Commandez

Catalogue de la Sefel l www.libres.org

A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

55 pages, gratuit

Bulletin de commande

 

Portait

Innovation et destruction créatrice

C’est certainement au titre de sa théorie de l’innovation et de la destruction créatrice que Schumpeter est le plus connu. Il a le mérite de replacer au cœur de l’économie le personnage de l’entrepreneur, totalement oublié depuis Jean Baptiste Say.

Lire la suite...
CHASSEZ LE DROIT NATUREL… PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 03 Octobre 2005 01:00
 La loi

Chassez le droit naturel, il revient au galop.

C’est ce que m’inspirent les dérives actuelles de la législation française, illustrées par l’affaire du « Rainbow attitude expo ». La RATP a en effet refusé d’afficher dans le métro une image publicitaire pour cette manifestation hors du commun.

Le prétexte était futile : l’affiche présentait deux couples d’homosexuels, l’un masculin l’autre féminin (si l’on a le droit de dire ainsi) échangeant de langoureux baisers.
Il n’y a en France que quelques attardés de l’homophobie pour trouver à redire, au prétexte ridicule qu’une telle image pourrait choquer des adultes, voire des enfants. Quels adultes, sinon des demeurés moraux (pardon : des demeurés mentaux) ? Quant aux enfants, il ne faut rien leur cacher des choses de la vie, c’est un devoir de les libérer des préjugés qui pourraient plus tard leur coûter chair.

C’est donc à juste titre que les organisateurs de la Rainbow expo ont fait référence à l’œuvre libératrice de notre législateur, et ont soutenu que la RATP tombait sous le coup de la loi du 16 novembre 2001 modifiant les articles 225-1 et 225-2 du Code Pénal sur les discriminations punissables. Ils saisissent à cet effet la Haute Autorité pour la Lutte contre la Discrimination et pour l’Egalité (HALDE) créée par le même texte et présidée par Louis SCHWEITZER.

Nous y voici : la souveraineté du législateur ne saurait être mise en cause, aucune loi ne saurait être scélérate du moment qu’elle a reçu l’aval de 50% d’une Assemblée représentant 25% du peuple – qui n’a évidemment jamais été consulté sur ce sujet, ni d’ailleurs sur la plupart des autres sur lesquels nos députés se penchent avec un soin jaloux.

C’est ce que Tocqueville appelait « la tyrannie de la majorité », dont il redoutait qu’elle dégrade la démocratie. Bastiat, élu en 1848 à l’Assemblée, en même temps que lui, dénonçait également la prétention du législateur de s’occuper de toutes choses et d’ignorer le droit naturel.  Cette prétention était ainsi formulée par Rousseau : « Le législateur doit se sentir de force à transformer la nature humaine ». Non, le rôle du législateur n’est pas de créer l’homme nouveau ni la société parfaite, et Bastiat remet les choses en place : « Personnalité, Liberté, Propriété, voilà l’homme. C’est de ces trois choses qu’on peut dire, en dehors de toute subtilité démagogique, qu’elles sont antérieures et supérieures à toute législation humaine. Ce n’est pas parce que les hommes ont édicté des Lois que la Personnalité, la Liberté et la Propriété existent. Au contraire c’est parce que la Personnalité, la Liberté et la Propriété préexistent que les hommes font des Lois ».

Bastiat et Tocqueville l’avaient compris : il existe, dans la tradition des peuples civilisés, un respect absolu du droit naturel. On peut même dire que c’est la référence au droit naturel qui a fait la différence entre la barbarie et la civilisation. En effet, le droit naturel se déduit de la nature même de l’être humain, en lui garantissant sa spécificité et sa dignité, qui le distinguent des espèces animales. On comprend qu’il soit imprescriptible, hors d’atteinte. Les traditions d’Aristote, de Saint Thomas d’Aquin ou de Locke, différentes à certains égards, convergent vers une commune conclusion : parce qu’il est un être humain l’homme a droit au respect de sa vie, de sa liberté, de sa propriété. Ce droit ne lui est pas attribué ou concédé par un parlement ou un souverain. Il le porte en lui-même, dès sa naissance à la vie.

Le rôle des autorités politiques, titulaires du pouvoir de coercition, est de protéger ce droit, et non pas de l’aménager ou de le limiter. La coercition peut et doit être utilisée quand un individu (fût-il signé de l’onction électorale) porte atteinte au droit d’un autre.

Nous sommes loin du compte aujourd’hui. Les politiciens se croient tout permis et n’hésitent pas à porter atteinte au droit naturel. La phrase de LAINIEL passera à la postérité : « Vous avez juridiquement tort parce que vous êtes politiquement minoritaires ». Ecrasement des minorités, effacement du droit, pourtant conçu pour protéger les minorités contre tout abus, toute violence venant des autres.

Va-t-on continuer longtemps dans cette voie ? Le législateur peut-il imposer sa volonté au détriment du respect de la vie, de l’exercice de la liberté, de la défense de la propriété ?

En s’écartant du droit naturel, le législateur arrive à voter des textes contre nature, des textes qui nient la nature de l’homme. La société retourne à la barbarie, et elle finit par s’auto-détruire, puisque la nouvelle loi n’est autre que celle du plus fort, du plus violent, du plus inhumain.

Il faudra bien se rendre tôt ou tard à cette évidence : si l’on ne veut pas retourner à la barbarie, il faut retourner au droit naturel.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


Editorial : La Reconquête

Conjoncture : Taillables et Corvéables à merci

Actualité  : Hambourg : enterrement du G 20 - Les dépenses de Monsieur Hulot - Le service national : Macron relance l’idée de génie - Macron : retour à la baisse immédiate des impôts - Les ordonnances travail présentées à l’Assemblée

Actualité  : Des leaders libéraux ? - A la recherche des intellectuels libéraux - La rentrée de la Nouvelle Lettre


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...