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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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Voir la vie comme un économiste

Ce thème de l’allocution prononcée lorsqu’il fut honoré du prix Nobel d’économie (1992) résume l’originalité de Gary Becker.

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LA SECU A SOIXANTE ANS PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 17 Octobre 2005 01:00
 Bon anniversaire !

J’avais été invité à la grande fête donnée à l’occasion du cinquantenaire de la Sécu. J’ai tenu des propos tellement scandaleux que l’on ne m’a jamais plus convié à parler de cette noble institution. Parler de la Sécu en termes péjoratifs, c’est commettre un crime de lèse-majesté. Dire que le système est anti-économique, anti-social et immoral, c’est en effet dénigrer une invention « que le monde entier nous envie », et qui est un des piliers du « modèle social français ». Et pourtant…

Pourtant la Sécurité Sociale est bien anti-économique. D’une part, à la différence de ce que font les compagnies d’assurances dans le monde entier, elle ne gère pas les cotisations faites de l’épargne (forcée) des assujettis. Le principe de la répartition, appliqué aussi bien pour la maladie que pour les retraites, fait que la Sécu est un simple tiroir-caisse : l’argent n’est pas plus tôt entré qu’il en ressort. Aucune fructification de l’épargne, aucun placement en un mot : aucune capitalisation. Les Français croient qu’ils ont mis de l’argent de côté pour le jour où ils seront malades ou à la retraite, ce n’est pas le cas : ce jour-là ils devront espérer que leurs pensions et leurs indemnités leurs soient versées par les actifs cotisants. Comme il y a de moins en moins d’actifs cotisants et de plus en plus de malades et de retraités, les chances d’être payé fondent chaque jour comme neige au soleil, les caisses sont naturellement en déficit.

Ensuite, les caisses sont des organismes publics jouissant d’un monopole ; elles présentent tous les vices d’une firme centralisée, bureaucratique et elles ne bénéficient pas de la saine émulation de la concurrence. Les assurés sont prisonniers, pour dire exactement « assujettis ». Voilà pourquoi la gestion du tiroir-caisse est si onéreuse.

Enfin, si la Sécurité Sociale pouvait et savait gérer l’épargne capitalisée, cela permettrait d’avoir des fonds disponibles pour l’investissement en France, la croissance s’en trouverait dopée, le chômage réduit, et les déficits effacés.

Anti économique, la Sécurité Sociale est aussi anti-sociale. Car son incurie et son coût prohibitif pèsent surtout sur les plus pauvres. Si les gens étaient libres de s’assurer auprès d’assureurs privés, le prix à payer serait à peu près de moitié pour un Smicard s’agissant de la maladie (à prestations comparables) et du quart (voire davantage) s’agissant de la retraite. Aujourd’hui la faillite de la Sécurité Sociale se traduit déjà par des moindres remboursements pour les médicaments, par des tickets modérateurs, et les bases de calcul des retraites sont revues à la baisse – et le seront encore davantage demain, tandis que la période de cotisation sera sans cesse augmentée. A ceux qui diront que ne s’assure pas qui veut, et qu’il y aura des gens non assurés, je réponds que rien n’empêche de leur délivrer des chèques-assurances, ni de rendre l’assurance pour une couverture minimale obligatoire (c’est le système allemand en-dessous d’un certain revenu).

A ceux qui craignent une « santé à deux vitesses » je fais observer qu’on y est déjà ! Ceux qui en ont les moyens ont accès immédiat aux soins refusés ou retardés aux autres et les dépenses de santé sont proportionnellement moins lourdes pour les personnes à hauts revenus. Enfin ces personnes peuvent prendre des complémentaires et des assurances-vie pour se garantir contre la faillite annoncée de la Sécurité Sociale.

Enfin et surtout, la Sécurité Sociale est immorale. Elle déresponsabilise les assurés : ils ont le sentiment que la Sécu est « un droit social » alors que c’est leur argent qui est ainsi gaspillé. La pratique du tiers payant fait que personne ne sait ni ne veut savoir ce que coûte la santé. Parallèlement, personne ne se demande ce qu’il aurait pu toucher s’il avait placé son épargne. La Sécurité Sociale est une prime à l’inconscience et à la tricherie. Les seuls perdants sont ceux qui respectent leurs obligations. Les tricheurs sont les gagnants : non paiement des cotisations avec le travail au noir, trafic de médicaments, faux certificats d’arrêt maladie, etc. De plus, l’esprit de prévoyance disparaît et nul n’a cure de la dette sociale laissée en héritage aux générations futures.

Bastiat tirait les conclusions de cette aberration : « Les abus iront toujours croissant, et on reculera le redressement d’année en année, comme c’est l’usage, jusqu’à ce que vienne le jour d’une explosion. Mais alors on s’apercevra qu’on est réduit à compter avec une population qui ne sait plus agir par elle-même, qui attend tout d’un ministre ou d’un préfet, même la subsistance, et dont les idées sont perverties au point d’avoir perdu jusqu’à la notion du droit, de la propriété, de la liberté et de la justice ».

Bon anniversaire, chère, très chère Sécu.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1360 du 18 avril 2018

Editorial : Un an après
Actualité
:
L’interview de trop - Des interviews pour rien
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Jean Baptiste Noé, La parenthèse libérale


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