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FISCAL WARMING PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 24 Octobre 2005 01:00
 Fiscalité

Cette expression m’a été inspirée par les récents travaux de l’IREF (Institut de Recherches Economiques et Fiscales) consacrés à la dette publique (site www.iref-europe.org). Le débat actuel sur le budget lui donne un relief particulier. Mais pourquoi Fiscal Warming ?

Voilà des années qu’on nous rebat les oreilles avec le « Global Warming », ce réchauffement de la planète, cet « effet de serre » qui laissera un héritage écologique catastrophique aux générations futures. L’opinion publique est ainsi alertée sur les dangers que nous courons dès maintenant, mais plus encore sur ceux auxquels nous exposons nos enfants et, à coup sûr, nos petits-enfants.

Par contraste, la même opinion publique est tenue dans l’ignorance des dangers, ceux-ci bien réels et inéluctables, que nous faisons courir à ces générations futures en leur léguant une dette publique qu’ils passeront leur vie à éponger, au prix de sacrifices considérables. Le réchauffement des finances publiques est ainsi mieux établi et plus pervers que celui de la planète.

Les chiffres, vous les connaissez : c’est aujourd’hui 18.000 euros de dettes que chaque nouveau-né français trouve dans son berceau. C’est bien plus qu’une année complète de salaire d’un Smicard. Mais comme la France est caractérisée par une progressivité de l’impôt assez spectaculaire, pour certains futurs contribuables cela signifiera qu’ils devront travailler dix ans de suite pendant un mois chaque année pour payer le supplément d’impôts destiné à rembourser cette dette. Il faudra y ajouter, bien évidemment, les autres mois de l’année destinés à régler les impôts courants, car l’appétit budgétaire de l’Etat sera sans doute toujours aussi dévorant.

De la sorte, dans moins de vingt ans le contribuable français sera condamné soit à se saigner aux quatre veines, se résignant à perdre quelque 10% de son pouvoir d’achat, soit à renoncer à percevoir tout revenu imposable en réduisant son activité ou en oeuvrant sur le marché « parallèle », soit à fuir à l’étranger. Inutile de dire que ces trois échappatoires existent déjà aujourd’hui, mais elles s’imposeront à tout le monde demain.

Le tableau peut être encore noirci, tout en demeurant réaliste, quand on ajoute à la dette publique tous les engagements que notre système social a pris à l’égard des futurs retraités, engagements qui conduiront à des déficits supplémentaires faute d’avoir les actifs suffisants pour les tenir.

Cette prospective vaut bien celle des malthusiens qui annoncent la fin du monde. Je voudrais qu’on puisse me démontrer le contraire, alors qu’elle s’inscrit dès maintenant dans les chiffres de notre budget. Le paiement des seuls intérêts (ce que l’on appelle le « service de la dette ») est la première dépense du budget actuel ! Mais cela ne semble pas émouvoir grand monde. Nos gouvernants actuels, comme ceux qui les ont précédés, taisent la situation dramatique causée par leur incurie. Personne ne dit la vérité aux Français : l’Etat vous ruine, et vos enfants le paieront cher.

L’étude de l’IREF explique avec talent et clarté comment tout cela se produit, et comment vont s’écrire les prochaines pages du roman noir. La dette publique n’est pas seulement, comme le disait Ricardo, l’équivalent d’un impôt futur. Cette thèse (dite précisément de « l’équivalence ricardienne ») sous-estime le fait que le financement d’un déficit budgétaire par une nouvelle couche de dette a pour effet d’aggraver le déficit lui-même. En effet, quand la dépense publique est immédiatement payée par les contribuables du moment, elle trouve ses limites, plus ou moins rapides, mais en tous cas réelles. Les contribuables sont des électeurs, et quand l’impôt atteint non plus une minorité de « riches » mais aussi et surtout les classes moyennes, puis maintenant les revenus les plus modestes, la facture de l’Etat a un coût politique élevé. Même s’ils sont trompés par une fiscalité sous anesthésie, avec une masse d’impôts indirects indolores sur-le-champ, les Français finissent par comprendre que l’Etat vit certes au-dessus de ses moyens (même Monsieur Breton s’en est aperçu) mais surtout vit dangereusement à leurs dépens. Voilà pourquoi on commence à entendre des discours, mais seulement des discours, sur la maîtrise des dépenses publiques. Rien de tel quand on fait appel à la dette pour combler le déficit, ce qui est la règle depuis que l’inflation et la dévaluation ne sont plus là pour effacer les ardoises (il s’agissait bien sûr, d’une autre forme d’impôt).

Alors que faire pour éviter l’hécatombe ? Une solution, conclut l’IREF, est certes de réduire l’Etat et de remettre en cause ses attributions et son mode de fonctionnement : on met ainsi fin à la folle course en avant. Mais l’on ne peut sortir de l’impasse qu’en passant à des taux de croissance supérieurs de plusieurs points à ce que nous connaissons aujourd’hui, et en affectant une partie de cette croissance au remboursement de la dette. Dans une économie dynamique, les sacrifices sont plus supportables : au lieu d’une diminution du pouvoir d’achat, on se résigne à une simple stagnation.

Pour stimuler la croissance, il n’y a qu’un moyen efficace : réduire les prélèvements obligatoires, transférer au secteur privé dynamique les moyens financiers gaspillés par le secteur public. Monsieur Attali, qui a fait la même analyse sur les dangers de la dette, conclut à l’inverse : il faut relancer la croissance avec les dépenses publiques. Il est génial. Ayant moins de génie, nos dirigeants choisissent le silence et le maquignonnage. Il faudra bien pourtant que la vérité éclate, voire explose : alerte au Fiscal Warming !

 

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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1322 du 16 mai 2017


Editorial : Un triste gouvernement centriste

Conjoncture : Faut-il reparler des retraites ?

Actualité  : Le 13 mai 2017 - Il ne faut pas désespérer Billancourt…ni la CGT

Spécial présidentielles  : Ecrit au lendemain de la victoire de Hollande, il y a cinq ans - L’Europe, terre d’élection pour Emmanuel Macron - Premier entretien avec Edouard Philippe - Emmanuel Macron serait-il Tony Blair ?

Lu pour vous : Pan sur le bec - Il y a libéralisme et libéralisme

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