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L’économie mathématique

Les études d’ingénieur de Léon Walras l’ont conduit à rêver d’une science économique qui serait plus rigoureuse, parce qu’elle utiliserait un langage mathématique. Comme Jevons, Walras utilise le principe du « calcul à la marge » pour expliquer la logique des choix individuels.

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CES PROFITS SCANDALEUX PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 28 Février 2005 01:00
 Scandale social !

« Scandale social », aurait dit le charmant et regretté Georges MARCHAIS. A l’époque, le Parti Communiste et la CGT étaient considérés comme des staliniens en voie de disparition, et de tels propos pour se révolter contre les « hénaurmes » profits réalisés par les entreprises françaises passaient pour pure idéologie, pure propagande, ou totale inconscience, ou tout cela à la fois.

Aujourd’hui les choses ont changé. Certes la gauche et l’extrême gauche sont toujours aussi staliniens. Staline, l’URSS et le mur de Berlin ont disparu, mais l’esprit est toujours là : soumettre la population apeurée à la dictature d’une nomenklatura au dessus des lois.

Alors, où est le changement ? Il est dans le fait que les attaques contre les profits sont devenues « politiquement correctes » et font désormais partie de la pensée unique. Elles ne choquent personne, on les reprend avec sympathie dans les médias, et le Ministre de l’Industrie lui-même d’affirmer : « Une entreprise qui fait des profits doit commencer par ne pas oublier ses salariés… Je considère qu’il serait juste et habile de faire partager le personnel aux bénéfices ». On l’a connu mieux inspiré ! Quant à Philippe de Villiers, il pense qu’une partie des profits de Total devrait être affectée à l’indemnisation des victimes de la pollution de l’Erika. Normal ?

Nous voilà donc en plein scandale. Les grandes sociétés françaises cotées au CAC 40 ont eu la malencontreuse idée d’afficher des résultats « exceptionnels ». Au tableau d’honneur Total, avec 9,6 milliards d’euros de profits, Renault (3,5), la Société Générale (3,1), Arcelor (2,3), etc. Les actionnaires vont donc s’en mettre plein les poches, et devinez aux dépens de qui ? Des salariés bien sûr, qui doivent accepter la stagnation voire la baisse de leur pouvoir d’achat au prétexte de compétitivité. Voilà la rançon du capitalisme exploiteur et de la mondialisation assassine.

J’observe avec délice que pendant le même temps on annonce avec fierté des profits pour Gaz de France, Air France, mais surtout la SNCF. Je passe sur le fait que ces « profits » se transformeraient en pertes si on était dans un univers concurrentiel et si l’on tenait compte des subventions, dotations en capital par l’Etat, etc. Mais j’en déduis que le profit est le résultat d’une bonne gestion quand l’entreprise est publique, et d’une exploitation quand elle est privée.

Communistes et socialistes ont raison sur ce point : le capitalisme ne se définit pas par la loi du profit, mais par la propriété privée du profit réalisé. Aujourd’hui, ils mettent en cause l’argent versé aux actionnaires parce qu’ils contestent le capitalisme dans son essence même. Je comprends qu’ils partent en guerre contre un système d’économie de libertés, mais je n’arrive pas à admettre que le même discours soit tenu par la majorité des bien-pensants de ce pays.

Si l’ignorance est la cause de cette aberration, je me dois donc de rappeler trois évidences :

- dans une économie de libertés, l’entrepreneur joue un rôle essentiel, le profit est pour lui un encouragement et un moyen.

- les profits ne sont pas réalisés au détriment des salariés, ni de quiconque, parce que l’économie de libertés est progrès commun et harmonie, et non exploitation et lutte des classes.

- chassez le profit en France, il ira pousser ailleurs.

La première évidence me conduit à réagir contre la dualité classique capital-travail, effaçant ainsi le personnage de l’entrepreneur, dont le rôle et l’éthique ont fait l’objet de notre dernière Université d’Eté. Le profit n’est pas le revenu du capital investi, mais la rémunération de l’entrepreneur. Etre entrepreneur, ce n’est pas apporter simplement du capital (comme le font banquiers et obligataires).

C’est jouer en économie de marché le rôle confié à l’administration centrale en économie de plan : assurer la coordination de la consommation (ce que veulent les gens et le prix qu’ils veulent le payer) et la production (ce que l’on peut produire en louant les services des travailleurs, des épargnants et des fournisseurs). Sans profit, pas d’entrepreneur, pas de coordination, des gaspillages et des pénuries en permanence.

La deuxième évidence, c’est que les « fabuleux » revenus des actionnaires (dans le cas présent en moyenne 4% du placement) ne sont pas pris sur le « fonds des salaires ». L’économie n’est pas un jeu à somme nulle où les uns gagneraient ce que perdraient les autres. C’est un jeu gagnant pour tous, qui se ramène à un échange mutuel de services. L’entrepreneur paie leur service aux travailleurs et aux épargnants, le consommateur paie le service rendu par l’entrepreneur, et le consommateur n’est autre que celui qui a été payé pour les services qu’il a rendus ès qualités de travailleur, ou d’épargnant, ou d’entrepreneur, ou de tous en même temps. Cette « loi de Say » a fourni à Frédéric Bastiat son thème favori : les « harmonies économiques ». Par contraste, des patrons négriers face à un personnel asservi : est-ce crédible, serait-ce durable ? Aujourd’hui l’entreprise performante est celle qui donne à chacun l’occasion de trouver intérêt, promotion et dignité dans sa tâche et dans sa vie.

La troisième évidence, c’est que les entrepreneurs français sont tributaires de l’environnement mondial, ils sont obligés de s’installer et de vendre là où il y a le plus d’occasion de profit. Aujourd’hui les sociétés à profits élevés font de bonnes affaires à l’étranger, grâce à quoi elles maintiennent un haut niveau d’emploi en France. Veut-on les inciter à quitter définitivement le sol français ? Où iront les travailleurs français ? Où ira l’épargne française ? Où iront les jeunes ? Et de quoi les derniers Hexagonaux vont-ils vivre ?

Le scandale, ce n’est pas le profit, c’est la disparition du profit provoquée par des parasites, des inconscients et des semeurs de haine.

 

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Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


Editorial : La Reconquête

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