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Le chômage est un scandale doublement public. D’une part, il n’a pour origines que des initiatives publiques : politiques budgétaires, monétaires, droit social. D’autre part, il est scandaleux d’avoir tant de chômeurs alors que la science économique donne une réponse claire au défi du chômage . « On a tout essayé contre le chô-mage » disent les gouvernants. Tout, sauf ce qui marche… En 1996 déjà un colloque tenu à Paris par des économistes de renom mondial rappelait cette évidence.

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Innovation et destruction créatrice

C’est certainement au titre de sa théorie de l’innovation et de la destruction créatrice que Schumpeter est le plus connu. Il a le mérite de replacer au cœur de l’économie le personnage de l’entrepreneur, totalement oublié depuis Jean Baptiste Say.

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LE PROFESSEUR D’HEIDELBERG PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 26 Septembre 2005 01:00
 Thérapie

Paul KIRCHHOF porte la responsabilité de l’échec d’Angela MERKEL. Il a en effet fourni à Gerhard SCHRÖDER l’aliment de ses discours de fin de campagne, si meurtriers pour la CDU.

Le chancelier a désigné le « professeur fou d’Heidelberg » à la vindicte populaire. Cet économiste spécialiste de fiscalité n’a-t-il pas prôné la révolutionnaire « flat tax » ? Et SCHRÖDER de dénoncer une réforme qui conduirait les riches à payer moins d’impôts que les pauvres.
Même mensonger, l’argument a porté. SCHRÖDER, en habile tacticien, s’est présenté comme l’homme des réformes « raisonnables », faisant apparaître Angela MERKEL comme la femme des révolutions insensées.

Les électeurs allemands ont voté de manière hésitante, et cela se traduit dans les résultats. Pour les uns le SPD proposait des réformes trop peu profondes et progressives, ils préféraient la CDU ; pour les autres la CDU voulait des réformes trop importantes et immédiates, ils ont choisi le SPD. C’est l’éternel balancement entre la médecine douce et la thérapie de choc.

Je vois quelques similitudes entre le comportement des électeurs allemands et celui que l’on peut deviner chez les citoyens français aujourd’hui. Dans les deux pays, les grands partis ne font plus recette. C’est la rançon de plusieurs décennies d’une fausse alternance, qui persuade les électeurs que, droite ou gauche, c’est la même politique qui est suivie, avec les mêmes échecs. Helmut KOHL a été tout sauf libéral, il a commis l’erreur historique de céder aux syndicats et d’installer l’Etat Providence dans les nouveaux Lander – ce qui vaut à la République Fédérale sa chute présente. SCHRÖDER a laissé la situation se dégrader jusqu’à se résoudre enfin à introduire des réformes tendant à diminuer le poids de l’Etat. Chez nous, on a l’impression que « tout a été essayé » et que rien n’a réussi à diminuer le chômage, à sauver la Sécurité Sociale ou à préserver la paix civile. Dans ces conditions, les électeurs oscillent entre l’abstention et le vote rejet, mais n’accordent plus leur confiance à la classe dirigeante.

Je vois une autre similitude dans la réaction face aux réformes. Au sein même du parti présidentiel français, comme l’ont démontré les « désaccords d’Evian », il y a les conservateurs et les réformateurs – ce qui signifie en clair d’un côté ceux qui veulent conserver le pouvoir en cherchant à ne rejeter aucun électorat, et de l’autre ceux qui veulent séduire un électorat plus demandeur de réformes, à condition qu’elles ne soient pas trop audacieuses.

C’est précisément ici que m’apparaissent, après les similitudes, les différences.

D’une part, si l’on fait la somme de la gauche et des conservateurs de droite, les trois quarts des Français sont pour le statu quo. L’utopie socialiste, l’étatisme, et l’anti-capitalisme sont aujourd’hui le ciment de la nation française. Puissance de l’idéologie, de l’ignorance, de la peur. Par contraste deux tiers des Allemands acceptent le marché, le fédéralisme et le capitalisme.

D’autre part, le débat sur les réformes en Allemagne se situe à un niveau bien plus engagé qu’en France. Les réformateurs français ne sont pas des libéraux à tout crin. Ils ne concevraient sûrement pas un programme qui prévoirait la « flat tax », la suppression de l’ISF, la privatisation de tous les services publics et de l’assurance maladie, les retraites par capitalisation, la concurrence scolaire et universitaire. Il existe certainement en France des professeurs aussi « fous » que Paul KIRCHHOF, j’ai même la prétention d’être l’un de ceux-là. Mais ils n’ont aucune chance d’être écoutés, du moins pour l’instant. On aurait d’ailleurs trop peur que ces audaces fassent perdre les élections : le complexe d’Heidelberg va rendre nos candidats encore plus timorés (est-ce possible ?). Donc, chez nous, le débat actuel est entre pas de réforme du tout et la médecine douce ;  la thérapie de choc semble exclue.

Or, on ne m’enlèvera pas de l’idée que seule cette thérapie est de nature à éviter la ruine économique et l’explosion sociale. Sans les réformes urgentes et profondes que requiert la situation le chômage s’aggravera – en dépit de la velléitaire police des chômeurs, les faillites et les délocalisations se multiplieront, la Sécurité Sociale explosera, la violence dans les écoles, dans la rue, dans les cités, se déchaînera.

Quant aux « folies » représentées par la flat tax et autres innovations libérales, je constate que la plupart des pays européens s’y sont adonnés, et qu’ils sont aujourd’hui en pleine santé. Je ne sais donc pas où est la vraie folie : du côté de la prudence et de la lâcheté, ou du côté de l’audace et du courage ?

Pour que les élections à venir en France aient quelque sens et quelque intérêt, il serait temps que la pensée libérale, véritable thérapie de choc, trouve enfin une expression politique.

Propos du professeur fou d’Aix en Provence.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1360 du 18 avril 2018

Editorial : Un an après
Actualité
:
L’interview de trop - Des interviews pour rien
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Jean Baptiste Noé, La parenthèse libérale


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