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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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Les produits s’échangent contre les produits

Cette formule est aujourd’hui connue sous le nom de « loi de Say ».

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CES LYCEENS QUI FONT TOMBER LES MINISTERES PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 14 Février 2005 01:00
 La positive attitude

En mai 1968 ils étaient avec leurs aînés sur les barricades du Quartier Latin, en décembre 1986 ils manifestaient contre la loi Devaquet sur les universités, cette semaine ils ont à nouveau défilé dans les rues. Les gouvernants sont tétanisés par ces lycéens, fers de lance de la contestation politique, plus puissants que tous les syndicalistes réunis, parce que leur jeune âge leur vaut la sympathie du grand public et la couverture des médias.

Je ne suis sans doute pas assez vieux pour céder à la tentation du jeunisme, d’ailleurs ma profession ne m’y a pas préparé, et je n’ai donc aucune raison de m’incliner devant la passion, la spontanéité et l’intelligence des lycéens et étudiants.

La passion n’est pas une excuse au dévoiement de la démocratie. Dans une nation civilisée, ce n’est pas la rue qui fait la loi, mais les représentants du peuple, et le pouvoir exécutif a le devoir de faire respecter la loi. Il est vrai que les lycéens sont incités à battre le pavé : il semblerait depuis plusieurs années qu’il suffit de descendre dans la rue pour influencer parlementaires et gouvernements. « L’écoute de la rue » devient une source de droit plus importante que le suffrage universel.

La spontanéité ne me semble pas tout à fait convaincante. Manipulant les lycéens, il y a leurs professeurs, dûment syndiqués, et il y a même les leaders politiques. François Hollande, il est vrai, a des allures d’étudiant et peut donc revendiquer sa place en tête des cortèges. Il suffit d’écouter les « lycéens » interviewés, représentants des syndicats comme le SNL, pour comprendre que leur spontanéité est fortement encadrée par une bonne formation à la prise de parole et par un conditionnement idéologique bien au point. Nous avons donc affaire à des professionnels de la manifestation, les autres les suivent par solidarité, grégarisme ou simplement par jeu : les monômes attirent les jeunes.

Enfin, quid de l’intelligence de ces manifestants, hormis leurs meneurs ? Pour prendre l’exemple du projet de loi Fillon, il ne contient aucune réforme digne de ce nom. L’introduction du contrôle continu dans les modalités du bac était-elle une grande innovation ? Je rappelle qu’en 1968 elle était une des exigences de la gauche révolutionnaire. Et, de fait, on n’a pas trouvé de meilleur moyen pour instaurer le chaos dans les universités, et pour dégrader chaque année la valeur des diplômes universitaires français. En 1968, les épreuves écrites et orales étaient accusées de soumettre les étudiants à l’arbitraire des mandarins, en 2005 c’est le contrôle continu qui est dénoncé pour son arbitraire. De toutes façons, arbitraire ou pas, la « grande » réforme a été immédiatement abandonnée par François FILLON, avec l’accord de l’Elysée et Matignon. Le reste des dispositions du projet n’est que broutille, comme l’indique l’analyse proposée dans le corps de cette Lettre. J’en viens donc à la conclusion que les lycéens ont été mobilisés pour rien, si ce n’est pour descendre dans la rue, ce qui est un but en soi.

Il ne manque pourtant pas de bonnes réformes à instaurer dans le domaine de notre enseignement secondaire et supérieur (sans parler du primaire). La première est de mettre fin au mythe des diplômes nationaux. Un baccalauréat, des licences, maîtrises et doctorats ayant une même valeur quels que soient le lieu et le temps, et sans aucune sélection ni à l’entrée ni à la sortie, cela n’a réellement aucun sens. C’est une pseudo-égalité qui tire la valeur des diplômes vers le bas. Les premiers à en pâtir sont les jeunes de condition modeste, car les autres auront toujours les parents et les relations pour se débrouiller dans la vie. Dans le temps le diplôme était la revanche du travail et du mérite personnels sur l’inégalité de départ, et il était une façon d’entamer une promotion sociale. Aujourd’hui la voie du diplôme est fermée. Seuls peuvent avoir une signification pour une carrière et une vie réussie des diplômes délivrés par des établissements ou des universités en concurrence, sélectionnant les jeunes sur des critères objectifs. Le diplôme doit être un prix d’excellence.

Dans la foulée, la deuxième réforme à introduire est celle de la liberté pédagogique et scientifique : que les enseignants soient librement choisis et rémunérés par ceux qui les emploient. Le statut de la fonction publique doit être éliminé, ici comme ailleurs, et des contrats de droit privé doivent lui être substitués. La concurrence entre établissements doit se prolonger par la concurrence entre enseignants : eux aussi doivent être excellents !

La troisième réforme rend les deux précédentes réalistes et justes : elle est d’ordre financier. Les études doivent être payées par les familles, ce qui les rendrait sans doute plus responsables du sort et de la tenue de leurs enfants. Mais les familles qui ne peuvent supporter les frais des études doivent recevoir de la part de l’Etat (ou des établissements, ou de fondations) des bourses ou des chèques-éducation lorsque leurs enfants ont été sélectionnés. Il est également possible de recourir au crédit-éducation, notamment pour des jeunes qui investissent pour leur avenir en prolongeant leurs études.

Concurrence, responsabilité, solidarité : une fois ces grands principes respectés, le reste est aménagement concret, pour les rattrapages, pour les enfants souffrant d’un handicap, pour les villes et régions sous-équipées. Personne ne doit être laissé sur le bord du chemin, c’est évident.

Voilà ce que des lycéens soucieux de leur avenir devraient exiger du gouvernement. Ils devraient commencer à se renseigner, et avoir la curiosité de voir comment les autres jeunes européens, ou Coréens, ou Japonais, investissent pour leur futur. Ce serait plus instructif que de se mobiliser pour faire tomber le ministre, qui de toutes façons ne peut rien pour eux.

 

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Conjoncture : Diminuer les charges sociales

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