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Ce livret destiné à des militants libéraux avait deux objectifs : d’une part, rappeler le contenu du contrat que des candidats libéraux devraient passer avec les électeurs, d’autre part, imaginer deux scénarios de l’alternance : la gauche reconduite en 2002 et en 2007, mais devenue libérale, ou la droite au pouvoir en 2002 et pour longtemps. En fait, la droite a gagné en 2002, mais le scénario « Thatcher » n’a jamais fonctionné, et la gauche reprend le pouvoir en 2012 !

21 pages, gratuit

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Pourquoi la croissance de l’Etat ?

Au début du 20ème siècle, Adolph Wagner avait formulé une « loi économique » : les dépenses publiques occupent une proportion croissante du produit national. Une nation plus civilisée appelle un Etat plus dispendieux.

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UN DEGAT COLLATERAL : L’EURO PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 13 Juin 2005 01:00
 Maastricht

-         Dans le temps je payais le café au comptoir 5,50 francs, aujourd’hui c’est 1,20 € soit 7,40 frs. Où est passée la différence de 1,90 Frs ?

-         Moi je laissais 50 centimes de pourboire, maintenant je laisse 10 cents, car pour respecter les proportions je devrais donner 7 cents et demi. Il n’y a pas de demi cent, et les pièces de 2 sont des confettis insaisissables.
-         Oui, mais c’est bien pratique de pouvoir circuler dans toute l’Europe sans avoir à changer.
-         Et si vous allez à Londres ou à Genève, comment faites-vous ?

Le non au referendum a relancé les attaques contre l’euro. Sur le marché des devises, la monnaie européenne a perdu plus de 10% en une semaine par rapport au dollar américain (qui, il est vrai, s’est également apprécié par rapport à la livre, au yen ou au franc suisse).

Les discussions de café du commerce vont bon train. Elles sont alimentées par la nostalgie du bon vieux franc, par les propos de certains ministres italiens désireux de revenir à leur lire, mais aussi par le fort sentiment qu’en dépit de la commodité qu’il offre au touriste européen, l’euro n’a pas arrangé le pouvoir d’achat quotidien et exige de la part des gens un calcul savant –une peine que n’ont pas les allemands qui n’ont qu’à diviser les prix en euros par deux pour avoir l’équivalent dans feu leur deutsche mark.

En réalité, le débat sur l’euro est plus sérieux qu’il n’y paraît, et ce n’est pas pour rien que le dossier est aujourd’hui réouvert. Le rejet du referendum n’a peut-être pas provoqué un « dégât collatéral », ses retombées sont inattendues et dommageables sur le futur de la monnaie et de la Banque centrale européenne ! On se pose réellement la question au niveau des instances européennes, et elle pourrait être abordée au cours du sommet qui se tiendra à la fin de la semaine.

Il y a une logique à cela : c’est celle des dominos. En présentant le traité de Maastricht, Jacques Delors avait bien précisé que l’Union monétaire n’était qu’une étape et un instrument de l’Union politique. Puisque l’Union politique a du plomb dans l’aile, qu’en sera-t-il de l’Union monétaire ? L’incertitude est d’autant plus grande que les frontières de l’Euroland ne coïncident pas avec celles de l’Union. D’une part l’Angleterre et le Danemark ont dit non à l’Euro (et ne s’en portent pas plus mal), d’autre part tous les dix nouveaux entrants ne sont pas décidés à dire oui, certains ayant arrimé leur monnaie nationale au dollar américain.

En fait, entre le domino de la Constitution et celui de l’euro, il y a deux dominos intermédiaires : Amsterdam et Maastricht.

Le domino d’Amsterdam est chancelant depuis plusieurs mois, depuis qu’Allemagne et France se sont unilatéralement affranchies des disciplines financières qu’elles avaient elles-mêmes inventées et imposées aux autres. Le pacte de stabilité est violé sans arrêt, comme l’avait été jadis le système monétaire européen au temps de l’écu et du serpent. Or, toute la crédibilité de l’euro a été fondée sur la promesse des Etats membres de s’aligner sur une même politique budgétaire, en éliminant les déficits budgétaires et la façon la plus commode de les couvrir : l’endettement. Mais comme les gouvernements Allemands et Français ont été incapables de réduire la dépense publique, ils sont retournés au laxisme, comptant  bien se  protéger contre  l’inflation grâce au bouclier de l’euro tenu par la BCE. Mais si l’on a un bouclier, il ne faut pas le percer ou le cabosser ! Il y a donc ici conflit entre deux choix stratégiques concernant l’Europe politique : la livrer au caprice de l’axe Paris-Berlin ou lui donner un tel pouvoir qu’elle dépouillera totalement les Etats réels de toute souveraineté budgétaire et financière.

C’est ici que se dresse le domino de Maastricht : pour Jacques Delors et les constructivistes européens, c’est le renforcement du pouvoir européen au détriment de celui des Etats membres. N’est-il pas nécessaire d’avoir une vraie politique financière commune pour lancer de grands emprunts européens capables de doper la croissance et de vaincre le chômage ? Ne faut-il pas une politique des revenus et des transferts massifs d’une région à une autre ? Comment soutenir certaines activités sans une masse de subventions et un front commun dans les négociations sur le commerce international ? Tout cela, c’est Maastricht. Et c’est bien ce traité qui est en cause, puisque le projet constitutionnel n’avait d’autre but que de le consolider et de le compléter en créant les instances politiques nécessaires à l’exercice du pouvoir supra national ? Socialistes et protectionnistes étaient logiques en votant oui. Avec le vote non, les dominos peuvent tomber : dominos de l’Europe politique, dominos d’Amsterdam, dominos de Maastricht, dominos de l’Europe monétaire. Je dis bien « peuvent » tomber. Car je fais confiance aux hommes politiques pour s’accrocher à « leur » Europe, au m’épris des peuples qu’ils prétendent représenter et des lois incontournables de l’économie. A long terme je n’ai pas d’inquiétude : l’Europe sera ouverte, marchande et concurrentielle ou ne sera pas.

 

Flashes du jour

Macron guérit des écrouelles

Emmanuel Macron en visite à la Faculté de Droit de Lille

 

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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1323 du 23 mai 2017


Editorial : Garder son sang froid

Conjoncture : Etat actionnaire : des privatisations en vue ?

Actualité  : Les Etats-Unis de retour au Moyen Orient

Spécial présidentielles  : Ce qui attendrait les Français après le 18 juin - La guerre du Code du Travail n’aura pas lieu - Hausse de la CSG : inefficace et injuste - Le programme des Républicains est-il attrayant ?

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