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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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L’économie mathématique

Les études d’ingénieur de Léon Walras l’ont conduit à rêver d’une science économique qui serait plus rigoureuse, parce qu’elle utiliserait un langage mathématique. Comme Jevons, Walras utilise le principe du « calcul à la marge » pour expliquer la logique des choix individuels.

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L’EUROPE EST MORTE, VIVE L’EUROPE ! PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 20 Juin 2005 01:00
 La colère de la vieille Europe

Je ne suis pas l’inventeur de la formule – j’aurais aimé – mais elle exprime si bien la situation actuelle après le sommet de Bruxelles qu’elle a été utilisée par de très nombreux commentateurs, notamment dans la presse américaine.

Certes chacun voit midi à sa pendule. Les optimistes et européistes inconditionnels veulent nous faire croire que les chefs d’Etat ont adopté un compromis qui préserve l’essentiel. Les autres descendent d’un ton et soutiennent la thèse de « la pause » : pourquoi régler aujourd’hui les problèmes que l’on ne règlera pas davantage demain ? Je crois, plus fondamentalement, que le résultat des referendums et les réactions qu’il a engendrées ont permis de poser enfin la vraie question : vers quelle Europe va-t-on aller ? 

Jusqu’à présent l’ambiguïté et la longueur du texte, plein d’incohérences et de silences, ont pu masquer sa nature profonde. Aujourd’hui les choses sont bien plus claires, et on ose enfin dire la vérité – qui aurait mérité d’être connue des électeurs avant qu’ils ne se prononcent : le projet de traité constitutionnel tirait l’Europe vers un Etat jacobin, un Etat Providence et pour tout dire un Etat totalitaire.  

Je me flatte, ainsi que quelques amis libéraux, d’avoir proclamé cette vérité alors que nos élites politiciennes disaient aux uns que le texte était anti-libéral (pour plaire à la gauche) et aux autres que le texte ne mettait en péril ni  la souveraineté des Etats membres ni l’exception française (pour plaire à la droite cocardière).  

Les masques sont tombés, ils auraient pu l’être auparavant, si l’on s’était tant soit peu interrogé sur l’histoire de cinquante ans de pratique européenne. Cinquante ans pendant lesquels les étatistes et les socialistes n’ont cessé de freiner des quatre fers pour éviter que l’Europe ne verse en un libre espace de circulation, ouvert à la concurrence et réuni autour des valeurs de la liberté, de la responsabilité. Pendant cinquante ans les constructivistes n’ont cessé d’opposer l’harmonisation à la diversité, l’organisation à l’innovation, la politique à l’économique. Malgré tous leurs efforts, les Européens ont été emportés dans le tourbillon de la mondialisation, et cette tendance a été renforcée quand sont apparus sur la scène les pays de l’Europe centrale et de l’Est, qui avaient plus de sympathie pour le capitalisme sauvage que pour le dirigisme bureaucratique. Ils voulaient passer de la barbarie à la civilisation, et ils avaient l’audace d’associer civilisation et liberté.  

Plus têtus que les faits têtus, les tenants de la « vieille Europe », axe Paris-Berlin en tête, ont donc voulu frapper un grand coup pour arrêter cette dérive libérale imposée par le contexte mondialisé et la diplomatie unilatérale. Maastricht avait amorcé le tournant en indiquant le chemin qui menait de l’Union monétaire à l’Union politique, passant par la généralisation des politiques européennes dans tous les domaines : l’économique, le social, le commercial, le culturel, le diplomatique. Mais il manquait à ce traité d’avoir prévu les indispensables organes de pouvoir nécessaires à mener ces politiques. Il fallait donc combler ce vide constitutionnel, et cela explique le contenu du texte qui était soumis à la ratification des vingt cinq peuples concernés.  

Maintenant on peut croire que le rêve constructiviste est envolé, et que les gouvernants vont être obligés de se rendre à l’évidence : l’Europe sera libérale ou ne sera pas. Je conviens volontiers que la conversion des esprits en haut lieu sera difficile, et que ceux qui ont investi dans l’étatisme et le socialisme européens ne renonceront pas sans quelque résistance.

Il faut gagner ces combats d’arrière garde en informant l’opinion publique, qui commence à s’interroger et à prêter l’oreille à une nouvelle musique. Il est révélateur que plusieurs grands articles aient été publiés dans la grande presse pour condamner le « modèle français » ! Les Français, comme les autres, peuvent aujourd’hui se demander si une réorientation de l’Europe vers le libre échange, la libre entreprise, la diminution du pouvoir des Etats membres comme des instances européennes (Parlement compris, évidemment), ne serait pas la seule solution à l’Eurosclérose et à l’Eurochômage ni la meilleure manière de préserver leur avenir, en acceptant de s’adapter aux réalités contemporaines. Une étude de l’OCDE vient à point nommé démontrer que les obstacles divers que les Etats mettent au libre échange des deux côtés de l’Atlantique nous coûtent entre un et demi et deux points de croissance annuelle ! Ceux qui rêvent d’une guerre économique pendant laquelle nous nous abriterions dans la forteresse Europe devraient y renoncer !

Devraient s’interroger aussi ceux qui à juste titre craignent pour les libertés individuelles dans une Europe sur-réglementée et sur-administrée. La propriété privée et les patrimoines confisqués au nom de la justice sociale, l’ingérence de l’Etat dans la vie privée et familiale, l’harmonie sociale brisée par les syndicats et les groupes de pression ; n’est-ce pas  ce qui a été heureusement rejeté avec le projet de traité constitutionnel ?  

J’ai souvent entendu dire par des gens sincères que l’Europe est capable de briser le conservatisme, le corporatisme et l’immobilisme français, et que sans l’Europe Renault et France Télécom n’auraient pas été privatisées. Mais c’est bien cette Europe de la concurrence et du retrait du secteur public qui était appelée à disparaître avec la Constitution, conçue pour en finir avec les diktats des commissaires libéraux, pour bloquer la directive Bolkestein. C’est la vieille Europe qui voulait se pérenniser face à l’évidente, l’inéluctable et bienfaisante montée de la nouvelle Europe. 

Voilà comment la crise que traverse aujourd’hui l’Europe peut être salutaire. Elle peut faire apparaître aux Européens, une fois les masques tombés, que le vrai choix est entre totalitarisme et liberté.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1343 du 29 novembre 2017

Editorial : Le doux commerce
Actualité
:
Le libéralisme est libéral - La grande cause du quinquennat - Agir : Les constructifs se détruisent
- La leçon africaine d’Emmanuel Macrons
Connaissance du libéralisme :
Liberté et Propriété, la synthèse 
Lu pour Vous :
Assemblée Générale 2017 de l’ALEPS - Hervé Novelli lauréat du Prix Renaissance de l’économie


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