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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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Ce thème de l’allocution prononcée lorsqu’il fut honoré du prix Nobel d’économie (1992) résume l’originalité de Gary Becker.

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ENTREPRISES CITOYENNES OU ENTREPRENEURS ENGAGES ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 17 Janvier 2005 01:00
 Funambulisme...

Mercredi dernier Ernest-Antoine SEILLIERE a présidé pour la dernière fois l’Assemblée Générale du MEDEF. Je saisis l’occasion pour m’interroger sur la ligne du patronat institutionnel depuis quelques années, son évolution et ses perspectives.

Le Président actuel a succédé à Jean GANDOIS, qui avait conduit le CNPF à une impasse totale. Alors que l’on croyait la puissance syndicale bien entamée et les leaders syndicaux totalement discrédités, le président de l’organisation patronale n’a eu de cesse que de remettre en selle ces bons « partenaires sociaux », et de s’attirer les bonnes grâces de Martine AUBRY. En même temps naissait le mythe de « l’entreprise citoyenne ». Cette expression entendait redorer le blason de l’entreprise aux yeux de l’opinion publique, mais très vite elle devait se retourner contre ses promoteurs. D’une part les gens ont cru comprendre que les entreprises qui n’embauchaient pas n’étaient pas de bonnes citoyennes, et faisaient passer leur équilibre financier et leurs objectifs mercantiles avant l’intérêt général. D’autre part, le champ des responsabilités de l’entreprise se trouvait soudainement élargi : elle n’avait plus seulement (voire plus tellement) d’obligations à l’égard de sa clientèle ou de l’emploi que vis-à-vis de son environnement, de « l’éthique », de la culture, de la solidarité, etc.

Evidemment ce mythe n’appartient qu’au folklore français, et n’a aucun rapport avec les réalités et les vraies missions de l’entreprise. L’entreprise a pour fonction première de satisfaire des besoins humains en proposant des biens et services qui correspondent aux attentes de la vaste communauté des clients potentiels. Dans une économie de marché ouverte et concurrentielle, le profit est la contre-partie légitime de la qualité du travail de coordination et d’adaptation aux besoins de la communauté. L’entreprise apporte du bien-être dans la Cité en rendant un service apprécié. Voilà qui devrait suffire à lui décerner un brevet de « citoyenneté » si l’on tient absolument à distribuer des médailles en chocolat. Par contraste, une entreprise qui réussirait sur le dos de son personnel, de ses voisins, et pire encore de ses consommateurs, ou au détriment de son environnement naturel et culturel, ne pourrait survivre que si elle bénéficiait d’une protection publique ou d’un privilège de nature à la soustraire aux lois de la concurrence et de la compétitivité. L’entreprise « sauvage » est l’apanage des économies non marchandes et des pays qui ignorent l’état de droit.

Avec Ernest-Antoine SEILLIERE le ton a changé, et le CNPF, devenu MEDEF, a pris conscience d’une autre « citoyenneté ». Elle ne concerne plus l’abstraction qu’est l’entreprise, mais la réalité humaine qu’est l’entrepreneur. Un patron peut-il se désintéresser des problèmes de société ?

Qu’il le veuille ou non ces problèmes viennent à lui à travers la législation, la politique monétaire et fiscale, les relations internationales, les « services publics ». Les entrepreneurs ont été amenés à voir les conséquences très lourdes que pouvaient avoir les « réformes » introduites par le législateur, et de 1997 à 2002 les socialistes ne se sont pas privés d’alourdir charges et réglementations. Il a fallu que les instances patronales, poussées bien souvent par « la base », aillent jusqu’à faire pression sur le gouvernement, ou sur l’opinion publique. Le chœur des vierges syndicales et politiques s’est immédiatement écrié, et depuis 2002 dénonce la soumission des gouvernants aux oukases du MEDEF et aux principes de l’ultra-libéralisme. C’est habile, car d’une part le gouvernement a continué sur la lancée socialiste et a surtout entendu les syndicalistes, d’autre part cela permet de mettre le chômage, la stagnation, la faillite de la protection sociale, au passif des patrons !

La succession d’Ernest Antoine SEILLIERE est désormais ouverte. Le MEDEF poursuivra-t-il dans cette voie, ou changera-t-il de cap ? Retourner au rôle figuratif de « partenaire social » pour signer des conventions collectives dont les termes sont dictés par les syndicats et le pouvoir politique serait un bond en arrière irresponsable, les adhérents ne le supporteraient pas. Si un changement de cap doit se faire, il semble que cela doive être plutôt dans une accentuation de la pression, requérant de la part de l’organisation patronale plus d’audace et plus d’action. « Il faut oser prendre des risques, le risque zéro c’est la croissance zéro », a déclaré Henri de CASTRIES, Président d’Axa, ajoutant « il faut opposer le principe d’audace au principe de précaution ». L’Assemblée a applaudi Jacques Marseille lorsqu’il a indiqué qu’il y avait aujourd’hui une occasion historique de « supprimer 500.000 postes de fonctionnaires ». Discours de circonstance ou nouveau credo patronal ?

Le temps semble venu non seulement pour les organisations professionnelles, mais aussi pour les entrepreneurs à titre personnel, d’investir dans le débat d’idées, dans le combat pour la liberté économique dont dépend leur avenir. Certains d’entre eux préfèrent la fuite : à l’étranger, ou en retraite, ou en berne. Mais beaucoup comprennent qu’il est temps de sortir de leur réserve et de leur agenda pour s’occuper des affaires de la Cité, sans quoi la Cité disparaîtra et leurs entreprises avec. On n’a que faire d’entreprises citoyennes, mais on a grand besoin d’entrepreneurs engagés.

N’est-ce pas contraire à la tradition voir au devoir de réserve des entrepreneurs ? Quand il s’agit de défendre la cause de l’Etat, des syndicats, de l’anti-capitalisme, il se trouve assez de faux « patrons » pour s’exprimer – et les médias s’en régalent. En revanche, parler au nom de la libre entreprise et du libre échange n’a mobilisé jusqu’ici que peu de vrais entrepreneurs. Qu’ils en soient félicités, encouragés, et que l’esprit d’engagement et de responsabilité civique se diffuse au plus tôt : l’avenir des entreprises en dépend, la Cité en a besoin.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1340 du 8 novembre 2017

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