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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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CONSTITUTION : LA MAIN N’A PAS TREMBLE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 07 Mars 2005 01:00
 La conscience des générations futures

« Il ne faut toucher à la Constitution qu’avec une main tremblante » : ce conseil était celui de Montesquieu, l’un des pères intellectuels de la démocratie constitutionnelle.

Notre Président et nos Parlementaires n’ont pas eu la main tremblante, ils ont fait preuve d’audace. Il faut dire qu’ils devaient s’acquitter de deux tâches d’une ampleur historique : construire l’Europe et sauver la planète. Leur audace est donc digne des plus grands éloges.

Il est vrai qu’elle avait été stimulée ces derniers temps par quelques signes inquiétants. D’une part un certain discrédit frappait les hommes de l’Etat, il fallait donc apporter à nos concitoyens la preuve que gouverner ce n’est pas se loger, mais c’est loger les autres (Monsieur Borloo s’y emploie) et c’est encore sauver les niches écologiques (qui sont aussi des niches électorales). D’autre part l’étoile de notre diplomatie commençait à pâlir face à l’éclat de la nouvelle Secrétaire d’Etat des Etats Unis et au succès du Président Bush sorti soudainement de la stupidité maladive où l’avaient enfermé les médias et la classe politique française. Il fallait donc affirmer à la face du monde entier que la France était bien toujours la conscience morale et politique du monde, en donnant une leçon de conduite altermondialisée dans la plus pure tradition de la conférence de Rio. Donc, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Hexagonie, les princes qui nous gouvernent étaient en devoir d’affirmer quelque chose de grand, quelque chose de beau, quelque chose de généreux – dans le prolongement et la nostalgie du discours gaullien. 

Je ne dirai rien des amendements constitutionnels nécessaires à l’ouverture de la voie référendaire pour le projet de constitution européenne. Ils peuvent passer pour techniques, bien qu’au passage la hiérarchie entre constitution et traités internationaux soit quelque peu bousculée. Je ferai au contraire quelques commentaires sur la « charte de l’environnement » pour en montrer et la grandeur, et la beauté et la générosité. 

Grandeur : on n’a pas lésiné sur la philosophie. C’est grand comme du Robespierre invoquant la déesse Raison. Ici c’est la déesse Nature, notre mère Gaïa, qui inspire l’idolâtrie de nos législateurs. D’entrée de jeu, j’apprends que « le peuple français » considère « que les ressources et les équilibres naturels ont conditionné l’émergence de l’humanité ». On mesure mal la portée de cette « considération », et on ne savait pas le peuple français si intelligent. Le voici en effet qui vient de rompre avec toutes les superstitions et croyances obscurantistes qui ont habité des esprits simples persuadés que l’homme est une créature de Dieu. Nous voici enfin réconciliés avec la science, celle des matérialistes et des évolutionnistes : l’homme matière né de la matière. Marx a enfin triomphé. L’ère positiviste, scientiste vient de s’ouvrir, enfin ! 

Beauté : c’est beau comme du Cousteau, du Michel Serres ou du Hans Jonas, trois descendants de Malthus qui ont compris toute la beauté de la nature et toute la laideur de l’humanité qui la détruit. « La diversité biologique, l’épanouissement personnel et le progrès des sociétés humaines sont affectés par certains modes de consommation ou de production et par l’exploitation excessive des ressources naturelles ». Qu’avec pudeur ces choses-là sont dites ! Qui penserait que derrière les « modes de consommation ou de production » se cachent l’horrible capitalisme sauvage, l’ultra-libéralisme américain, la société de consommation ? C’est à peine si le discours du Premier Ministre l’a laissé entendre, en visant le protocole de Kyoto – et ceux qui n’en veulent pas. Et quelle belle attention portée « aux générations futures et autres peuples » sacrifiés sur l’autel de la « réponse aux besoins du présent » ! Tout est dans cette formule : la lutte des âges, la lutte des classes, le Nord richissime et prédateur contre le Sud pauvre et exploité. Voilà qui appelle en retour l’émergence de nouveaux « droits à l’environnement » que l’on vient enfin d’honorer, pour les assortir d’ailleurs de trois articles sur les « devoirs » : devoir de préserver et d’améliorer l’environnement (article 2 : qui et comment ?), devoir de prévenir les atteintes à l’environnement (article 3 : qui et comment ?), devoir de contribuer à la réparation des dommages portés à l’environnement (article 4 : lesquels et comment ?). Quelle belle charte ! 

Générosité : les querelles partisanes médiocres ont été oubliées, pour ne voir que l’intérêt de la planète et des générations futures. Quand parle Raffarin, fermez les yeux : vous croiriez entendre du Bové ou du Mamère, en moins drôle il est vrai. L’écologie politique abaisse les barrières entre la droite et la gauche, elle soude le peuple de France autour d’un idéal digne de ce nom. Le Président rappelle à propos qu’il est le Président de tous les Français, et pas seulement de ceux qui ont voté pour lui au premier tour ; ce rappel pourrait être utile en 2007.

Au moment où les grincheux sont tentés de voir dans notre pays désordre social, grèves sauvages, corruption et privilèges, voici que nous sommes invités à nous fondre dans la grande famille humaine, et au nom de l’humanisme d’épouser les thèses marxistes. On peut répéter aux Cassandre de toutes origines ce message d’espoir que nous vaut le courage constitutionnel de nos parlementaires : « nous étions au bord du gouffre, nous avons fait un grand pas en avant ».

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
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Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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