son hostilité à « l‘ouverture à tous les vents de la mondialisation ».

Il est en plein accord avec les positions récentes de la diplomatie française, il est en plein désaccord avec la quasi-totalité des gouvernants européens.

En plein accord avec nos récentes et tumultueuses agressions de la Commission. Amorcé avec l’affaire Danone, aggravé avec les licenciements d’Hewlett Packard, explosif avec les négociations menées par Peter MENDELSON au sien de l’OMC, le conflit avec la Commission exprime la conception que les dirigeants français peuvent avoir de l’Europe. L’Europe doit se mettre au service des intérêts français. On appelle l’Europe au secours chaque fois qu’on en a besoin, et on refuse toute ingérence de l’Europe quand elle va contre nos désirs. Les mêmes Français qui tiennent de grands discours sur « l’Europe qui parle d’une seule voix », souhaitant un puissant ministère européen des affaires étrangères, s’empressent de dénoncer celui qui porte la voix de l’Europe au sein de l’OMC ! J’ai dénoncé naguère cette hypocrisie, en rappelant que sur toutes les affaires internationales, depuis la Yougoslavie jusqu’à l’Irak, en passant par la Turquie, il y a eu la plus totale division entre les capitales européennes. Mais la diplomatie française s’entête : c’est l’Europe qui nous arrange, ou ce n’est rien du tout.

Or, la quasi-totalité des gouvernants européens ne veulent pas d’une Europe à la Française. Les nouveaux venus dans l’Union veulent « l’Europe Espace » ; ils sont en faveur de la concurrence, parce qu’ils sont compétitifs. Leurs peuples sont dynamiques, désireux de progresser rapidement, prêts à beaucoup de travail, et plus attirés par la libre circulation que par les acquis communautaires. De leur côté, ce que veulent les Anglais et les Scandinaves c’est une Europe marchande, pas une Europe politique. Le « modèle anglo-saxon » a leur préférence. Quant au modèle de « l’économie sociale de marché », qui est le nom poli de la social-démocratie, qui n’est qu’une machine redistributive en faveur du secteur public, des fonctionnaires, et au détriment des entreprises et de l’emploi, il est abandonné par ceux-là même qui l’avaient inventé. Les Allemands, aussi bien ceux de SCHRÖDER que de MERKEL, l’ont compris : ce modèle, encore appelé « rhénan » est voué à la mort certaine dans un contexte de libre échange mondial. Plus fondamentalement, en économie il n’y a pas de « modèle », il y a des lois, et elles s’appliquent impitoyablement à tous les pays en dépit des vains efforts des gouvernants pour les ignorer. La plupart des participants au sommet de Hampton Court en sont aujourd’hui persuadés. Ils n’ont aucune envie de suivre le chemin imaginé par les représentants de la France. Car ce chemin ne conduit nulle part. Et la France elle-même s’est aventurée dans un labyrinthe dont elle cherche la sortie depuis bien longtemps.

La vraie sortie est pourtant bien connue : elle est dans une société de libertés. Les Anglais et les autres l’ont compris : « Elémentaire mon cher Watson »…

 

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