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Etes-vous adeptes et satisfaits de la pensée unique ? Ces portraits montrent l’extrême richesse de l’histoire de la pensée économique, d’Adam Smith à nos jours. Ils vous font découvrir les permanences (les problèmes économiques) et les oppositions (les doctrines économiques).
Dépenses publiques et impôts d’un côté, ou libre échange et libre entreprise de l’autre : ce débat actuel s’est noué avec Say et Malthus, se poursuivant entre Bastiat et Marx, puis aux 20ème siècle par Keynes et Hayek – par exemple.

48 pages, 22 portraits, 5€

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La modernité de Bastiat

Les tout derniers développements de la science économique se trouvent entières dans l’œuvre de Bastiat : il a été précurseur de l’école du « public choice » (Buchanan), de l’analyse des institutions (Hayek), de la théorie des droits de propriété (Alchian, Demsetz).

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L’EUROPE NE NOUS A RIEN APPORTE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 23 Mai 2005 01:00
 La Fée Europe

Oui, bien sûr, je donne dans la provocation. Si je choisis un titre iconoclaste, c’est que je crois qu’il faut tordre le cou à une idée qui hante les esprits d’un grand nombre de Français d’une entière bonne foi, persuadés que tout ce qui s’est passé de bienheureux pour les Européens depuis cinquante ans est dû à la baguette d’une bonne fée nommée Europe.

Oui, c’est vrai, depuis cinquante ans, la paix a régné sur le vieux continent, les vieilles haines se sont tues, la croissance économique a été là, les peuples ont appris à se connaître, à se respecter.

Je remarque au passage que ce satisfecit ne tient pas compte du fait que les Occidentaux de l’Europe, bien calés dans leur confort, dans une prospérité sans précédent, ont plus ou moins oublié ce qui se passait de l’autre côté de la ligne Oder Neisse. Il était de bon ton à gauche de saluer les succès de l’URSS et du Comecon, Soljenitsine était inconnu ou ignoré, et la raison d’Etat commandait à VGE d’aller porter des roses sur le mausolée de Lénine.

Depuis cinquante ans, ce qui a fait la noblesse de l’Europe ce n’est pas ce qui s’organisait à Bruxelles ou Strasbourg, c’est ce qui se passait à Gdansk, à Budapest ou à Prague.

A ceux qui clament sans cesse : Europe, Europe ! Je serais tenté de répondre Liberté, Liberté !

 

Revenons à cette Europe du traité de Rome, et à ses succès – fût-ce au prix de l’oubli des peuples opprimés. Où donc était-elle ? Que faisait-elle ? Quelle était la baguette de la fée ?

En réalité il n’y avait pas de fée, parce qu’il n’y avait pas d’Europe. Il y avait des Etats européens qui avaient passé entre eux des conventions fixant des règles de bonne conduite dans le domaine économique. Et il y avait des Européens, entrepreneurs, travailleurs, épargnants, touristes, banquiers, étudiants, savants, qui ont mis à profit l’occasion qui leur était ainsi offerte d’ouvrir leurs affaires et leurs esprits à la diversité, à l’échange, à la compréhension mutuelle. Ainsi d’ailleurs l’avaient voulu les vrais instigateurs du traité de Rome, Schuman, de Gasperi et Adenauer. Ils avaient compris que c’est en vivant ensemble dans un ordre spontané que les Européens tourneraient définitivement le dos à la tentation du nationalisme xénophobe et de l’impérialisme idéologique. L’Europe politique ? Un gouvernement unique ? Peut-être dans une perspective plus longue, mais sûrement pas pour réparer les blessures de la guerre et retrouver la communauté de pensée et de vie entre Européens.

Il est vrai qu’à Rome certains ont voulu aller plus loin. Ayant l’illusion que les quelques institutions mises en place quelques années plus tôt étaient une réussite, comme la CECA – qui n’était en fait qu’un cartel de l’acier et du charbon, ils ont voulu semer les germes d’une construction plus structurée. Et les structuralistes, inspirés par le planiste Jean Monnet,  ont obtenu en partie gain de cause en faisant reconnaître quelques principes, comme celui de la « responsabilité communautaire » (les Européens ont le devoir d’absorber la production européenne, le marché européen appartenant aux producteurs européens), ou des politiques communes, à commencer par celle de l’agriculture, mais aussi celle des transports, de l’énergie. En fait, on en restera très vite là, parce que les lois de l’économie ont pris leur revanche. Moins de cinq ans plus tard, il ne restait plus rien des barrières douanières et monétaires pour les produits industriels, dans ce secteur l’Europe s’ouvrait à la concurrence mondiale. La CECA devait s’effondrer, et la politique agricole commune devait demeurer, jusqu’à nos jours, le seul vestige du temple du dirigisme.

Alors, faute de fée, voici la baguette : elle s’est appelée concurrence, elle a imposé la libre entreprise, le libre échange. La mondialisation était déjà à l’œuvre : les « rounds » du GATT ont conduit à la liberté du commerce pour toute la planète, et les Européens ont découvert un monde qu’ils avaient ignoré depuis un siècle : la compétitivité, l’innovation, la recherche de nouveaux débouchés, la fin des espaces protégés (l’Union Française, considérée comme « chasse gardée » de nos producteurs, ne résistera pas au choc).

Ainsi ce que certains attribuent à l’Europe revient en fait au marché, à ce fameux « marché commun », à la pression exercée sans cesse pour une meilleure gestion, pour des emplois plus qualifiés, pour une épargne mieux utilisée.

Sans doute les démons de l’Etat ont-ils continué à rôder, tant au niveau européen que national. Jacques Delors a donc voulu récupérer au niveau européen en faveur des hommes de l’Etat et de leur clientèle (notamment syndicale) ce qu’ils avaient peu à peu dû concéder au niveau national sous les coups de butoir de la liberté économique : Maastricht est le premier des chants désespérés.

Ensuite, au fur et à mesure que la nécessité d’une ouverture et d’un élargissement de l’espace européen s’imposait davantage, au fur et à mesure que l’idée de liberté se concrétisait enfin pour des millions d’Européens, les Etats de plus en plus bousculés, et avec eux les gens qui en vivent, se sont enhardis et ont voulu se hâter de se mettre à l’abri derrière la forteresse institutionnelle, capable de les protéger à la fois contre le reste du monde, Chinois et Américains compris, et contre les disciplines du marché, réellement trop exigeantes pour les privilégiés et les parasites. Et pour mieux tromper leur monde, ils appellent leur construction « Europe », et ils veulent lui attribuer tous les mérites du passé, un passé où leur Europe n’existait pas, mais où les Européens ont connu le progrès grâce à la liberté.

Oui, c’est à la liberté que les Européens doivent quelque chose. Et c’est la liberté qu’ils doivent préserver quand elle est menacée par le constructivisme politicien.

 

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