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Ce livret destiné à des militants libéraux avait deux objectifs : d’une part, rappeler le contenu du contrat que des candidats libéraux devraient passer avec les électeurs, d’autre part, imaginer deux scénarios de l’alternance : la gauche reconduite en 2002 et en 2007, mais devenue libérale, ou la droite au pouvoir en 2002 et pour longtemps. En fait, la droite a gagné en 2002, mais le scénario « Thatcher » n’a jamais fonctionné, et la gauche reprend le pouvoir en 2012 !

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Le père des néo-classiques

Après la « révolution marginaliste » qui avait pris des allures fort différentes dans les œuvres de Jevons, Walras et Menger, il fallait sans doute le talent pédagogique d’Alfred Marshall pour proposer un schéma d’exposition simple des principes de la science économique.

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LE MODELE ANGLO-SAXON PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 06 Juin 2005 01:00
 Modèle

Il est bien dommage que l’on ait attendu les toutes dernières heures de la campagne et le résultat des élections pour expliquer aux Français que le vrai choix qu’ils avaient à faire pour l’Europe était entre deux modèles : le français et l’anglo-saxon.

Notre Président a fortement suggéré que l’un était paré de vertus, et l’autre de vices. Mais depuis le début de la semaine la priorité est devenue la lutte contre le chômage. Or, sur ce terrain, le modèle anglo-saxon marque des points. C’en est au point que Dominique de VILLEPIN a confessé que l’on n’avait pas tout essayé pour créer des emplois en France, et a laissé entendre que l’on pouvait s’inspirer de ce qui s’était fait à l’étranger. Finis les cocoricos ? Notre gouvernement se déciderait-il à amender le modèle français ? Toujours diabolisé dans les discours, l’anglo-saxon pourrait faire  une entrée discrète dans la nouvelle « impulsion ».

Mais qu’est-ce donc que ce fameux modèle anglo-saxon ? La caricature : les gens condamnés à travailler ou à mourir, les inégalités criantes entre riches et pauvres, la loi du profit sans limite, la concurrence sauvage, la destruction de la planète, etc. La réalité : un chômage réduit au minimum, une croissance plus dynamique, un pouvoir d’achat qui permet aux plus modestes de progresser rapidement, les salaires en rapport avec la productivité, peu de redistribution, donc peu de parasites et de privilégiés, les Espagnols, les Portugais, les Tchèques et les Lithuaniens qui rejoignent le niveau des Français, les jeunes attirés par les situations qu’on leur offre. Bref, pour parodier Beveridge : le plein emploi dans une société libre.

Qu’apporte en comparaison le modèle français ? Les services publics « à la française » ? La grève des cheminots en est une illustration, le secteur public est en fait un nid de privilèges, de gaspillages et d’immobilisme. La Sécurité Sociale ? Elle est en faillite ouverte, les hôpitaux ne fonctionnent plus, il n’y a plus de médecins et le régime des retraites va exploser. Le droit du travail ? Les 35 heures ont déréglé toute l’économie, les entreprises ne peuvent plus embaucher ni licencier, les travailleurs ne peuvent plus gagner davantage, seuls les syndicats sont satisfaits d’une situation qui laisse libre cours à leur agressivité idéologique et à leurs intérêts corporatifs. Le SMIC en expansion toujours plus rapide ? C’est la cause majeure du chômage des jeunes et des moins qualifiés, et c’est un encouragement à ne rien faire pour sa propre promotion. L’exception culturelle ? C’est une façon bien concrète de subventionner un cinéma à bout de souffle et des artistes que guette la sortie. La « solidarité communautaire » ? C’est le joli nom donné au système qui oblige le reste de l’Europe à entretenir une paysannerie qui n’a jamais voulu s’adapter.

Il est grand temps en effet de rompre avec celui-ci pour s’intéresser à celui-là.

L’efficacité du modèle anglo-saxon n’est pas due au hasard, mais à sa rationalité et, encore plus, à sa moralité. La rationalité vient de ce que les individus trouvent plus facilement les solutions qui leur conviennent quand ils ne sont pas entravés par l’Etat. D’où les mesures élémentaires de politique économique qui le caractérisent :

- baisse de la fiscalité, et notamment de la progressivité de l’impôt, ce qui suppose donc la réduction des dépenses publiques, donc la remise en cause de la frontière entre privé et public ;

- préséance du contrat sur le règlement, notamment dans le domaine du travail, préférence des relations personnelles aux négociations collectives ;

- mise en responsabilité de chacun, à tous les niveaux, au lieu d’un assistanat délétère et humiliant, ce qui n’exclut pas l’aide aux personnes frappées par la malchance ou le handicap - respect du travail, du mérite et de la réussite, mais aussi respect de l’épargne, du patrimoine et de la propriété, honnêteté dans les transactions.

J’en viens ainsi à la moralité du modèle. Il érige la confiance mutuelle en règle générale, on la préfère à la puissance. Il repose sur les complémentarités naturelles qui existent entre les hommes et femmes de toutes conditions, de tous métiers, il oblige chacun à se mettre au service des autres – au lieu de se servir sur l’argent des autres. Il reconnaît pleinement le droit à l’initiative, par lequel l’être humain exerce sa créativité, et accède à sa pleine dignité, quelque modeste que soit sa tâche. Enfin, et non le moindre, il laisse l’Etat à la place qu’il doit toujours tenir : subsidiaire, accessoire, et jamais principal ni impérial.

Il est vrai que les peuples anglo-saxons ont une certaine antériorité sur les Français s’agissant de vivre harmonieusement en société tout en se passant de l’Etat. Il est vrai aussi qu’ils ont compris l’intérêt personnel et commun de l’échange, du marché, de la finance et du contrat tandis que nous en restions encore au labourage et au pâturage, aux corporations artisanales et aux manufactures royales. Mais, en dehors de cet aspect historique, il n’y a rien qui pourrait réserver aux seuls Anglo-Saxon l’usage de « leur » modèle. La preuve en est que les Asiatiques l’ont adopté sans peine, tout comme les Baltes, les Ibériques, et la plupart des pays d’Europe Centrale et de l’Est, sans parler des Helvétiques ! Alors, pourquoi pas les Français, débarrassés enfin de l’hypothèque étatiste, prise en premier rang par les politiciens, les bureaucrates, et l’énorme clientèle qui vit des largesses de l’Etat, c’est à dire « cette grande fiction sociale à travers laquelle chacun vit aux dépense de tous les autres », comme disait Bastiat ? Avec Bastiat, Jean Baptiste Say, Tocqueville est bienvenu pour nous rappeler que ce sont les Français qui ont écrit les plus belles pages sur le modèle anglo saxon. Il est dommage que ces grands Français qui ont inspiré  Ronald Reagan, Margaret Thatcher, José Maria Aznar ne soient pas du goût de leurs compatriotes au pouvoir aujourd’hui. Dominique de Villepin aime la littérature, mais il est admirateur de Napoléon plutôt que de Benjamin Constant. Il devrait se rappeler que les Cent Jours se sont terminés par les adieux de Fontainebleau. S’il veut réellement éviter la fin de règne, il devra avaler un peu de potion magique : le druide Panoramix l’avait peut-être empruntée à un Grand Breton.

 

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