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La route de la servitude

En décembre 1943 Hayek écrit à Londres un ouvrage qui porte ce titre. En 1945, ce livre lui vaudra la célébrité :

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TERRE PROMISE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 10 Janvier 2005 01:00
 Un artisan de la paix

Terre promise au déchirement ou terre promise à la paix ? Israël, la Palestine et le Moyen Orient vont-ils enfin connaître un répit, sinon une halte définitive dans la course à la mort, à la haine, aux souffrances des peuples ?

L’élection de Mahmoud ABBAS a été saluée à juste titre comme un espoir. Dans les relations internationales, le poids personnel d’un seul homme peut faire la différence. ARAFAT avait empêché tout progrès dans le processus des négociations. On connaît à l’inverse la volonté d’aboutir de Mahmoud ABBAS, qui a toujours dénoncé les attaques et les violences du Fatah.

Pour autant, ce qui est devenu possible est-il près de se réaliser ? Le nouveau président a été élu avec une majorité confortable des deux tiers des votants, mais les minorités et les milices armées gardent un pouvoir de pression considérable et n’ont que faire du jeu démocratique. SHARON de son côté se livre à un vrai numéro d’équilibriste. Il se heurte à l’opposition des colons et de son propre parti, et l’alliance aussi bien avec les travaillistes qu’avec les intégristes est fragile. Un demi-siècle de luttes sans merci laisse des traces indélébiles.

Le chemin de la paix est d’autant plus incertain que trois questions sont toujours sans réponse : le territoire rendu aux Palestiniens, le retour des émigrés, le statut de Jérusalem. Sur le premier point, une avancée a été réalisée puisque SHARON rend la bande de Gaza et a décidé que quelques colonies juives en Cisjordanie devront disparaître. Mais on est loin de ce que revendiquent les Palestiniens, et la construction du mur laisse entendre que les frontières de la Palestine sont définitivement et unilatéralement arrêtées. Sur le deuxième point, les Israéliens redoutent à juste titre une ruée massive de Palestiniens (ou de gens qui se disent tels) vers la Cisjordanie. Ces gens sont pour l’instant dans les camps du Liban principalement. Agités par le Hezbollah, la branche islamiste la plus dure contrôlée par l’Iran, ces nouveaux venus feraient de la Cisjordanie une poudrière qui emporterait toute démocratie et menacerait l’existence d’Israël. Ici l’affaire échappe en partie aux négociations, et relève d’une évolution globale du Moyen Orient. Reste enfin le problème de Jérusalem. Mahmoud ABBAS s’est fait élire sur l’idée de donner Jérusalem Est pour capitale au futur Etat Palestinien. Les Israéliens n’en veulent évidemment pas, et les deux parties n’acceptent pas l’idée d’un statut international. On pourrait donc conclure sur une note pessimiste cette analyse (bien abrupte au demeurant, alors qu’au Moyen Orient tout est sophistiqué).

Mais je voudrais évoquer encore deux perspectives qui pourraient aller dans le bon sens. La première perspective est celle de la démocratie. Qu’on le veuille ou non la guerre d’Irak se prolonge aujourd’hui par une forte poussée des Américains et de leurs alliés (notamment Anglais) afin de restaurer (voire d’instaurer) la démocratie dans cette région du monde. Certains géopoliticiens historiens et sociologues ne croient guère en cette tentative, au prétexte que la démocratie ne s’articule ni avec l’Islam ni avec l’Arabie. Pour ma part, je crois au contraire que tout être humain est assez avisé pour préférer plus à moins et que seuls ceux qui conquièrent ou conservent le pouvoir par la force sont résolument anti-démocratiques. C’est évidemment leur intérêt bien compris. Mais dire que l’on ne peut mettre fin à la dictature parce que les dictateurs ne le veulent pas est un truisme. Dire que l’on ne peut réduire la dictature que par la force est plus réaliste, mais n’implique pas de mettre en place une nouvelle dictature. Une fois le dictateur renversé, la voie démocratique peut s’ouvrir. C’est déjà une première victoire de la démocratie que ce déroulement pacifique des élections en Palestine sous la garde avisée de l’armée israélienne : que n’avait-on pas dit auparavant ! Si les élections en Irak se déroulent de la même façon, ce sera un grand succès, non pas pour George Bush mais pour la liberté. On observe d’ailleurs que les dictateurs du Moyen Orient sont en train de mettre un bémol à leur superbe. Après KHADAFI, c’est HASSAD qui en Syrie entr’ouvre la porte et acceptera bientôt la libération du Liban. Reste la royauté saoudienne, dont la position n’a jamais cessé d’être ambiguë, mais que les Américains commencent à classer du côté des terroristes. Reste l’Iran, mais de plus en plus isolé.

La deuxième perspective est celle du commerce. Pendant des siècles cette région a été un espace d’échanges très ouvert. C’est ici qu’ont été inventées les premières techniques du crédit et de la monnaie. Les peuples du Moyen Orient sont reconnus pour leur aptitude au marché, à l’innovation. L’Islam lui-même n’a pu rompre avec cette tradition ; aujourd’hui les banques musulmanes sont parmi les plus puissantes. Entre Israéliens et Palestiniens, les complémentarités sont évidentes, et le repliement d’Israël sur ses frontières a ôté toutes chances de croissance et d’emploi pour les limitrophes. Le tourisme, la distribution de l’eau, le logement sont des activités qui exigeront des relations humaines de tous les jours. Les grandes nations au Nord (la Turquie) et au Sud (l’Egypte) sont des pôles de développement qui peuvent diffuser le progrès économique sur l’ensemble des pays considérés. Si les esprits s’apaisent parce que les armes se seront tues, les populations retrouveront vite les avantages du commerce et du travail en commun. Le racisme, le fanatisme et la xénophobie ne sont pas inscrits dans le cœur de l’homme, ils ont été semés et germés par la guerre et les meneurs liberticides. J’ai pu observer, au cours de mes voyages dans cette région, qu’il existe d’innombrables exemples de cette communauté de vie entre hommes et femmes de bonne volonté. Ils savent que la terre promise ne peut être qu’une terre d’harmonie.

 

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