Commandez

Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

 

Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

36 pages, 5€

Bulletin de commande

Portait

L’intérêt général, fruit des intérêts personnels

Turgot partage sans doute avec Adam Smith la paternité de la science économique ; contemporains, les deux hommes n’ont cessé de correspondre et de s’influencer mutuellement. Puisque l’économie se ramène au jeu de l’échange, les divers acteurs de la production y recherchent leur intérêt personnel. Les conflits d’intérêts sont naturels, mais ils se règlent harmonieusement par le contrat. Par contraste vouloir établir d’en haut un intérêt général et recourir à la puissance publique pour l’imposer ne fait que contrarier les intérêts des uns pour mieux servir les intérêts des autres. C’est en cela que les procédures marchandes sont supérieures aux administrations politiques.

Lire la suite...
LE PROFESSEUR D’HEIDELBERG PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 26 Septembre 2005 01:00
 Thérapie

Paul KIRCHHOF porte la responsabilité de l’échec d’Angela MERKEL. Il a en effet fourni à Gerhard SCHRÖDER l’aliment de ses discours de fin de campagne, si meurtriers pour la CDU.

Le chancelier a désigné le « professeur fou d’Heidelberg » à la vindicte populaire. Cet économiste spécialiste de fiscalité n’a-t-il pas prôné la révolutionnaire « flat tax » ? Et SCHRÖDER de dénoncer une réforme qui conduirait les riches à payer moins d’impôts que les pauvres.
Même mensonger, l’argument a porté. SCHRÖDER, en habile tacticien, s’est présenté comme l’homme des réformes « raisonnables », faisant apparaître Angela MERKEL comme la femme des révolutions insensées.

Les électeurs allemands ont voté de manière hésitante, et cela se traduit dans les résultats. Pour les uns le SPD proposait des réformes trop peu profondes et progressives, ils préféraient la CDU ; pour les autres la CDU voulait des réformes trop importantes et immédiates, ils ont choisi le SPD. C’est l’éternel balancement entre la médecine douce et la thérapie de choc.

Je vois quelques similitudes entre le comportement des électeurs allemands et celui que l’on peut deviner chez les citoyens français aujourd’hui. Dans les deux pays, les grands partis ne font plus recette. C’est la rançon de plusieurs décennies d’une fausse alternance, qui persuade les électeurs que, droite ou gauche, c’est la même politique qui est suivie, avec les mêmes échecs. Helmut KOHL a été tout sauf libéral, il a commis l’erreur historique de céder aux syndicats et d’installer l’Etat Providence dans les nouveaux Lander – ce qui vaut à la République Fédérale sa chute présente. SCHRÖDER a laissé la situation se dégrader jusqu’à se résoudre enfin à introduire des réformes tendant à diminuer le poids de l’Etat. Chez nous, on a l’impression que « tout a été essayé » et que rien n’a réussi à diminuer le chômage, à sauver la Sécurité Sociale ou à préserver la paix civile. Dans ces conditions, les électeurs oscillent entre l’abstention et le vote rejet, mais n’accordent plus leur confiance à la classe dirigeante.

Je vois une autre similitude dans la réaction face aux réformes. Au sein même du parti présidentiel français, comme l’ont démontré les « désaccords d’Evian », il y a les conservateurs et les réformateurs – ce qui signifie en clair d’un côté ceux qui veulent conserver le pouvoir en cherchant à ne rejeter aucun électorat, et de l’autre ceux qui veulent séduire un électorat plus demandeur de réformes, à condition qu’elles ne soient pas trop audacieuses.

C’est précisément ici que m’apparaissent, après les similitudes, les différences.

D’une part, si l’on fait la somme de la gauche et des conservateurs de droite, les trois quarts des Français sont pour le statu quo. L’utopie socialiste, l’étatisme, et l’anti-capitalisme sont aujourd’hui le ciment de la nation française. Puissance de l’idéologie, de l’ignorance, de la peur. Par contraste deux tiers des Allemands acceptent le marché, le fédéralisme et le capitalisme.

D’autre part, le débat sur les réformes en Allemagne se situe à un niveau bien plus engagé qu’en France. Les réformateurs français ne sont pas des libéraux à tout crin. Ils ne concevraient sûrement pas un programme qui prévoirait la « flat tax », la suppression de l’ISF, la privatisation de tous les services publics et de l’assurance maladie, les retraites par capitalisation, la concurrence scolaire et universitaire. Il existe certainement en France des professeurs aussi « fous » que Paul KIRCHHOF, j’ai même la prétention d’être l’un de ceux-là. Mais ils n’ont aucune chance d’être écoutés, du moins pour l’instant. On aurait d’ailleurs trop peur que ces audaces fassent perdre les élections : le complexe d’Heidelberg va rendre nos candidats encore plus timorés (est-ce possible ?). Donc, chez nous, le débat actuel est entre pas de réforme du tout et la médecine douce ;  la thérapie de choc semble exclue.

Or, on ne m’enlèvera pas de l’idée que seule cette thérapie est de nature à éviter la ruine économique et l’explosion sociale. Sans les réformes urgentes et profondes que requiert la situation le chômage s’aggravera – en dépit de la velléitaire police des chômeurs, les faillites et les délocalisations se multiplieront, la Sécurité Sociale explosera, la violence dans les écoles, dans la rue, dans les cités, se déchaînera.

Quant aux « folies » représentées par la flat tax et autres innovations libérales, je constate que la plupart des pays européens s’y sont adonnés, et qu’ils sont aujourd’hui en pleine santé. Je ne sais donc pas où est la vraie folie : du côté de la prudence et de la lâcheté, ou du côté de l’audace et du courage ?

Pour que les élections à venir en France aient quelque sens et quelque intérêt, il serait temps que la pensée libérale, véritable thérapie de choc, trouve enfin une expression politique.

Propos du professeur fou d’Aix en Provence.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
:
Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...