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L’intérêt général, fruit des intérêts personnels

Turgot partage sans doute avec Adam Smith la paternité de la science économique ; contemporains, les deux hommes n’ont cessé de correspondre et de s’influencer mutuellement. Puisque l’économie se ramène au jeu de l’échange, les divers acteurs de la production y recherchent leur intérêt personnel. Les conflits d’intérêts sont naturels, mais ils se règlent harmonieusement par le contrat. Par contraste vouloir établir d’en haut un intérêt général et recourir à la puissance publique pour l’imposer ne fait que contrarier les intérêts des uns pour mieux servir les intérêts des autres. C’est en cela que les procédures marchandes sont supérieures aux administrations politiques.

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LE SEISME PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 16 Mai 2005 01:00
 Sans culotte

L’argument ultime des partisans du oui est le séisme politique que devrait déclancher une victoire du non : l’Europe stoppée dans son élan, la France affaiblie, le Président et les ministres mis dans l’incapacité de gouverner.

Cela ressemble beaucoup au fameux « Moi ou le chaos » qui a permis au Général de Gaulle de passer bien des caps difficiles…

Personnellement, au terme de plusieurs semaines d’entretien avec vous, j’en suis arrivé à la conclusion que tout porte un libéral à voter non :

 

-   parce que, contrairement à ce que prétend Jacques CHIRAC, on peut être bon européen et voter non à cette constitution-ci (« Le tour d’Europe en quatre vingts jours »)

-   parce que je ne crois pas pour l’instant à « L’Europe d’une seule voix » puisque les uns sont atlantistes et les autres ne le sont pas, et je ne vote pas pour une Europe dont la diplomatie serait essentiellement anti-américaine ou isolationniste

-   parce que je ne veux pas non plus voter pour une Europe dont on me dit qu’elle a été conçue pour nous éviter la « dérive ultralibérale due à la mondialisation », le Président m’a clairement éclairé sur son aversion pour le libéralisme et sa préférence pour les syndicats, les fonctionnaires et les impôts (« Europe Sociale ou Europe Libérale »)

-    parce que je ne crois pas que l’Europe ait intérêt à se protéger commercialement contre le reste du monde, pour faire le jeu des corporations et des privilégiés au détriment des consommateurs et qu’elle sera de toutes façons obligée d’accepter les règles du libre échange mondial (« L’Europe des Chinoiseries »)

-     parce que je n’approuve pas les additions aux droits de l’homme, sous forme de droits sociaux  ou environnementaux, qui sont autant de soustractions aux vrais droits individuels (« Déclaration européenne des droits de l’homme »)

-   parce que l’organisation des pouvoirs au sein de l’Union, qu’il s’agisse du partage des compétences ou du fonctionnement du Conseil et du Parlement, ne me paraît pas donner la parole aux citoyens mais au contraire renforcer les politiciens, les bureaucrates et les groupes de pression (« Europe unitaire, fédérale, confédérale ? »)

- Cependant, au moment de mettre mon bulletin dans l’urne, ma main ne va-t-elle pas trembler si je me mets à penser au séisme que l’on m’a promis ?  

-    On m’a promis que l’Europe est une chose magnifique, et que je pourrais casser soudainement ce bel espoir. Et il est vrai que l’Europe a été la meilleure des choses pour tous les Européens, et que nous devons être heureux de l’élargir à de nouveaux peuples. Mais précisément cette Europe heureuse a pu exister et grandir sans qu’il y ait eu autre chose que le traité de Rome et l’Acte Unique, et demain il n’y a aucune raison qu’elle disparaisse. Les bienfaits de l’Europe ont été dus d’un côté au climat de croissance économique  et de compréhension entre les peuples créé par les échanges marchands, d’un autre côté à la foi de certains hommes (comme Jean Paul II ou Ronald Reagan) et de certains peuples (comme les Polonais) dans les valeurs morales et spirituelles de la liberté. Ce ne sont pas les valeurs de la République une, laïque et indivisible, et je préfère 1989 à 1789. J’ajoute enfin que dans le projet constitutionnel, on développe tout ce qui a échoué en Europe depuis cinquante ans : politiques communes, économie sociale de marché, soutiens sectoriels, redistributions régionales, etc.  

-   On m’a promis que la France est la véritable inspiratrice du projet et qu’elle perdra sa place de leader et s’affaiblira face au reste du monde. Mais si la France est faible aujourd’hui c’est à ses gouvernements successifs qu’elle le doit, au refus de toutes réformes sous la pression conjointe des corporations, des syndicats et d’une classe politique démagogique. Elle est également faible parce qu’elle est anti-mondialiste au moment où il apparaît que la mondialisation est inévitable et profitable. Si ce sont les énarques français et les sans-culottes qui ont conçu le texte, cela est davantage de nature à m’inquiéter qu’à me rassurer. Une Europe qui serait calquée sur la France de Chirac et de Hollande, de la CGT et de FO, du PS et de l’UMP, est pour moi un cauchemar.

-      On m’a promis enfin l’instabilité gouvernementale dans les mois à venir. Mais je voudrais d’abord savoir quelle est la solidité d’un gouvernement qui cède devant le moindre défilé, qui n’arrive pas à faire rentrer les lycéens dans leurs lycées, ni les chercheurs dans leurs labos, ni les coupables dans les cachots. Et aussi quelle est la performance d’un gouvernement qui n’a rien fait en trois ans, si ce n’est des annonces toujours démenties, des coups de pub tournés en ridicule. Emplois, compétitivité, entreprises, familles, droits individuels : tout est à vau-l’eau. Voudrait-on que je m’inquiète d’une alternance ?  J’attends la véritable alternance depuis 1974, et le pays attend le libéralisme depuis 1914. Si réellement le non devait précipiter la chute de cette classe politique dont la suffisance n’a d’égale que l’incompétence et la malhonnêteté politique, je voterais non.

 

La France a certainement besoin d’une secousse pour se réveiller. Je crois que le non pourrait en effet engendrer un séisme. Mais pas celui qu’on nous annonce.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1343 du 29 novembre 2017

Editorial : Le doux commerce
Actualité
:
Le libéralisme est libéral - La grande cause du quinquennat - Agir : Les constructifs se détruisent
- La leçon africaine d’Emmanuel Macrons
Connaissance du libéralisme :
Liberté et Propriété, la synthèse 
Lu pour Vous :
Assemblée Générale 2017 de l’ALEPS - Hervé Novelli lauréat du Prix Renaissance de l’économie


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